Bernard Liègme

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*  30.11.1927 Le Locle NE. Pour l’état civil, B. Liengme.

Après de nombreuses expériences en amateur dès l’âge de 11 ans et une première pièce, Eos, jouée dans l’immédiat après-guerre au Locle, il rejoint la compagnie des →Faux-Nez à Lausanne. En 1953, sous le nom de Lième, il tient le rôle d’Arès dans Sisyphe et la Mort de Robert Merle et celui de Folial dans Escurial de Ghelderode, deux réalisations de →Charles Apothéloz. Il met en scène avec cette équipe La Jalousie du Barbouillé, farce de Molière où il joue le Barbouillé. Il donne aussi des conférences sur les nouveaux auteurs présentés par les Faux-Nez: Adamov, Ionesco, Beckett, Ghelderode, Brecht (1953-54). Il se marie en 1955 et entre dans l’enseignement, notamment à l’École supérieure de jeunes filles, puis au Gymnase Numa-Droz de Neuchâtel. Il y rencontre →Jean Kiehl qui, à Neuchâtel, le prend comme assistant pour le Théâtre du monde d’Edmond Jeanneret, d’après Calderón (1956); il le fait jouer César dans Histoire de Vasco de Georges Schehadé, où Vasco est →Charles Joris (1957), puis crée Au bout du monde d’abord au →Casino-Théâtre du Locle (17.9.1958). L’auteur tient le premier rôle masculin, celui d’Idoine, dans cette poursuite absurde et poétique d’enfant perdue au milieu d’un monde stupide et dévasté. Sa pièce est éditée à Lausanne (L’Âge d’homme, 1972), comme La Cage, dérisoire quête d’identité aux accents beckettiens programmée aux Faux-Nez par Apothéloz en 1959, et finalement présentée en décembre 1963 au Théâtre de Poche neuchâtelois par Claude Schumacher. Entré en relation avec les milieux syndicaux et coopératifs qui souhaitent la création d’un mouvement de théâtre populaire, il administre le →Théâtre Populaire Romand (TPR), équipe de comédiens réunis pour constituer dans la région une troupe professionnelle qui, après deux spectacles exténuants et laissant un lourd passif financier, se disperse (1959/60). Dès le mois d’août 1961, avec Charles Joris, il relance l’aventure du TPR y travaillant comme dramaturge et auteur dramatique. Abandonnant sa première manière, proche de l’avant-garde des années cinquante, il écrit pour la troupe des pièces au contenu politique clairement engagé, souvent accompagnées de musiques de scène dues à →Émile de Ceuninck. Dans Les Murs de la ville, créés au Locle (31.10.1961), il montre avec ironie la vie quiète des grands bourgeois d’une petite ville, leur arrogance politique puis leur panique lorsqu’une révolution est à leurs portes. Après une adaptation de La Locandiera de Goldoni (1964), il donne au TPR Le Soleil et la Mort réalisé à Neuchâtel (20.7.1966): il y retrace la carrière de Gregorios Lambrakis, berger, héros sportif, professeur de médecine, député progressiste, et militant pour la paix assassiné par l’extrême droite grecque en 1963; sur le même dossier, Costa-Gavras réalise Z (1968). Les Augustes impliquent plus de soixante participants dans une grande halle à Neuchâtel (28.7.1972), texte pétillant de désillusion dans un cirque où le jeu du pouvoir n’épargne pas même les bouffons. Ces quatre pièces sont publiées à Lausanne par les éditions La Cité (L’Âge d’homme), dans la collection du "Répertoire du TPR" (nos1, 6, 11, 23), mais Le Malagabar, présenté en lecture-spectacle à la Biennale 1968 du TPR, à La Chaux-de-Fonds, reste inédit. Il écrit aussi en collaboration avec Henri Guillemin Ce Monsieur Rousseau créé avec des chants de →Gilbert Pingeon par le →CCN - Centre culturel neuchâtelois (1978). Il donne trois pièces sur des thèmes actuels et intimistes à Domingos Semedo, directeur du →Théâtre Les Trois Coups à Lausanne: Tandem, réalisé en avril 1976, retrace les passages obligés d’un amour médiocre; Solo, monologue d’une vie ratée, ordurière et fascinante, est créé aux →Kulturtäter de Bienne en novembre 1976, puis présenté à Lausanne en février 1977; Les Archivistes où l’auteur sauve in extremis la jeunesse et la vie d’un monde fonctionnarisé et stérile (10.3.1981). Semedo réalise La Statue du Commandeur, métaphore sur les pouvoirs séducteurs de la télévision, tout d’abord au Théâtre de Neuchâtel (17.5.1990). L’Affaire Rocher qui rappelle la triste destinée d’un déserteur français et d’une belle Jurassienne est créée à Valangin, mise en scène par →Guy Touraille et Anne-Marie Jan avec musique d’Émile de Ceuninck en juillet 1994. Ces cinq pièces sont publiées, soit à L’Âge d’homme, à Lausanne, soit aux éditions de L’Aire, où paraît aussi son roman écrit en 1972, Le Cahier de cire (1999), les dialogues de La Vie à trois temps, scénario réalisé pour la télévision par Bernard Romy (1979) et les souvenirs qu’il livre à Claude Vallon dans Le Feu du théâtre (1980). Il collabore au scénario de Léopold R. film de Jean-Blaise Junod (1997). Il a notamment reçu le prix littéraire du canton de Neuchâtel (2000), honneur quinquennal accompagné par la réalisation d’un moyen-métrage que lui consacre Jean-Blaise Junod.

Bibliographie

  • Claude Schumacher, "B. L. / TPR – Popular Theater in French Switzerland", in New Theatre Magazine, vol. XII no 1 (1972).
  • Catherine Németh, "De l’engagement au désenchantement. Trajectoire de B. L. dans un contexte socio-historique et littéraire", mémoire de la Faculté des lettres de l’Université de Lausanne, 1993.
  • Christiane Page, "Eos, la rage d’écrire du théâtre", in Cahiers Robinson no 15, Université d’Arras, 2004.


Auteur: Joël Aguet



Source:

Aguet, Joël: Bernard Liègme, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p. 1108–1109.