Charles Apothéloz

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* 30.5.1922 Lausanne VD, † 24.5.1982 Lausanne VD. ∞ Io Lor Olsommer, peintre; ∞ IIo Anne-Lise Kämpfer, traductrice.

Junior dans l’équipe de football du Lausanne-Sport, A. est remarqué pour sa pointe de vitesse, pratique l’athlétisme et trois ans de suite, il est champion suisse de relais 4 x 100 mètres (1944-46). Il approche le théâtre comme trésorier de la Troupe des Sept, groupe théâtral d’amateurs mené dans la région yverdonnoise par →Benno Besson (1941/42), puis à Lausanne il prend des cours auprès de →Jean Villard Gilles, qui le fait travailler dans l’esprit des Copiaux. Il apprend à jouer avec le Théâtre 45 de →Roland Jay (1945-47). Il tient aussi à cette époque des chroniques épisodiques dans divers périodiques. Étudiant en droit à Lausanne, il entre à la société de Belles-Lettres en 1942, et collabore à plusieurs théâtrales: il joue notamment dans Noé d’André Obey (1942) et met en scène Le Soldat fanfaron de Plaute adapté par Yves Velan (1947) puis Les Faux Nez, scénario de Sartre qu’il monte à Montreux et au →Théâtre Municipal de Lausanne (TML) les 24 et 26 novembre 1948. Il forme ensuite une compagnie, →Les Faux-Nez, Lausanne VD, pour reprendre cet essai prometteur, le peaufiner en tournée romande, puis le présenter à Paris au Concours des Jeunes Compagnies 1949: la réalisation y obtient le troisième prix et le prix de la mise en scène. Au pénitencier de Bochuz, il purge en 1950 quatre mois et demi de prison pour objection de conscience, puis obtient la licence en droit et poursuit en Sorbonne à Paris en rédigeant un travail sur l’internement administratif (1952). De retour à Lausanne, il aménage avec son équipe le Caveau des Faux-Nez, qui ouvre le 3 mars 1953. Dans cette cave de la rue de Bourg, il compte parmi les premiers metteurs en scène du répertoire de l’avant-garde des années cinquante, avec des pièces de Tardieu ou de Ghelderode (1953), La Cantatrice chauve d’Ionesco (1954), Fin de partie de Beckett (1958), Le Ouallou d’Audiberti (1959). Il suscite aussi l’avènement d’une génération d’auteurs dramatiques romands, parmi lesquels →Franck Jotterand, →Jacques Guhl, →Fernand Berset. Il monte, parmi leurs prédécesseurs, →Géo H. Blanc, →René Morax, et quelques grands anciens disparus comme →Rodolphe Töpffer, →Charles Ferdinand Ramuz dont il coréalise avec →Éliane Guyon l’→Histoire du Soldat (1954), puis met en jeu le récit de La Grande Guerre du Sondrebond (1957, 1974). De →Fernand Chavannes, il crée Musique de tambour dans le cadre d’un festival d’été à Aubonne (15.7.1956). Les principaux décorateurs avec lesquels il travaille durant cette période sont →Pierre Estoppey, →Gilbert Koull, →René Creux. Parallèlement à son activité au Caveau, il développe diverses formes de théâtre populaire, souvent sur des musiques de →Gérald Gorgerat, notamment trois spectacles du Théâtre dans la rue (1957, 1959) et aussi, sous le label du Théâtre populaire des Faux-Nez, présente deux grandes réalisations à prix réduits au →Théâtre de Beaulieu, Lausanne VD, Le Revizor de Gogol (1958) et George Dandin de Molière (1959). Il joue aussi, en étonnant comédien comique, dans une bonne part de ses réalisations à cette époque. À l’automne 1959, il se voit confier la direction artistique du département dramatique du TML. Là, il s’efforce dès lors de rassembler les forces créatrices de la région sous le label du →CDR - Centre Dramatique Romand, Lausanne VD développe une association de spectateurs, la Guilde du théâtre, met aussi sur pied le Fonds du théâtre en Suisse romande qui finance les réalisations du CDR, soutient la mise en place dès 1960 de l’→ÉRAD, placée d’abord sous la direction de →Pierre Walker. Il ouvre la scène municipale à des metteurs en scène comme →Paul Pasquier, →Paul-Henry Wild, →Philippe Mentha, Pierre Walker, →William