André Steiger

Aus Theaterlexikon
Wechseln zu: Navigation, Suche

* 7.9.1928 Genève.

S. suit au Conservatoire de Genève le cours donné par →Greta Prozor (1946-1949) qui lui fait appréhender le théâtre comme un art. En 1949, il tient deux petits rôles au →Théâtre de Poche sous la direction de →William Jacques et va suivre à Paris les cours du Centre d’apprentissage d’art dramatique de la rue Blanche (1950-52). Avec quelques camarades, il fonde en 1952 la Comédie du Centre-ouest à Guéret (Creuse) et à Bellac (Haute-Vienne), compagnie autogérée qui s’installe en Limousin dans un désir de décentralisation culturelle; il y présente surtout le répertoire des auteurs classiques et populaires (Molière, Shakespeare, Calderón, Lesage, Priestley). À Paris avec sa propre compagnie, il crée en français Le Précepteur de →Bertolt Brecht au Concours des jeunes compagnies (27.6.1957), puis il met en scène La Bonne Âme de Se-Tchouan de Brecht, avec la Compagnie A. S. en décembre 1960 au Théâtre Récamier, petite scène du Théâtre National Populaire. En 1965, il prend avec Jacques Kraemer la direction du Théâtre populaire de Lorraine (TPL) à Metz, puis de 1968 à 1970, il est attaché à la direction artistique d’Hubert Gignoux à la Comédie de l’Est, qui devient Théâtre national de Strasbourg (TNS); il y travaille sur le répertoire d’auteurs contemporains comme Adamov, →Fried­rich Dürrenmatt, Genet. Durant les étés 1970 et 1971, il réalise deux spectacles en plein air produits par le →Nouveau Théâtre de Poche de Genève (NTP): La Comédie des erreurs de Shakespeare (1970) et Un Tartuffe de Molière (1971). Il monte au →Centre Dramatique de Lausanne (CDL) Beaumarchais, an I, ça ira ! (4.12.1971). Ensuite, il assiste Marc Liebens à la direction artistique du Théâtre du Parvis de Bruxelles (1971-73) et y met en scène Mesure pour mesure de Shakespeare (1972). En 1974, à la suite de sa mise en scène d’Hamlet de Shakespeare à la →Comédie de Genève, il fonde et anime le →T’Act, groupe autogéré de production et de réflexion (1974-77). Dès 1977, il poursuit sa carrière en mettant en scène un à deux spectacles par saison. Il propose essentiellement à la Comédie de Genève une relecture des textes moliéresques: Dom Juan (1977), L’Avare (1978), Le Misanthrope (1980), Tartuffe et Les Femmes savantes (1981). Au NTP, il travaille sur des classiques contemporains comme Qui a peur de Virginia Woolf d’Albee, en collaboration avec →Martine Paschoud (1976), puis On ne sait comment de Pirandello (1977), Knock de Jules Romains (1983). Au CDL, il monte un texte par année (1977-87), notamment Travesties de Stoppard (13.10.1977), spectacle présenté à l’Odéon en 1978, Volpone de Ben Jonson (1979), Schweyk dans la Deuxième Guerre mondiale de Brecht (1982) et Les Troyennes d’Euripide (1986). En 1987, la Comédie-Française dirigée par Jean Le Poulain lui commande deux mises en scène: Le Véritable Saint-Genest de Rotrou (1987) et Amour pour amour de Congreve (1989). Comédien, il joue en France, en Belgique et en Suisse, notamment avec →Hervé Loichemol qui le distribue au CDL dans Arnolphe de L’École des femmes de Molière (1983) et le Client Dans la solitude des champs de coton de Koltès (1985), Valmont du Quartett de Heiner Müller au NTP (1984), et Brecht dans Politisch Korrekt d’après Brecht, à Ferney-Voltaire (1995). Il crée le rôle d’Atget dans Atget et Berenice de Michèle Fabien que présente Marc Liebens au →Théâtre Vidy-Lausanne (27.10.1992). En 2000, il conçoit et joue au →Théâtre Saint-Gervais ABBcédaire, souvenirs et projections de Bertolt Brecht. Dès 1958, la pédagogie constitue l’élément capital de son parcours. Il enseigne à plusieurs reprises dès 1962 à l’École d’art dramatique de la Comédie de l’Est, puis du TNS et reste durant dix ans (1984-94) doyen de la →SPAD à Lausanne, marquant plusieurs générations de comédiens. En 1995, il reçoit le prix de l’Éveil de la Fondation vaudoise pour la promotion et la création artistiques et en 2000 au →Théâtre du Grütli, le prix du comédien. Un portrait filmé lui est consacré: A. S., homme de théâtre (Plans-fixes n° 1150, 1997).

Bibliographie

  • Hervé Loichemol, Martine Paschoud, A. S., "Les Mots de la tribu", in Des yeux pour entendre, Le Poche Genève 1984-1996, Genève, 1996.
  • Denis Guénoun, "La Posture d’inquiétude", in Avec Brecht, Arles, 1999.


Auteur: François Marin



Source:

Marin, François: André Steiger, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 3, p. 1741–1742, mit Abbildung auf S. 1741.

Normdaten