André-François Marescotti

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 * 30.4.1902 Carouge GE, † 18.5.1995 Genève.

À la fin de ses études techniques à l’École des arts et métiers de Genève, M. reçoit le diplôme de dessinateur-technicien; il exerce cette profession quelques mois en même temps qu’il entre au Conservatoire de Genève (1920). Là, il travaille notamment le piano avec Alexandre Mottu, jusqu’au diplôme qu’il obtient en 1923, et les branches théoriques avec Charles Chaix et →Joseph Lauber. Organiste depuis 1921, puis maître de chapelle de plusieurs églises du canton de Genève, il publie dès 1924 de premières compositions et se perfectionne auprès de Roger Ducasse à Paris (1928-32). Il attire l’attention dès les premières exécutions de ses œuvres, notamment lorsque la Première suite pour piano est présentée à la Fête annuelle de l’Association des musiciens suisses à Interlaken (1930) ou quand l’Ouverture pour la Comédie de celui qui épousa une femme muette, inspirée par le texte d’Anatole France, est donnée à Soleure puis, quelques mois plus tard, au Théâtre des Champs-Élysées à Paris (1931). Il compose diverses œuvres symphoniques comme Prélude au grand Meaulnes, Aubade et la musique de scène pour la légende Où l’étoile s’arrêta de Félix Timmermans adaptée par Paul Casetti, représentée par les Compagnons de Romandie au →Grand Théâtre de Genève et dans plusieurs villes de Suisse romande (1937/38). Il signe aussi notamment la musique de deux œuvres de →René Morax, La Lampe d’argile, drame créé au →Théâtre du Jorat par Julien Bertheau (31.5.1947), et Job le vigneron, mystère joué à Sierre par les →Compagnons des arts sous la direction de →Jean Mauclair (24.10.1953). Durant la Seconde Guerre mondiale, il occupe le poste de responsable de la musique à la →Comédie de Genève (1939-45) et écrit aussi le premier acte du spectacle du bimillénaire de Genève, La Voix des siècles de Paul Chaponnière, mis en scène par →Maurice Jacquelin au Grand Théâtre (4.7.1942). Il compose encore un grand ballet en deux actes, Les Anges du Greco, créé à l’→Opernhaus de Zurich sous la direction d’→Ernest Ansermet (31.5.1947). Dès 1947, il traverse une période de crise consécutive à son étude du système sériel. Il retravaille sa technique de composition, basée jusque-là sur une esthétique proche de celle des compositeurs français de l’entre-deux-guerres, et renouvelle entièrement son langage à partir de 1954. Il ne reviendra jamais à la musique scénique, se consacrant désormais exclusivement à des œuvres pour le concert. Il compte aussi comme pédagogue ayant enseigné le piano, la pédagogie et la composition au Conservatoire de Genève (1931-73). Il a pris une part importante dès 1938 à la fondation de la Suisa (Schweizerische Gesellschaft für die Rechte der Urheber musikalischer Werke), organisme suisse chargé de la perception des droits d’auteurs des musiciens (1.6.1942). Un portrait filmé lui est consacré: A.-F. M., compositeur (Plans-fixes no 1053, 1988).

Bibliographie

  • Antoine Goléa, A.-F. M.: biographie, études analytiques, Paris, Jobert, 1963.
  • Claude Tappolet, A.-F. M., Genève, Georg, 1986.


Auteur: Jacques Tchamkerten



Source:

Tchamkerten, Jacques: André-François Marescotti, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p. 1175–1176.