Arènes d'Avenches, Avenches VD

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Amphithéâtre romain, occasionnellement lieu de création théâtrale puis, dès les années nonante, de productions lyriques et d’un festival rock

Les A. sont construites dans la seconde moitié du premier siècle de notre ère, à l’époque des Flaviens, comme la plupart des bâtiments importants d’Aventicum, et dévastées comme toute la ville moins de deux siècles plus tard, vers 260, au passage des Alamans. Elles connaissent une première restauration sous Constantin Ier dans le premier tiers du IVe siècle, puis une seconde, et sont abandonnées au Ve siècle. Peu à peu recouvert, le lieu apparaît à la fin du XIXe siècle comme un enfoncement gazonné, en partie utilisé comme jardin potager. Les fouilles entreprises par Pro Aventico depuis 1890 permettent de constater la grandeur de l’édifice, réinvesti en 1893 pour la création, sous la pluie, de Julia Alpinula d’Adolphe Ribaux (30.9.1893), puis pour une seconde série de représentations de cette pièce l’année suivante. En 1942 et 1943, grâce à deux dons d’un mécène anonyme, les A. sont vidées des plus de 4000 m3 de déblais de terre et de gravats qui s’y accumulaient depuis mille cinq cents ans. Peu après, →Jean Kiehl crée pourtant sur un autre site – dans les ruines du théâtre romain d’Avenches – la deuxième version d’André Bonnard pour le Prométhée enchaîné d’Eschyle, avec une musique d’→Arthur Honegger, des décors, des costumes et des masques de Hans Erni (6.6.1946). En 1954 en revanche, Daniel Fillion met en scène dans les A. Antigone de Jean Anouilh, et en 1955 Montserrat d’Emmanuel Roblès, avec la collaboration de →Julien-François Zbinden pour la musique, d’André Pache pour les décors et les costumes. En 1957, trois représentations de la Mariamne de Tristan L’Hermitte et de la Bérénice de Robert Brasillach y sont données, réalisées par Raymond Hermantier, avec la collaboration d’Alice Cocéa. De même en 1960, l’association avenchoise responsable de l’animation du lieu confie le spectacle de l’été à Marcelle Tassencourt qui vient avec ses comédiens de Paris jouer Alexandre le solitaire de Jean le Marois. Cette association tombe alors dans un sommeil de quinze ans. Ensuite, La Reine Berthe, ou mille ans sont comme un jour, jeu dramatique de Roger Barilier, est présenté avec 160 acteurs, musiciens et figurants par →Gil Pidoux (23.7.1976). En 1978, Pidoux reprend Davel, drame historique en six actes de Maurice Constançon datant de 1923, avec notamment Daniel Fillion dans le rôle-titre et une trentaine d’autres comédiens, entourés de 250 choristes, musiciens, figurants, soldats d’Avenches et de la région. Au cours de la décennie suivante, les A. présentent encore deux créations. →Michel Grobéty met en scène les Cérémonies de l’aube de Carlos Fuentès, avec une musique et la direction musicale de →Jean-François Bovard, des décors de →Roland Deville, et →Nicolas Rinuy jouant Moctezuma, une soprano, dix musiciens et cinquante figurants (1.7.1983). Quant au texte de →Nicole Rouan, Divico et César, il est mis en musique et dirigé par René Falquet, réalisé par →Gérard Demierre, avec dix comédiens et trois cents choristes, danseurs et figurants (1.7.1988). Une nouvelle époque s’annonce: chaque été dès 1992, le festival Rock Oz’Arènes propose sur la grande scène des A., ou en intérieur au Casino d’Avenches, des groupes de musiques de toutes les tendances du moment. De plus, le Festival d’opéra d’Avenches fondé en 1994 et placé sous la direction artistique de →Sergio Fontana réalise dans les A. de vastes manifestations lyriques d’œuvres populaires comme celles de Verdi, Aida (1995), La Traviata (1997), Nabucco (1999), Rigoletto (2001), ou celles de Bizet, Carmen (1996, 2004), de Puccini, La Bohème (1997) et Turandot (1998), de Rossini, Guillaume Tell (2002) ou de Mozart, La Flûte enchantée (2003).

Données techniques

La forme originelle est en ellipse d’environ 115 m. sur 87 m., pour un diamètre de scène ou de piste de 20 m. sur 15 m. On peut estimer qu’à l’origine les gradins de pierre pouvaient contenir dix à douze mille spectateurs. Adossée à l’ouest et au sud dans la colline d’Avenches, cette ellipse est tronquée à l’est depuis le XIe siècle par une tour, laquelle abrite depuis 1838 le Musée romain, et au sud-ouest par une route tracée au XVIIIe siècle. Les manifestations spectaculaires qui investissent ce lieu installent diverses infrastructures provisoires de gradins et d’espaces scéniques.

Bibliographie

  • Philippe Bridel, L’Amphithéâtre d’Avenches, Lausanne, Cahiers d’archéologie romande no 96, 2004.


Auteur: Joël Aguet



Source:

Aguet, Joël: Arènes d'Avenches, Avenches VD, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 66–67.