Gustave Doret

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*  20.9.1866 Aigle VD, †  19.4.1943 Lausanne VD.

Durant ses études à Aigle et à Lausanne, D. travaille la musique avec Justin Bischoff et Rudolf Herfurth, puis avec →Hugo de Senger. À la Hochschule für Musik de Berlin, il étudie le violon, les branches théoriques et la musique d’ensemble sous la férule de Joseph Joachim (1885-87), puis il est admis au Conservatoire de Paris où il travaille le violon avec Martin Marsick, et surtout la composition avec Jules Massenet. En 1892, il fait ses débuts de chef d’orchestre en conduisant un concert de musique française contemporaine à Genève, et dirige ensuite l’orchestre des concerts d’Harcourt à Paris avec lequel il crée le Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy (1894). Comme compositeur, il débute par diverses mélodies et un oratorio, Les Sept Paroles du Christ (1895), dans lequel il révèle ses dispositions de compositeur dramatique. On lui confie la direction des concerts symphoniques de l’Exposition nationale suisse 1896 à Genève puis, surtout, il est chargé d’écrire la musique de la →Fête des Vignerons de 1905. Ses dons mélodiques ainsi que son sens de la dramaturgie lui permettent de réaliser une partition remarquablement conçue, dont plusieurs chants entrent dans le patrimoine choral romand. À Paris, le Théâtre national de l’Opéra-Comique crée Les Armaillis, drame lyrique en deux actes sur un texte de →Daniel Baud-Bovy (13.11.1906), œuvre fréquemment reprise qui lui vaut le poste de directeur de la musique de l’Opéra-Comique pour la saison 1907/08. Pour André Antoine, il écrit la musique de Vieil Heidelberg de Wilhelm Meyer-Förster présenté au Théâtre Antoine de janvier à mars 1906, et celle de Jules César de Shakespeare donné cinquante-six fois au Théâtre de l’Odéon (1907/08). Pour →René Morax, auteur du livret de la Fête des Vignerons de 1905, il compose en 1908 les chœurs d’Henriette, premier spectacle donné sur la scène du →Théâtre du Jorat, à Mézières, puis ceux d’Aliénor (1910), spectacle qui consacre la réputation de leur collaboration. Écrite pour quelques solistes, chœur et petit ensemble instrumental, la partition obtient, parallèlement à la pièce, un succès considérable et l’œuvre est souvent reprise en Suisse romande. Après avoir été la cheville ouvrière des mémorables représentations d’Orphée de Gluck en 1911, dont il assure la direction musicale, D. compose les musiques de scène de plusieurs pièces de Morax, en particulier pour le Théâtre du Jorat: La Nuit des quatre-temps (1912), Tell (1914), Davel (1923), La Terre et l’Eau (1933), et surtout La Servante d’Evolène (1937 et 1939). Il se voit confier pour la seconde fois la composition d’une Fête des Vignerons, celle de 1927, dont plusieurs choeurs et la Chanson du petit chevrier nourrissent à nouveau durablement le répertoire choral romand. Il a publié souvenirs et critiques dans Musique et Musiciens (1915) et Temps et Contretemps (1942).

Bibliographie

  • Jean-Louis Matthey, Pio Pellizzari, G. D.: catalogue, Bibliothèque cantonale et universitaire, Lausanne, 1990.


Auteur: Jacques Tchamkerten



Source:

Tchamkerten, Jacques: Gustave Doret, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 478.