Jacques et couple cette activité avec la petite scène des Faux-Nez où on retient le travail d’→Alain Knapp sur des pièces de →Bertolt Brecht. En outre, il peut dès lors développer en Suisse romande un réseau de Tournées du CDR, dont s’occupe principalement →Claude Mariau. En une saison à peine, il marginalise les omniprésents spectacles des tournées parisiennes. Il poursuit son activité de metteur en scène en créant notamment des textes d’auteurs comme →Henri Debluë, →Pierre-Louis Matthey, et monte avec une particulière acuité La Mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller (1965). Il réalise surtout avec le CDR nombre de pièces de →Max Frisch et de →Friedrich Dürrenmatt, répertoire de première grandeur et engagé. Du premier, il crée en français Monsieur Bonhomme et les Incendiaires alors qu’il est encore aux Faux-Nez (17.9.1959), pièce qu’il reprend souvent (1960-61, 1964, 1967-68). Il présente de même Andorra (19.3.1963) et La Muraille de Chine (12.4.1967), donnant aussi Don Juan ou l’Amour de la géométrie (1960). De Dürrenmatt, il met en scène Romulus le Grand (1960), La Visite de la vieille dame (1961) et crée en français Les Physiciens (11.12.1962) puis Hercule et les écuries d’Augias (24.10.1964). Son principal décorateur de cette période est →Jean Monod qui signe d’ailleurs à lui seul près de la moitié des décors du CDR (1960-69). Pour l’Exposition nationale suisse de Lausanne en 1964 (Expo 64), il réalise avec une équipe de sociologues une enquête nationale intitulée Un jour en Suisse, qui doit mener à un premier sondage d’opinion helvétique, finalement interdit par les autorités fédérales. Par ailleurs commissaire théâtral de l’Expo 64, il accueille de mai à octobre 1964 de nombreux spectacles représentatifs de l’activité théâtrale de toute la Suisse, dont trente-deux sont donnés sur la scène du →Théâtre de Vidy construit pour l’occasion. À la suite d’une campagne de presse, il parvient à éviter la démolition programmée de cette salle de 400 places, à l’équipement moderne, l’emploie d’abord comme lieu de répétition du TML, y aménage plus tard des locaux administratifs puis, en 1972, l’institution devenue →Centre Dramatique de Lausanne (CDL) y installe toutes ses activités. À partir de 1968/69, il s’intéresse davantage à un répertoire de contestation plus immédiate et développe aussi durant cette période tout un travail en faveur du jeune public, fondant en 1972 l’→ASTEJ qu’il préside ensuite (1973-78). Son principal décorateur pour cette époque est →Nicolas Suba. Quittant le CDL en 1975, A. met en scène quatre grandes célébrations populaires, dont la →Fête des Vignerons, Vevey VD de 1977, sur un livret d’Henri Debluë, une musique de →Jean Balissat, un dispositif scénique, des costumes et accessoires de Jean Monod (30.7.1977). Il rend compte de sa pratique des grands spectacles dans Travail théâtral populaire (1980). Pour René Creux à Paudex aux éditions Fontainemore, il publie en 1977 Les Douze Mois de l’année vigneronne, récit de veillée, et il écrit Le Cep et la Rose, histoire et mythe de la Fête des Vignerons, puis Deux imagiers du Pays-d’Enhaut (1977 et 1978). Président d’honneur de l’ASTEJ, il est vice-président de la →Société suisse du théâtre (1963-82) et secrétaire du →Centre Suisse ITI. Il reçoit l’→Anneau Hans-Reinhart 1968.

Bibliographie

  • Joël Aguet, C. A., cris et écrits, textes sur le théâtre (1944-1982), Lausanne, Payot, 1990, avec bibliographie.
  • Daniel Jeannet, "Le roman-feuilleton des Faux-Nez", in Construire, Lausanne no 42-45, octobre-novembre 1980, édité sous le titre C.A., théâtreux vaudois, Vevey, L’Aire, 1999.

Archives

  • Archives de la Ville de Lausanne.


Auteur: Joël Aguet



Source:

Aguet, Joël: Charles Apothéloz, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 57–59.

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