Édouard Combe

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* 23.9.1866 Aigle VD, † 20.11.1942 Lausanne VD.

Après quelques semestres en Faculté technique (actuellement École polytechnique fédérale de Lausanne), C. suit des leçons de piano au Conservatoire de Lausanne avec Justin Bischoff, puis de violon au Conservatoire de Genève avec Louis Henry. À Paris, il suit surtout les cours de composition d’Albert Guilmant, puis il est secrétaire auprès de Charles Lamoureux et aux Concerts d’Harcourt jusqu’en 1894. Il est brièvement directeur du Théâtre de Constantine, en Algérie française, en hiver 1894, puis du Casino de Bastia en Corse et fait une saison comme chef d’orchestre au Caire. Il organise aussi plus tard des tournées avec notamment Paul Tapie et →Gustave Scheler, directeurs de théâtres lausannois. De retour à Genève dès 1896, il participe à l’aventure du Théâtre du Sapajou, enclave artistique dans l’Exposition nationale de Genève de 1896. Il écrit la musique de La Grotte aux fées de Georges Jaccottet créée lors de l’inauguration du Casino de Vallorbe (21.11.1908), celle pour Guillaume Tell d’Alphonse Scheler au →Théâtre Municipal de Lausanne (12.3.1896), et celle de Ces poisons d’hommes, charge vaudoise d’→Auguste Huguenin créée au Kursaal de Lausanne (24.2.1911). Il est aussi l’auteur du poème symphonique Les Alpes. Il orchestre un drame lyrique, Yvonne, paroles de Max Sergent et musique conçue par Georges de Seigneux, créé au →Grand Théâtre de Genève, Genève GE (18.2.1908). À Genève, il fait jouer ses œuvres pour orchestres en divers concerts, et compose notamment avec →Émile Jaques-Dalcroze la partition de la deuxième Fête des Narcisses à Montreux (1898), sur un livret de Jules Cougnard. Il compte parmi les principaux fondateurs de l’Association des musiciens suisses en 1899 dont il est secrétaire (1900-18). Il dirige l’orchestre du Kursaal de Lausanne lors de sa saison d’ouverture (1901/02), et sous le pseudonyme de C. Sharp, il cosigne avec Paul Tapie plusieurs revues de ce lieu dont Zepp’lin tous les soirs (1909), Il pleut Bergières! (1910), Rien ne va plus (1911), À nous le sourire (1912). Il est aussi un critique dramatique et musical redouté, écrivant entre autres dès 1897 dans le quotidien La Gazette de Lausanne dont il devient rédacteur (1906-19), avant de passer à la Tribune de Genève (1920-38), et publie aussi chroniques et études dans diverses revues musicales. Il fit une critique heureuse de l’→Histoire du Soldat de →Charles Ferdinand Ramuz et Strawinsky à sa création (28.9.1918). Comme journaliste, il s’engage dès 1900 pour la fondation à Lausanne d’un orchestre de professionnels engagés à l’année et subventionnés, puis à Genève, pour l’existence d’un orchestre permanent attaché au Grand Théâtre; il milite aussi pour obtenir une loi reconnaissant le droit d’auteur en Suisse. Théoricien du festpiel, il a rédigé l’un des articles historiques les plus complets sur le sujet dans La Suisse qui chante (1932) et dresse la chronique d’une génération d’auteurs dramatiques romands au tournant du XIXe et du XXe siècle dans la revue Au foyer romand (1910). Il publie aussi un ouvrage d’introduction au théâtre lyrique, Les Chefs-d’œuvre du répertoire: opéra, opéra-comique, opérette (Paris, Payot, 1914), plusieurs fois réédité. Il enseigne l’instrumentation au Conservatoire de Genève (1898-02) – où il a notamment →Ernest Bloch comme élève – et l’histoire de la musique à celui de Lausanne (1908-19). Dès 1938, il vit les quatre dernières années de sa vie paralysé à la suite d’une attaque.



Auteur: Joël Aguet



Source:

Aguet, Joël: Édouard Combe, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 394–395.

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