Daniel W. Fillion

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*  26.11.1912 Genève, †  8.5.1999 Les Cullayes VD. Prénom officiel, William. Père de →Gilles Thibault.

Il joue sous le nom de Willy pour le →Théâtre prolétarien de Genève (1930-36), prend au →Conservatoire de Genève les cours de →Carmen d’Assilva (1936), puis de →Jean Bard et commence à travailler avec lui sous le pseudonyme de Chaïgane, interprétant Mitifio dans L’Arlésienne de Bizet que dirige →Samuel Baud-Bovy au →Grand Théâtre de Genève, Genève GE (1937). Il assure la régie et tient le rôle de Don Quichotte dans Aller sans retour de Charles Durivaux mis en scène par Pierre Valde, premier spectacle du Théâtre du Temps à Genève en janvier 1938. À Paris, il entre à l’école de Charles Dullin (1938/39) où il participe au spectacle qu’y monte Jean-Louis Barrault composé de La Faim de Knut Hamsun et du Hamlet de Jules Laforgue en avril 1939. Il affirme durant toute cette période un jeu sobre, porté par une grande vérité de l’interprétation et développe un travail précis, faisant montre d’une autorité naturelle qui lui vaut de nombreux grands rôles. À Genève lorsque vient la guerre, il regroupe une jeune équipe à l’enseigne de l’Équipage et réalise avec elle sa première mise en scène pour Le Paquebot Tenacity de Vildrac (1940-46), où il joue le vieil Hidoux. Il poursuit cette activité jusqu’à la fin des années quarante. À la →Comédie de Genève, Genève GE, il joue en représentation pour la saison 1943/44 des rôles de jeunes premiers emportés comme le Fiancé dans Noces de sang de Lorca, avec Germaine Montero, ou volontiers extatiques comme Aliocha dans Les Frères Karamazov de Dostoïevski adapté par Copeau. Comme metteur en scène, il y crée Grand printemps, première pièce de →Paul Lambert (1.5.1944). De 1944 à 1951, il participe à cinq réalisations du Théâtre du Château à Lausanne que monte →Paul Pasquier avec →Marguerite Cavadaski, dont La Nuit des Rois où il est un remarquable Maître Tobie (1950). Au printemps 1945 avec la Compagnie →Jean Hort, il joue Florent dans La Sauvage d’Anouilh et le journaliste Hovstad dans Un ennemi du peuple d’Ibsen. Avec la Compagnie des acteurs du Radio-théâtre de Lausanne, il est Heathcliff dans Les Hauteurs tourmentées d’Andrée Béart-Arosa d’après Emily Brontë, mis en scène par André Béart (1950/51). Aux →Arènes d’Avenches, il met en scène Antigone d’Anouilh, où il joue Créon (1954), et Montserrat de Roblès en tenant aussi le rôle d’Izquierdo (1955). Au →Théâtre Municipal de Lausanne pour Pasquier, il tient le rôle de Créon à une reprise d’Œdipe roi de Sophocle (1955) et du Landamann de Schwyz pour la création en français de Terre sans Ciel de →Cäsar von Arx (9.4.1957). À Mézières au →Théâtre du Jorat, Mézières VD, il joue dans huit productions dès Le Buisson ardent de →Géo H. Blanc que met en scène Jean Davy (31.5.1958), étant le roi Philippe II dans Justice du roi de Jean Bovey (1.6.1963), Mainfroy le mauvais frère dans Aliénor de →René Morax (1965), le Diable dans l’Histoire du Soldat de →Charles Ferdinand Ramuz et Strawinsky, réalisé par Jean Meyer de la Comédie-Française (1967). À la Comédie de Genève dès la fin des années cinquante, il joue dans une vingtaine de réalisations, et notamment dans Le Prince travesti de Marivaux que présente →André Talmès où il est le roi de Castille (1961) et celles faites en commun avec le Théâtre des Célestins de