André Faure

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*  17.5.1921 Genève, † 17.10.2002 Choulex GE.

Le nom de F. est associé aux productions de la →Comédie de Genève, Genève GE. Il y débute comme élève de →Jean Bard avec le rôle de Cléante dans L’Avare de Molière (1939) et couronne un parcours théâtral de plus de cinquante ans, en jouant Damis dans L’École des mères de Marivaux que dirige →Claude Stratz (1992). Il y est engagé dès 1941 par →Maurice Jacquelin qui le dirige le plus souvent dans des rôles de jeunes séducteurs ou d’amoureux: le gigolo Jo dans Beau temps de Marcel Rosset (6.12.1951), Jean dans Isabelle de Chevron de Maurice Zermatten (1955), le fiancé dans Noces de sang de García Lorca (1957) ou Lelio dans Le Menteur de Goldoni (1958). Il tient aussi des personnages plus complexes, comme les rôles-titres dans Britannicus de Racine (1945-47) et Docteur Faust de Goethe (1957), ou le Prince Mychkine, L’Idiot de Dostoïevski (1948). Épisode remarquable, il crée là le rôle de Scipion dans Caligula de Camus mis en scène par →Giorgio Strehler (24.6.1945). À la fin des années cinquante, avec →André Talmès, l’acteur mûrit sans s’écarter de son personnage type, jouant le mari modèle dans L’Éventail de Lady Windermere d’Oscar Wilde (1957), l’officier suppliant (Neipperg) dans Madame Sans-Gêne de Victorien Sardou (1963) ou Sir Ronald dans L’Heure éblouissante d’Anna Bonacci adapté par Albert Verly (1967). Des rôles plus importants lui sont confiés par →Jean Hort, comme l’Ange dans Sodome et Gomorrhe de Giraudoux au →Grand Théâtre (1944) ou le premier rôle dans Le Bal du lieutenant Helt de Gabriel Arout (1959). Il participe aussi à deux grandes créations en français de →Friedrich Dürrenmatt, tenant le rôle du Cardinal dans Les Anabaptistes que réalise Jorge Lavelli au Grand Théâtre (18.4.1969) et celui de Kurt dans Play Strindberg présenté d’abord par →William Jacques au Théâtre du Capitole de Bienne (8.3.1971), puis en tournée. Avec →Richard Vachoux, il est aussi, entre autres, le Baron dans On ne badine pas avec l’amour de Musset (1972). En 1948, il interprète Fred dans La Putain respectueuse de Sartre mise en scène par Henri Giquel, spectacle inaugurant le Théâtre de Poche, où il joue dès lors régulièrement, ainsi qu’au →Nouveau Théâtre de Poche, Genève GE où, dirigé par Vachoux, il est notamment Wolfgang Mikulini-Poissberg dans la création en français de La Métaphysique d’un veau à deux têtes de Witkiewicz (30.10.1970). Il y signe quelques mises en scène remarquées: Toi et tes nuages d’Éric Westphal (1973), Maison de poupée d’Ibsen (1975), la création de Marie impie de Denise Gouverneur (11.11.1976), L’Île des chèvres d’Ugo Betti et La Ménagerie de verre de Tennessee Williams (1978). À Lausanne pour le →Centre Dramatique Romand, il joue entre autres en 1961 le personnage d’Orsino dans La Nuit des Rois de Shakespeare que dirige →Paul Pasquier et un des Mari dans La Visite de la vieille dame de Dürrenmatt mise en scène par →Charles Apothéloz, puis aussi l’avocat Herbert S. Marks dans En cause. J. Robert Oppenheimer de Kipphardt présenté par →Philippe Mentha (1966). Parmi ses derniers rôles on retient celui de Peachum dans L’Opéra de quat’sous de →Bertolt Brecht et Kurt Weill que monte →Armen Godel au →Théâtre de Carouge (1982), et celui de Coucou dans Le Radeau des morts de Harald Mueller réalisé par →Marcel Robert au →Théâtre du Grütli, Genève GE (1990).

Bibliographie

  • François Marin, "Entretien avec André Faure, un comédien humaniste dans le siècle", Mimos, 4/1999.


Auteur: François Marin



Source:

Marin, François: André Faure, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 562.