Armen Godel

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* 6.10.1941 Genève. Frère de Vahé G., écrivain.

Formé par →François Simon et →Philippe Mentha au →Théâtre de Carouge (1961-63), G. joue dans trois de leurs spectacles et y tient son premier rôle d’importance, Ferdinand dans La Tempête de Shakespeare, sous la direction de Mentha (1964). Avec une douzaine d’autres élèves du Carouge, dont →François Rochaix et →Marcel Robert, il participe, à Genève, à la fondation de l’Atelier Don Sapristi qui investit la salle de théâtre de la →Maison des jeunes et de la culture de Saint-Gervais, où il signe une première mise en scène, Sur la grand-route de Tchekhov (1963). Il passe ensuite par l’École Jacques Lecoq, à Paris, et apprend le violoncelle. À la Maison des jeunes, il participe à plusieurs réalisations du →Théâtre de l’Atelier: il interprète notamment Pozzo dans Il est arrivé de Miodrag Bulatovic, dirigé par Jorge Lavelli (19.10.1966) et Ulric Pludek, un bourgeois vieille époque, lors de la création en français de Garden party de Vaclav Havel que met en scène Vaclav Hudecek (3.5.1967). Il collabore avec Rochaix pour Le Chant du fantoche lusitanien de Peter Weiss, où il est l’un des manifestants (17.4.1968) et réalise Le Testament du chien, farce d’Ariano Suassuna au Parc La Grange (1969), puis Britannicus de Racine à la Maison des jeunes (1972). Au Théâtre de Carouge-Atelier de Genève, mis en scène par Rochaix, il joue dans plusieurs pièces de →Bertolt Brecht: il est ainsi Ekart, le mentor de Baal (1972), le gangster Gobbola dans La Résistible Ascension d’Arturo Ui (1976), l’Aumônier dans Mère Courage (1976). Il crée aussi en français le rôle-titre dans la pièce de Carl Sternheim Le Bourgeois Schippel, ce prolétaire que sa voix conduit à devenir bourgeois (22.1.1974). Sous la direction de Manfred Karge et →Matthias Langhoff, il joue Océan, l’aîné des Titans, dans Prométhée enchaîné d’Eschyle (1978) et, toujours avec le Théâtre de Carouge, il dirige François Rochaix dans Par Dieu, qu’on me laisse rentrer chez moi de →Michel Viala (6.4.1979). Dès 1980, il étudie à Tokyo, à l’école Kanze de théâtre nô (chant et danse) avec Kizuki Takayuki, expérience qu’il consigne dans Le Maître de nô (1989). Il transmet sur la scène sa passion du théâtre japonais, avec ses mises en scène de Hanjo, deux nô de Yukio Mishima et Motokiyo Zeami à la →Salle Patiño (1984), et Le Fusil de chasse adapté de Yasushi Inoué au →Théâtre Saint-Gervais (1987). Avec Koichi Kano, il traduit une série de nô en français, publiés dans La Lande des mortifications (1994). À la Comédie de Genève, il tient le rôle de Marcellus dans Hamlet de Shakespeare mis en scène par →Benno Besson (1983). Au →Nouveau Théâtre de Poche, il interprète Du Mesnil dans La Parisienne d’Henri Becque, dirigé par →Martine Paschoud (1985), puis Bartholo dans Le Barbier de Séville de Beaumarchais (1986), et d’autres personnages d’expérience, volontiers désabusés, comme Karl dans Visages connus, sentiments mêlés de Botho Strauss (1.3.1988) ou le timonier Azor dans L’Heure bleue ou la Nuit des pirates de →Matthias Zschokke (15.1.1993). Pour Langhoff, il joue dans La Mission et Au perroquet vert de Heiner Müller et Arthur Schnitzler au Festival d’Avignon puis au →Théâtre Vidy-Lausanne (1989); dix ans plus tard, il est le juge Liapkine-Tiapkine au Théâtre national de Bretagne et en tournée (1999-2000). À la Comédie de Genève, →Claude Stratz, lui confie le rôle distingué de Durassier dans Monsieur Bonhomme et les Incendiaires de →Max Frisch (1995-2001). G. interprète aussi une vingtaine de rôles pour le cinéma et la télévision, notamment l’Avocat dans Les Arpenteurs (1972) et le Contrebassiste dans L’Escapade (1973), deux films de →Michel Soutter, ainsi que le Responsable de la communication dans La Plage noire de Michel Piccoli (2001). Il est Arthur C. Crondon, le patron copiant Hitler dans Le Bunker de Michel Viala réalisé par Yvan Butler (1976), rôle qu’il avait créé au Théâtre de l’Atelier, sous la direction de l’auteur et du décorateur →Jean-Claude Maret (24.2.1971). Il a publié plusieurs récits et romans, dont Mes algues d’Osaka qui reçoit le prix Pittard de l’Andelyn (1991), Isola Bella qui obtient le prix Lipp (1995) et Le Chef de gare (1999). Il enseigne à l’→ÉSAD depuis 1969, et à la →SPAD dès 1987.



Auteur: Éric Eigenmann



Source:

Érismann, Éric: Armen Godel, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 728–729, voir figure p. 728.

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