Géo H. Blanc

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*  3.3.1908 Vevey VD, † 24.8.1991 Cully VD. Pour l’état civil Henri Georges B.

Après avoir enseigné dans un internat genevois, B. s’installe à Paris, où il se marie et tente sa chance dans diverses affaires. La crise des années trente le ramène en Suisse. Il trouve un poste d’instituteur à Grandvaux et commence alors à écrire des nouvelles, fait paraître deux recueils de poésies, un roman, Meillerie (1941) et des pièces de théâtre. En 1943, il décide de vivre de sa plume. Dès lors il fournit, principalement pour la radio, plus d’une centaine d’œuvres originales et d’adaptations, dont plusieurs sont reprises dans toute l’Europe et au Canada. De 1950 à 1973, il dirige le département dramatique de Radio-Lausanne, puis de la Radio Suisse Romande qui déploie alors une intense activité de création, dont bénéficient les auteurs et les comédiens romands. Comme auteur, il renouvelle dès ses premiers textes le théâtre à thèmes ruraux. Ainsi Adrien montre un couple émouvant de petits paysans sans descendance, vivant d’illusions. La pièce obtient le premier prix de Suisse romande (1940/41), puis elle est diffusée par Radio-Lausanne (15.11.1941), créée à la scène par le Cercle théâtral et littéraire de Lausanne (7.10.1942), publiée par Le Mois théâtral de décembre 1942 et reprise par la →Comédie de Genève, Genève GE (1943). Le Visiteur, où des clochards fêtent à leur manière la Nativité, est créé en juin 1945 au →Théâtre Municipal de Lausanne, et souvent repris. Avec La Mort et le Triangle solo, pièce créée par →Charles Apothéloz aux →Faux-Nez (16.6.1954), B. signe une comédie hilarante et pathétique sur l’intégration in extremis d’un marginal qui partira accompagné de deux fanfares. Créé et édité par les Faux-Nez (18.12.1957), son Noël dans la rue montre un jeune couple d’immigrés en Suisse romande, que personne ne veut accueillir, comme jadis à Bethléem. En 1951, il est désigné pour écrire le scénario et le livret de la →Fête des Vignerons de Vevey 1955, dont la musique est composée par →Carlo Hemmerling et le spectacle mis en scène par →Oscar Éberlé. À la suite de ce travail prestigieux, il est appelé à écrire le livret de nombreuses œuvres lyriques, dont plusieurs cantates et oratorios pour Hemmerling, →Robert Mermoud et →Jean Balissat. Il donne aussi au →Théâtre du Jorat, Mézières VD Le Buisson ardent qui, avec une musique d’→Heinrich Sutermeister, présente avec force l’émancipation de tout un peuple (31.5.1958). Il écrit aussi pour d’autres grandes scènes, par exemple Le Gardien vigilant, comédie musicale d’après Cervantès, musique de →Hans Haug, et adapte Peines d’amour perdues de Shakespeare, créé au Théâtre des Célestins de Lyon, en janvier 1963, puis présentée à la Comédie de Genève. Pour la célébration du 700e anniversaire de la Cathédrale de Lausanne, il écrit le livret de La Pierre et l’Esprit mis en scène par Charles Apothéloz sur une musique de →Julien-François Zbinden (4.10.1975). Une vingtaine de ses textes dramatiques sont publiés, comme une demi-douzaine de livrets d’œuvres musicales. Sur le tard chroniqueur de théâtre et d’opéra pour la Nouvelle Revue de Lausanne (1973-85), il est surtout l’un des seuls auteurs romands à passer le cap des années cinquante, sans doute parce que son œuvre évolue en même temps que la société qu’elle observe avec compassion et lucidité. Il est fait Chevalier des palmes académiques (1953) et reçoit le prix de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (1960).



Auteur: Joël Aguet



Source:

Aguet, Joël: Géo H. Blanc, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 216–217.

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