Éléonore Hirt

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*  19.12.1919 Bâle. ∞ 1954 Michel Piccoli, comédien.

Elle se forme auprès de Charles Dullin au Théâtre de l’Atelier à Paris où elle participe notamment à la création française de Noces de sang de García Lorca dans une mise en scène de Marcel Herrand (juin 1938). Pendant deux saisons (1938-40), elle fait partie de la troupe du →Schauspielhaus de Zurich, où elle joue ainsi Maria dans Götz von Berlichingen de Goethe mis en scène par →Leopold Lindtberg (1938/39) et Anna dans la création de Der schwarze Hecht de →Paul Burkhard mis en scène par →Oskar Wälterlin (1.4.1939). Pour le cinéma, elle vient tourner en Suisse romande Jeanne, la rayonnante infirmière de L’Oasis dans la tourmente filmé par Georges Depallens sur un scénario de →Jean Hort (1941), puis travaille ensuite notamment sous la direction de →Paul Pasquier, créant à Lausanne La vie se gagne de Raymond Gafner (19.11.1941). En 1943/44, elle joue au →Théâtre Municipal de Lausanne et en 1944/45 pour la Compagnie Jean Hort, en tournée suisse, où elle interprète Lia dans Sodome et Gomorrhe de Giraudoux, Thérèse La Sauvage d’Anouilh et Petra la fille d’Un ennemi du peuple. Elle retourne à Paris où elle joue entre autres en 1947 Émilie dans Cinna de Corneille mis en scène par Charles Dullin au Théâtre Sarah-Bernhardt puis, de 1947 à 1952, elle se joint à la troupe du Centre Dramatique de l’Est dirigé par André Clavé; là, elle tient notamment le rôle-titre dans Phèdre de Racine que présente Vandéric (1949/50), puis joue Lady Macbeth dans Macbeth de Shakespeare monté par André Clavé (1950/51). En 1951, elle est Evelyn dans Message pour Margaret de James Parish réalisé par →Jean Mauclair à la →Comédie de Genève. Elle participe à la mise sur pied du Théâtre de Babylone (1952-1954) au côté de Jean-Marie Serreau pour qui elle tient le rôle-titre dans Mademoiselle Julie de Strind­berg (1952), puis interprète la Femme du coolie dans L’Exception et la Règle de →Bertolt Brecht; sous sa direction elle est aussi Mme Tépan dans Pique-nique en campagne d’Arrabal au Théâtre de Lutèce (1959) et crée Comédie de Beckett lors des Estivales du Pavillon de Marsan (10.6.1964). Avec le Théâtre National Populaire (TNP), elle joue Hécube dans Les Troyennes d’Euripide sous la direction de Michel Cacoyannis au Théâtre du Palais de Chaillot (1965) et la Femme dans La Grande Imprécation devant les murs de la ville de Tankred Dorst présentée par Georges Wilson (1967). À la Comédie de Genève, elle tient le rôle-titre dans La Folle de Chaillot de Giraudoux que réalise →Richard Vachoux (1975). Mise en scène par Roger Blin, elle crée Mrs. Simpson, la Lady Strass d’Eduardo Manet au Théâtre de Poche-Montparnasse (18.3.1977) et dialogue avec →Guy Tréjan dans Le Président de Thomas Bernhard au Théâtre de la Michodière (1981). Jean-Marie Patte la dirige dans Œdipe d’après Sophocle et Sénèque, Rodogune de Corneille, Faust de Marlowe (1980). Pour Georges Vitaly, elle est notamment la Mère dans la création de La Baignoire de Victor Haïm au Lucernaire-Forum (21.2.1979). Elle joue dans L’Heure du thé chez les Pendlebury d’Alain Didier-Weill pour Pierre Chabert (1992) et dans L’Heure du Lynx de Per Olov Enquist que réalise Jean-Louis Thamin au Centre dramatique de Bordeaux (1993). Au cinéma, elle aura surtout tenu des rôles de mère parfaite et grande bourgeoise comme dans Vie privée de Louis Malle (1962), What’s new, Pussycat? de Clive Donner (1966), La Horse de Pierre Granier-Deferre, avec Jean Gabin (1970), ou Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier (1978) voire même des rôles très aristocratiques comme la reine Marie-Antoinette dans La Nuit de Varennes d’Ettore Scola (1982) ou la Duchesse dans À la vitesse d’un cheval au galop de Fabien Onteniente (1992).



Autrice: Françoise Dubor



Source:

Dubor, Françoise: Éléonore Hirt, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p. 847–848, voir figure p. 847.