François Simon

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*  16.8.1917 Genève, †  5.10.1982 Genève. Prénommé officiellement Michel François. Fils de l’acteur →Michel S. et père de Maya S., comédienne. ∞ I° Jutta Jingero; ∞ II° Ana Giugariu.

À Paris, S. se forme auprès de Charles Dullin (1935-37) et, sous le nom de Michel François, joue pour Jean-Louis Barrault à l’Atelier (1937) et dans plusieurs réalisations de →Georges Pitoëff au Théâtre des Mathurins (1937-39). À l’été 1939, il revient à Genève et fait ses débuts de metteur en scène au côté de Ludmilla Pitoëff pour Le Pain dur de Claudel (1940). Il fonde avec →William Jacques la Compagnie des Cinq (1942) avec laquelle il travaille sous le nom de Michel Simon fils. Il tient aussi le rôle du Lecteur dans l’→Histoire du Soldat de →Charles Ferdinand Ramuz et Strawinsky dirigée par →Ernest Ansermet et présentée au Théâtre des Champs-Élysées à Paris (1946). À Bâle, avec le →Cabaret Kaktus d’→Alfred Rasser, il incarne l’Officier romand dans HD Läppli (31.12.1945). De retour à Genève, il a une demi-douzaine de rôles au cours de la saison 1947/48 à la →Comédie sous la direction de →Maurice Jacquelin, et il inaugure le →Théâtre de Poche (19.3.1948) avec le monologue Les Méfaits du tabac de Tchekhov et en interprétant le Nègre dans La Putain respectueuse de Sartre mise en scène par Henri Giquel. Au Poche, il participe comme comédien à près de vingt spectacles que réalisent Giquel, puis William Jacques (1949-54), essentiellement des pièces légères et des vaude­villes. Dès décembre 1949, il travaille sous le nom de François Simon, notamment en tournées romandes avec la Compagnie de la St-Grégoire de →Jean Kiehl. En 1954, il fonde la compagnie de →l’Avant-Scène, avec laquelle il joue et monte des pièces de Steinbeck, Büchner, Ionesco et Adamov. Roger Blin le met en scène dans le rôle du vieux père Jeeter de La Route au tabac de Caldwell au →Carénage de Port-Gitana (1954). En été 1957, il tient le rôle-titre dans Hamlet de Shakespeare au Théâtre grec de l’École internationale, spectacle qu’il met en scène avec →Philippe Mentha pour assistant. À la suite de cette expérience, il fonde le →Théâtre de Carouge avec Mentha, →Louis Gaulis, →Claire Dominique et →Leyla Aubert, entre autres. Il prend la direction de cette nouvelle scène (1958-66) qu’il inaugure le 30 janvier 1958 en présentant La Nuit des Rois de Shakespeare. Là, il réalise ensuite une trentaine de grandes œuvres du répertoire classique et contemporain, dont il tient généralement l’un des rôles principaux, affectionnant ceux des prophètes et des visionnaires qu’il marque de son jeu dense, au regard enfiévré. Il est ainsi Ivanov de Tchekhov (1960), Henri IV de Pirandello (1963), Henry II de Shakespeare (1965). Sous la direction de Mentha, il tient aussi les rôles de Don Juan dans Don Juan ou l’Amour de la géométrie de →Max Frisch (9.9.1959), Vladimir dans En attendant Godot de Beckett (1960), Richard III dans la pièce éponyme de Shakespeare (1961) et de César dans César et Cléopâtre de G. B. Shaw (1961). Il crée deux pièces de Louis Gaulis, Capitaine Karagheuz (12.10.1960) et L’Ingénieux Sancho Pança  (10.5.1964), ainsi que Plomb et Mercure de José Herrera Petere traduit par Gaulis (8.6.1965). En 1967 au Théâtre de Beaulieu à Lausanne, il a le rôle central de l’Homme d’aujourd’hui dans La Muraille de Chine de Frisch mise en scène par →Charles Apothéloz (12.4.1967), production qui représente la Suisse à l’Exposition universelle de Montréal. À la Comédie, il est le juge Thayer dans Éclatant soleil de l’injustice de →Walter Weideli sous la direction de William Jacques (25.3.1968). Pour le Théâtre de Carouge au →Théâtre Pitoëff, il crée en français deux pièces de Witkiewicz: La Poule d’eau (9.2.1971) et Le Fou et la Nonne, où il est le Fou (16.11.1971). De 1973 à 1977 il travaille avec Patrice Chéreau au Théâtre National Populaire à Villeurbanne. Il tient notamment le rôle de Gustav Landauer dans Toller de Dorst (1973-74), le rôle-titre du Lear d’Edward Bond (1975), et Georges dans Loin d’Hagondange de Jean-Paul Wenzel (1977). Il est encore Max, le père dans Le Retour de Pinter réalisé par Mentha à la Comédie (1976). Au cinéma, il fait ses débuts avec Marc Allégret dans Sous les yeux de l’Occident (1935) et joue aussi durant sa première période parisienne dans Circonstances atténuantes de Jean Boyer (1938) et Fric-frac de Maurice Lehmann (1939). Le cinéma le redécouvre dans le film d’Alain Tanner Charles mort ou vif (1969), où il est Charles. Pour Claude Goretta, il tient le rôle-titre dans Le Fou (1970) et celui du majordome Émile dans L’Invitation (1972). Patrice Chéreau le distribue dans La Chair de l’orchidée (1975) et dans Judith Therpauve (1978). On retient aussi le rôle de don Trajella, le prêtre fou de souffrance dans Le Christ s’est arrêté à Eboli de Francesco Rosi (1979).

Bibliographie

  • F.S., acteur. Lausanne 1986;
  • Michel S.- F. S. acteurs. Falstaff et Hamlet, Genève, 1992.


Auteurs: François Marin / Joël Aguet



Source:

Marin, François / Aguet, Joël: François Simon, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 3, p. 1686–1688, voir figure p. 1687.

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