Giorgio Strehler

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* 14.8.1921 Barcola (I), † 25.12.1997 Lugano TI.

Diplômé de l’Accademia dei Filodrammatici (1940), S. est d’abord comédien dans des groupes universitaires itinérants. En raison de son activité de résistant à Milan, il est obligé de passer en Suisse en 1943, où il est interné dans le camp de Mürren BE. Avec et pour d’autres réfugiés, il y monte trois pièces en un acte de Pirandello, La Fleur à la bouche (qu’il avait déjà présentée à Novare), L’Imbécile et Le Diplôme. Transféré à Genève en 1944, il suit les cours de →Jean Bard au →Conservatoire. Sous le pseudonyme de Georges Firmy (nom de sa grand-mère maternelle), il fonde avec Claude Maritz la Compagnie des Masques, et met en scène à la →Comédie de Genève Meurtre dans la cathédrale de T. S. Eliot, en avril 1945, et deux mois plus tard, il y crée Caligula d’Albert Camus (27.6.1945) avec notamment →Georges Milhaud et →André Faure. Pendant la préparation du spectacle suivant, Notre petite ville de Thornton Wilder, la guerre s’achève et il rentre en Italie, où il devient critique théâtral du Momento Sera et met en scène dix spectacles en deux ans. En mai 1947, il fonde à Milan avec Paolo Grassi le Piccolo Teatro, monte Les Bas-fonds de Gorki, puis Arlequin, serviteur de deux maîtres de Goldoni, texte qui devient emblématique de son art et dont il va proposer sept mises en scène différentes jusqu’en 1997, présentées en de longues tournées internationales. Il réalise la même année Les Géants de la montagne de Pirandello (texte qu’il reprend en 1966 et en 1994). De 1947 à 1955, il monte jusqu’à dix spectacles par année. Dès 1955, il promeut un théâtre réaliste et épique inspiré de l’œuvre de →Bertolt Brecht dont il met alors en scène La Bonne Âme de Se-Tchouan (1958; texte repris en 1981 et en 1996) et La Vie de Galilée (1963). Il réalise aussi notamment La Cerisaie de Tchekhov (1955, 1974) et Barouf à Chioggia de Goldoni (1964). Il quitte le Piccolo Teatro en 1968 pour fonder la Coopérative Teatro Azione et y revient en 1972, lorsque Grassi part pour la Scala. Il met alors surtout en scène Shakespeare – Le Roi Lear (1972), La Tempête (1978) –, et Brecht, offrant de nouvelles réalisations de L’Opéra de quat’sous (1973) et de La Bonne Âme de Se-Tchouan (1981). Il monte aussi de grands opéras — principalement à la Scala de Milan, au Maggio Musicale Fiorentino, et à Salzbourg – notamment La Traviata (1947), Macbeth (1975), Falstaff (1980), de Verdi. À Paris, il est le premier directeur du Théâtre de l’Europe, installé à l’Odéon (1983-88). Il y présente l’Illusion comique de Corneille (1984), entre autres. En 1992, à Milan, il réalise Faust de Goethe dans le nouveau Teatro Studio bâti selon les plans de Marco Zamuso qui prévoient de l’inclure dans une città del teatro, fabbrice delle arti, avec deux scènes et une école (ouverte en 1987). Deux de ses livres d’entretiens sont traduits en français Un théâtre pour la vie (Paris, 1980) et Une vie pour le théâtre, (Paris, 1989); ses Lettere sul teatro ont été réunies et publiées par Stella Casiraghi (Milan, 2000).

Bibliographie

  • Fabio Battistini, G. S., Roma, 1980.
  • Claudio Meldolesi, Fondamenti del teatro italiano: la generazione dei registi, Florence, 1984.
  • Théâtre en Europe n° 4, 1984 et n° 18, 1988.
  • Bernard Dort, Théâtres, Paris, 1986.
  • Odette Aslan et al., S., Les Voies de la création théâtrale, vol. XVI, Paris, CNRS, 1989.


Autrice: Françoise Dubor



Source:

Dubor, Françoise: Giorgio Strehler, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 3, p. 1767–1768.

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