Ernest Fournier

Aus Theaterlexikon
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*  27.5.1875 Genève, †  9.12.1937 Genève. Père de →Camille Fournier, comédienne.

Après des études au Collège de Genève qu’il termine au Lycée d’Annecy, F. part pour Paris où il entre au Conservatoire, au titre d’étranger, et choisit pour maître Maurice de Féraudy et Charles Le Bargy, tous deux sociétaires de la Comédie-Française. Il fait durant six ans des tournées en France et revient à Genève où il organise des spectacles classiques avec la collaboration du Cercle des Arts et des Lettres. Il fait partie durant une saison de la troupe de comédie du →Grand Théâtre (1902/03) et met en scène les spectacles de la →Société genevoise des Amis de l’instruction. Il tourne ensuite à nouveau comme comédien en France, devient directeur du Théâtre de Nice, puis de celui de Luchon. Il fonde alors une troupe de théâtre à Genève, →La Comédie, et loue pour elle la →Salle communale de Plainpalais (aujourd’hui →Théâtre Pitoëff) durant trois ans (1.12.1909-23.1.1913), avant d’inaugurer son propre théâtre (24.1.1913), qu’il fait construire au boulevard des Philosophes avec le soutien du mouvement pour l’→Art social. Son répertoire est d’abord celui des auteurs de la bonne littérature dramatique française de son temps et il institue par ailleurs des matinées classiques hebdomadaires. Il donne la priorité aux œuvres que Paris vient de consacrer, et applique un style de jeu classique. Son choix d’œuvres de qualité est aussi parsemé de pièces divertissantes pour redresser des finances qui vont de plus en plus mal. Une Société auxiliaire appuie les tentatives les plus audacieuses et financièrement risquées pour son théâtre, dont les créations d’auteurs suisses comme Icare d’André Oltramare et Guillaume Henry (28.3.1916), Guillaume le Fou de →Fernand Chavannes avec Jacques Copeau dans le rôle-titre et des décors de →René Auberjonois (3.6.1916). En 1915, il donne aussi sa chance à un jeune comédien russe à la prononciation impossible, →Georges Pitoëff qu’il engage pour jouer Eylert Lövborg dans Hedda Gabler d’Ibsen. Dès le milieu des années vingt et dans le courant des années trente, on retient parmi les auteurs régulièrement créés là →René-Louis Piachaud, Georges Oltramare, Henri Mugnier, le Français Gaston Sorbets. Les conditions d’exploitation, encore entièrement privées, sont exténuantes: il doit changer d’affiche chaque semaine, sans compter la représentation classique tous les jeudis; il reste pendant un quart de siècle fidèle à son projet de former et d’élever le goût du public, mais il lui consacre la fortune que son père lui a léguée, et y laisse sa santé.



Auteur: Joël Aguet



Source:

Aguet, Joël: Ernest Fournier, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 619–620, voir figure p. 619.

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