Gérard Carrat

Aus Theaterlexikon
Wechseln zu: Navigation, Suche

* 22.7.1931 Genève, † 30.4.1999 Genève. Frère de →Josette Chanel, beau-frère de →Richard Vachoux, père de Philippe C., comédien.

Diplômé en 1955 du →Conservatoire de Genève, classe de →Greta Prozor, C. débute en 1955 au →Théâtre de Poche dans L’important c’est d’être fidèle d’Oscar Wilde, que met en scène →William Jacques, puis travaille comme régisseur à la →Comédie de Genève, Genève GE et speaker à la Radio Suisse Romande (1957-67). Il anime avec Richard Vachoux le Théâtre poétique (1957-62) qui ouvre avec Victime du devoir d’Ionesco. De 1962 à 1975, tant que Richard Vachoux dirige le →Nouveau Théâtre de Poche (NTP), il est son collaborateur artistique et joue notamment pour lui Ubu dans Ubu roi de Jarry (1963), ou en 1966 Sganarelle dans Dom Juan de Molière, Ruzzante dans La Moschetta de Ruzzante, Garcin dans Huis clos de Sartre. Par ailleurs pour →Serge Nicoloff, il est aussi Titus dans Bérénice de Racine (1962). Au Poche, il met en scène Le Mariage de Monsieur Mississippi de →Friedrich Dürrenmatt (1964), sans cesser de jouer le genre de personnage plutôt carrés et puissants, d’une masse qu’on sent d’acier, comme Saint-Claude dans Mississippi. Il reprend cette pièce en 1967 au Poche, et tient encore le rôle-titre en 1979, dans une réalisation de Pierre Koralnik, à la Comédie de Genève et au →Théâtre de Vidy. Au cours de l’hiver 1967/68, il suit un stage auprès de Jean-Louis Barrault au Théâtre de l’Odéon, à Paris. Dès lors, il met en scène au moins une pièce par an, à commencer par Le Général inconnu et Le Cosmonaute agricole d’Obaldia au Poche (1968/69). À la Comédie, il réalise Les Frères Karamazov d’après Dostoïevski (1971), Un cas intéressant de Buzzati (1972), Le Satyre de la Villette d’Obaldia (1972), Ruy Blas d’Hugo (1974), Caligula de Camus (1977) et crée en français Le Météore de Dürrenmatt (18.2.1975). À la Comédie, il tient dès 1968 les rôles imposants d’Henry VIII dans Thomas More de Bolt (1968), Vanzetti dans Éclatant soleil de l’injustice de →Walter Weideli (25.3.1968), Goulot dans Monsieur Bonhomme et les Incendiaires de →Max Frisch (1973), trois réalisations de William Jacques. Sous la direction d’→André Steiger, il joue entre autres Orgon dans Un Tartuffe de Molière au Festival de la Cité 1971, à Genève. À la Comédie en 1976, Richard Vachoux lui confie le rôle d’Alfred Ill dans La Visite de la vieille dame de Dürrenmatt et en 1978, André Steiger celui d’Harpagon dans L’Avare de Molière, spectacles présentés aussi au →Centre Dramatique de Lausanne (CDL). Peu après, il monte à Mézières la pièce d’Henri-Charles Tauxe Le Chevalier de Grandson (3.6.1978) dans laquelle il joue Amédée VII. Dans la première mise en scène de →Claude Stratz à la Comédie, il a aussi un rôle d’autorité, celui de Frédéric Guillaume dans Le Prince de Hombourg de Kleist (1980). Nommé directeur du NTP, il encourage la création de plusieurs textes de nouveaux auteurs, comme Marie impie de Denise Gouverneur (11.11.1976) et Douze face à moi de →Jacques Probst (29.3.1976), mettant lui-même en scène Portrait sans mémoire de Bernard Falciola (15.1.1979); il conduit aussi le déménagement temporaire du Poche au →Théâtre Pitoëff, Genève GE (1981-84). Durant sa direction (1975-84), il tient notamment les rôles de George dans Qui a peur de Virginia Woolf? d’Albee réalisé par André Steiger et →Martine Paschoud (1976), de Lennie dans Des souris et des hommes de Steinbeck que met en scène →François Germond (1977) et le rôle-titre dans Knock de Jules Romains présenté par Steiger (1983). Ensuite, il joue principalement au CDL (1985-89) puis au →Théâtre de Carouge-Atelier de Genève, Carouge GE, où son dernier rôle est celui du terrible Homodei dans Angelo tyran de Padoue de Victor Hugo que réalise →Georges Wod. Il préside le →Syndicat suisse romand du spectacle (1969-74). Il enseigne au Conservatoire de Genève (1970-95). En septembre 1999, son nom est donné à la petite salle du Théâtre de Carouge-Atelier de Genève, au 57 de la rue Ancienne.



Autrice: Nadia Ricou



Source:

Ricou, Nadia: Gérard Carrat, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 347–348.

Normdaten