Béatrice Perregaux

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*  3.2.1937 Môtiers NE, †  18.3.1998 Troinex GE.

Poursuivant à Genève sa formation commencée à La Chaux-de-Fonds, P. obtient en 1959 la licence ès lettres de l’Université de Genève, et le diplôme d’art dramatique assorti du deuxième prix d’interprétation du →Conservatoire de Genève, ayant suivi la classe de →Greta Prozor. En 1959, elle tient sous la direction de →Jean Bard le rôle-titre dans Athalie de Racine au Théâtre de la Cour Saint-Pierre puis, pour →Richard Vachoux et le Théâtre poétique, le rôle de MlleChèvredent dans L’Apollon de Bellac de Giraudoux. À Laon en France, elle est la Reine mère dans Erik XIV de Strindberg créé en français par Jacques Debary et →André Steiger (20.8.1958). Pour ce dernier, elle interprète là, au cours du même été, le rôle principal dans Les Fusils de la Mère Carrar de →Bertolt Brecht (1959) puis, au Théâtre Récamier de Paris dans une production du Théâtre National Populaire, elle participe à La Bonne Âme de Se-Tchouan du même auteur (1960). À Paris, elle suit aussi les cours de dramaturgie de Jacques Schérer et participe à la fondation de l’Association théâtrale des étudiants de Paris, jouant la Mère dans Noces de sang de García Lorca (1960). Poursuivant sa formation en Allemagne, elle étudie l’histoire du théâtre et la littérature allemande à la Freie Universität de Berlin-Ouest (1962-64). À la Volksbühne de Berlin-Est, elle est assistante de →Benno Besson sur le montage de Moritz Tassow de Peter Hacks (1965). L’année suivante, elle participe à la traduction en français de Hop là! nous vivons d’Ernst Toller, à l’occasion de sa création en France par José Valverde, au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis (21.4.1966). Par la suite, pour les éditions de l’Arche à Paris, elle traduit avec Jean Jourdheuil Quartett (1982) et La Correction (1991) de Heiner Müller puis, sollicitée par →Martine Paschoud, qui dirige alors le →Nouveau Théâtre de Poche de Genève, elle traduit notamment Visages connus, sentiments mêlés de Botho Strauss (1991). Elle passe aussi en français deux importants dialogues théoriques consacrés à la méthode de travail du Berliner Ensemble: La Mise en scène dans le théâtre d’amateurs de Manfred Wekwerth (1971) et L’Achat du cuivre de Brecht, ce dernier avec Jean Jourdheuil (1972). Enseignant dès 1965 au département de français de l’Université de Genève, elle y est nommée chargée de cours en 1973 et met sur pied le premier enseignement suisse romand de dramaturgie et d’histoire du théâtre. Inscrit officiellement au programme dès 1976, son séminaire associe intimement l’étude de la littérature dramatique, l’analyse théorique et le processus de mise en représentation. Elle écrit une trentaine d’articles qui témoignent, jusqu’en 1998, de son engagement permanent au service du développement des études théâtrales. Elle participe aussi au Conseil de fondation de la →Collection suisse du théâtre (1987-90), au Comité exécutif de la Fédération internationale pour la recherche théâtrale (1987-91) et préside la →Société suisse du théâtre (1990-95). En 1996, le prix de Lucerne distingue sa contribution aux échanges culturels entre les régions linguistiques.



Auteur: Éric Eigenmann



Source:

Eigenmann, Éric: Béatrice Perregaux, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p. 1391–1392, voir figure p. 1391.