Lyon: Goetz de Berlichingen de Goethe, adapté en français par Jean Kiehl et mis en scène par Charles Gantillon où il tient le rôle de Sickingen (1962) puis dans Sainte Jeanne de G. B. Shaw, que réalise Pierre Valde, où il est Robert de Baudricout (1963). Au →CDR - Centre Dramatique Romand, il est le Prince de Vérone dans Roméo et Juliette de Shakespeare (1961), l’Adjudant de gendarmerie dans La Visite de la vieille dame de →Friedrich Dürrenmatt (1962) et le baron Burleigh dans Marie Stuart de Schiller (1965), trois mises en scène de →Charles Apothéloz. Il est aussi Garcin dans Huis clos de Sartre monté par →Pierre Walker (1961/62). Il parcours la France et l’Allemagne avec Jean Davy qui présente L’Alouette d’Anouilh, Chatterton de Vigny, La Reine morte de Montherlant (1964-66). Il joue Moore, avocat de Vanzetti, dans Éclatant soleil de l’injustice de →Walter Weideli créé par →William Jacques à la Comédie de Genève (25.3.1968). Avec les →Artistes Associés de Lausanne, il tient une dizaine de rôles, notamment celui du Comte Almaviva dans Le Mariage de Figaro de Beaumarchais que monte Paul Pasquier (1969) et il met en scène La Reine morte de Montherlant où il est Ferrante, roi du Portugal (1970). Il participe encore à trois grandes réalisations dans les Arènes d’Avenches: il crée le rôle du Grand Prêtre dans Les Cérémonies de l’aube de Carlos Fuentès présentées par →Michel Grobéty (1.7.1983), celui du Roi Hugues dans La Reine Berthe de Roger Barilier (23.7.1976) et tient le rôle-titre dans Davel de Maurice Constançon (1978), deux spectacles montés par →Gil Pidoux. Avec le →Centre Dramatique de Lausanne, il joue le Père Mahon dans Le Baladin du Monde occidental de Synge (1985), puis l’Archevêque dans Becket ou l’Honneur de Dieu d’Anouilh (1988), deux mises en scène de →Pierre Bauer. Il réalise au →Théâtre du Vieux-Quartier à Montreux Lettre d’une Inconnue d’Alain Laurent avec →Rita Gay (1987) et paraît encore à la Comédie de Genève sous la direction de →Claude Stratz dans Chacun à son idée de Pirandello (1990) et dans L’Otage de Claudel, où il joue le pape Pie (1991). Il crée encore le personnage du Très vieil homme dans Commerce gourmand de Jean-Marie Piemme que met en scène Philippe Sireuil, d’abord à la Rose des Vents de Villeneuve-d’Ascq (11.1.1991). Pour le cinéma, il tourne sous la direction de Jacques Feyder dans Une femme disparaît en 1942, puis dans Maturareise (Jeunes filles d’aujourd’hui) en 1943. Il est speaker du Ciné-Journal suisse, à Cinégrame, puis pour les British News. Après la guerre, il apparaît dans Les Jeux sont faits (1947) et Aux yeux du souvenir (1948) de Jean Delannoy. Pour la télévision, il joue dans une dizaine de séries ou de téléfilms, notamment sous la direction de Louis Grospierre dans Les Enfants des autres où il est le grand-père (1974) et dans Le Village englouti où il est Senot (1976) ; il interprète aussi M. Viret dans L’Ogre de barbarie (1982) de Pierre Matteuzzi. À Radio-Lausanne dès 1943, il reste durant longtemps le speaker de l’aube, imposant sa voix chaude et réconfortante, et mène une intense activité pour le théâtre à Radio-Lausanne. Il enseigne dès 1970 à l’→ÉRAD pour l’interprétation et la radio. Il est président du →Syndicat suisse romand du spectacle en 1962.



Auteur: Joël Aguet



Source:

Aguet, Joël: Daniel W. Fillion, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 590–592. voir figure p. 591.