Camille Fournier

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*  27.8.1905 Plainpalais (actuellement Genève), †  21.9.1989 Lausanne VD. ∞ Io  Georges Spanelly, comédien; ∞ IIo 1957 →Hugues Wanner, comédien. Fille d’→Ernest F., fondateur de la →Comédie de Genève, Genève GE.

Formée à Genève dans le théâtre de son père, où elle apparaît déjà à l’âge de 5 ans, elle s’installe à Paris, travaille au Théâtre Daunou et au Théâtre de l’Œuvre avec Lugné-Poë. L’un de ses premiers rôles importants est celui de Juliette dans Roméo et Juliette de Shakespeare adapté par →René Morax au →Théâtre du Jorat à Mézières (1.6.1929). À la Comédie de Genève, elle crée le rôle de Fabienne Leduc, jeune femme qui vit une double passion, dans Vénus tout entière de Théo Wyler (21.4.1931). À Paris, elle est la gaie et désirable Pierrette dans Le Messager de et monté par Henry Bernstein au Théâtre du Gymnase (28.11.1933) et la presse évoque alors avec enthousiasme son corps magnifique de grand modèle. Elle joue ensuite pour Charles Dullin à L’Atelier, créant notamment sous sa direction le rôle de Faustina dans La Terre est ronde de Salacrou (7.11.1938). La Seconde Guerre mondiale la ramène en Suisse, où elle travaille de 1943 à 1947 au →Théâtre Municipal de Lausanne (TML). Après la guerre, elle retrouve Dullin à Paris et crée la Princesse Borescu née Paulette Chatel dans L’Archipel Lenoir de Salacrou au Théâtre Montparnasse (8.11.1947), puis l’accompagne à Lyon, au Théâtre des Célestins, dans sa dernière réalisation: La Marâtre de Balzac (1949). Pour Bernstein, elle reprend ensuite dès décembre 1949 le rôle de Madeleine Robinson dans La Soif avec Jean Gabin. Elle paraît aussi dans Kean de Sartre d’après Dumas avec et réalisé par Pierre Brasseur au Théâtre Sarah-Bernhardt (1953) et dans Un mari idéal d’Oscar Wilde mis en scène au Théâtre de l’Œuvre par Jean-Marie Serreau (1955). En 1956, elle interprète Madame Lidoine dans Dialogues des Carmélites de Bernanos, au Théâtre Hébertot, et l’année suivante au Théâtre Marigny la mère de Juliette dans Romanoff et Juliette de Peter Ustinov que présente Jean-Pierre Grenier (24.10.1957). Au Théâtre des Mathurins, elle joue Yvonne dans Les Écrivains de Michel de Saint-Pierre (21.9.1959) et Maud Lowder dans Les Ailes de la colombe de Christopher Taylor, d’après Henry James (24.9.1964), au Théâtre de l’Atelier, elle est la Comtesse Iolanda Satriano dans Les Cailloux de Félicien Marceau (26.1.1962). Elle revient épisodiquement en Suisse romande, par exemple au TML durant la saison 1951/52, où dirigée par →Jean Mauclair elle incarne, entre autres, Margaret dans Message pour Margaret de James Parish et Sonia dans Crime et Châtiment de Dostoïevski adapté par Gaston Baty. En 1961, elle reprend à la Comédie de Genève la mise en scène de Charles Dullin pour L’Archipel Lenoir de Salacrou et y joue avec le Théâtre de Carouge la reine Elizabeth dans Richard III de Shakespeare mis en scène par →Philippe Mentha. En 1968, elle retrouve le Carouge qui crée au TML Les Charognards de Robert Weingarten, réalisation signée Roger Blin (14.3.1968); à la Comédie, elle est aussi l’Infirmière dans Biographie de Max Frisch qu’y présente Mentha (8.5.1968). Là, elle joue encore une quinzaine de rôles, dont celui de MmePerrichon dans Le Voyage de M. Perrichon de Labiche réalisé par Jean Bruno (1970), tourne par ailleurs en Suisse romande avec →les Artistes Associés de Lausanne et tient son dernier rôle dans un spectacle de Jean Bruno à la Comédie, celui de Maud dans Harold et Maud de Colin Higgins (1978). Sa voix au timbre grave, un peu rauque, est souvent mise à contribution pour la synchronisation de films venus des États-Unis; elle a enregistré de très nombreuses dramatiques à Radio-Lausanne, puis à la Radio Suisse Romande. Au cinéma, elle est la ravissante Julie Bonaparte dans Le Destin fabuleux de Désirée Clary de et réalisé par Sacha Guitry (1942), Lucienne dans Interdit au public tourné par Fred Pasquali (1949), la Mère de Benj dans Si tous les gars du monde de Jacques Rémy et Christian-Jaque (1956), Thérèse dans Le Gentleman d’Epsom de Gilles Grangier (1962). Dès les années septante, elle tourne en Suisse, jouant notamment Jeanne Plond dans Le Fou filmé par Claude Goretta (1970) et dans plusieurs fictions pour la télévision, notamment Mme Delamoniaz dans Le Village englouti réalisé par Louis Grospierre (1976), la Grand-mère dans Moi, exilée signé Pierre Koralnik (1977) et Léa dans Louis et Léa, premier volet de La Vie à trois temps de →Bernard Liègme réalisé par Bernard Romy (1979).



Auteur: Joël Aguet



Source:

Aguet, Joël: Camille Fournier, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 618–619, voir figure p. 618.

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