Fernand Chavannes

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* 15.8.1868 Lausanne VD, †17.3.1936 Paris.

Après un doctorat de philologie classique à Berlin (1891), C. enseigne l’allemand au Collège et au Gymnase de Lausanne (1892-1896), où il a →Charles Ferdinand Ramuz comme élève. Il écrit déjà, mais ne publie guère. Puis il se rend à Paris, se rapproche du théâtre et suit notamment les réalisations naturalistes d’André Antoine. Ayant suivi des cours d’arboriculture, il acquiert en 1905 un jardin au-dessus du vieux village de Pully et rêve de cultiver son verger la journée et son style le soir, la volonté d’un retour à la terre établissant la métaphore vive d’un art cultivé à partir de l’élémentaire. Dans les cahiers retrouvés de son Journal (1903-09), on assiste au lent travail de maturation d’un langage et d’une pensée dramaturgiques originaux. Son écriture théâtrale suggère le geste sans l’imposer, esquissant des personnages en à-plat, au centre desquels paraît celui qui tente d’échapper aux déterminismes sociaux de son milieu. Prenant part à l’élaboration des Cahiers vaudois dès 1913, il fait partie de ce groupement artistique propice, support éditorial de ses premières pièces et de quelques nouvelles. Dans Le Mystère d’Abraham d’abord, créé dans l’église de Pully (2.3.1916), il retrouve la force d’évocation des premiers jeux médiévaux et imagine un Lecteur dont Ramuz s’inspirera pour l’→Histoire du Soldat. Trois mois plus tard, il crée Guillaume le Fou à la →Comédie de Genève, Genève GE, avec le concours de Jacques Copeau et la collaboration de →René Auberjonois, d’Alexandre Blanchet et de Jean-Louis Gampert pour les décors et les costumes (3.6.1916); ce Guillaume Tell, assassiné au dernier acte par les Suisses eux-mêmes, réinvestit en pleine Première Guerre mondiale le mythe fondateur de la patrie pour le détourner en rite sacrificiel. L’auteur bénéficie ensuite de la présence à Genève de →Georges et Ludmilla Pitoëff; ceux-ci créent (12.3.1918) deux de ses pièces Halte au village et La Vénus du lac qu’il fond pour l’édition en une seule, Musique de Tambour (1919), histoire d’une bourgade accueillant une troupe de soldats, parade comique en trois actes au découpage d’une audace quasi-cinématographique. Il développe encore le thème de la communauté aux prises avec ses propres­ démons dans Bourg-Saint-Maurice, village de montagne dont la structure sociale est celle d’une ruche – créé par les Pitoëff dans un décor de →Gaston Faravel (27.10.1920) –, puis dans Vendanges! Vendanges! réalisé (12.12.1928) et publié par les Bellettriens lausannois.

Bibliographie

  • F. C. 1868-1936, Lausanne, Études de Lettres no 3-4, 1970.
  • Doris Jakubec, "Postface", in F. C., Théâtre, Lausanne, Payot, "Bibliothèque romande", 1973.
  • Corinne Giroud, "Pour l’amour du rythme – Guillaume le Fou de F. C.", in La Licorne no 16, Université de Poitiers, 1989.


Auteur: Joël Aguet



Source:

Aguet, Joël: Fernand Chavannes, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 374.

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