Bernard Haller

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*  5.12.1933 Genève.

Après avoir tenu de petits rôles au théâtre dès l’âge de 6 ans, H. joue en professionnel dès le milieu des années cinquante, tout en poursuivant des études de vétérinaire, de droit, de gemmologie. Il interprète notamment, au Théâtre de Poche, sous la direction de →William Jacques, le jeune pirate Manque-un-doigt dans La Belle Rombière de Clevers et Hanoteau (1954/55) et le valet de chambre Lane dans L’important, c’est d’être fidèle d’Oscar Wilde (1955/56). Dès 1956, il joue aussi dans des spectacles de cabaret au Moulin à Poivre avec →Michel Soutter, →Philippe Mentha et →Louis Gaulis. Établi à Paris dès 1958, il participe jusqu’en 1971 à de nombreux spectacles de cabaret et de variétés et travaille notamment avec les compagnies Jean Nohain (1959), Jacques Fabbri (1960) et Pierre Debauche à Nanterre (1969). Il présente son premier spectacle en solo, Et alors?, en décembre 1970 au →Nouveau Théâtre de Poche, à Genève. Accueilli à la Vieille Grille et au Théâtre de La Michodière à Paris (1971), Et alors? obtient en 1972 le prix du Brigadier comme événement le plus marquant de la saison théâtrale française, et il le présente durant plusieurs années en tournée. Jusqu’en 1994, il écrit et interprète six autres spectacles solo tout aussi poétiques et loufoques que pessimistes, ce dont témoignent notamment ses textes édités dans Dits et inédits (Paris, Stock, 1981). Il les présente au cours de longues tournées en France et dans le monde francophone et les crée désormais à Paris: Un certain rire incertain au Théâtre de la Ville (1975-78), Salmigondivers au Théâtre national de Chaillot (1979-81), Vis à vie à Bobino (1982-87), Époque épique au Théâtre Édouard VII (1987-89). Il réalise d’abord Festiv’Haller au Festival d’Avignon (1990-92), puis Comment ça commence aux Bouffes-du-Nord (1994-97). En collaboration avec Patrick Rambaud, il écrit Le Visage parle, où il décline tout l’alphabet de mimiques faciales qu’il détient (Paris, Balland, 1988), puis Fregoli, pièce en hommage au transformiste (Paris, L’Avant-scène no 890) où il interprète tour à tour une trentaine de personnages, à Chaillot en 1991, sous la direction de Jérôme Savary. Dans les théâtres privés parisiens, il joue notamment dans L’Âge de Monsieur est avancé de Pierre Étaix que réalise Jean Poiret à la Comédie des Champs-Élysées (1985/86). Pour Pierre Franck, il incarne un vieux général libertin dans Ardèle ou la Marguerite d’Anouilh à l’Atelier (1998/99), puis reprend au Théâtre Marigny le rôle du Mage Radjapour, de faiseur de bonne aventure plongé dans l’espace onirique d’Hôtel des deux mondes d’Éric-Emmanuel Schmitt présenté par Daniel Roussel (2000). Il participe à une cinquantaine de films et téléfilms depuis 1966, surtout des comédies, et joue notamment à trois reprises pour le réalisateur Guy Jorré, tenant le personnage de Lajoie dans Le Bouffon, dont il signe le scénario avec Jean-Claude Carrière (1981), et le rôle de Jules Banier, petit bonhomme frustré et malheureux atteint de folie des grandeurs, dans Le Prix d’un homme (1987). Il obtient plusieurs distinctions en France, ainsi que la Rose de bronze 1966 à Montreux pour son film Bernard Show et, en 1995, le prix de la Ville de Genève.



Autrice: Françoise Dubor



Source:

Dubor, Françoise: Bernard Haller, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p. 786–787, voir figure p. 786.