Henri Debluë

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*  3.9.1924 Montreux VD, †  13.10.1988 Montreux VD. Oncle de François D., librettiste de la →Fête des Vignerons de Vevey 1999.

Après des études de lettres à Lausanne (1945-50), D. enseigne le français au Collège de Montreux (1959-77), puis à l’École normale de l’Est vaudois, à Burier (1977-86). Il est l’un des fondateurs de la revue Rencontre, à Lausanne, et dirige durant sa brève et féconde existence (dix-huit numéros) ce bimestriel de critique littéraire engagée, auquel collaborent notamment Georges Haldas, Michel Dentan, Yves Velan, →Walter Weideli (1950-53). Il signe avec Jean Messmer une verte adaptation de la comédie d’Aristophane Lysistrata, publiée par les éditions Rencontre (1951), et la fait représenter dans le cadre de Belles-Lettres de Lausanne (20.6.1958). Il donne ensuite Force de loi, que →Charles Apothéloz crée avec les →Faux-Nez au Théâtre Municipal de Lausanne (14.5.1959). Éditée aussitôt par La Cité (L’Âge d’homme) à Lausanne, cette œuvre traite à partir d’un cas suisse de l’exercice de la justice et de la peine de mort; elle connait plusieurs reprises, à Paris et en Suisse romande. Il propose ensuite Le Procès de la truie au →Théâtre Populaire Romand (TPR) de →Charles Joris, qui la crée au Théâtre du Casino de Montreux (27.3.1962), avant de tourner en Suisse et en France cette rusée farce populaire qui oppose le droit et la faim. Il se consacre alors à sa thèse sur les romans de Georges Bernanos (Neuchâtel, La Baconnière, 1965), mais pour l’ouverture du →Théâtre du Vieux-Quartier de Montreux, il écrit Tepek, comédie-farce du développement économique créée là par André Resplendino (juillet 1964). Avec L’Alter Ego, il s’essaie à une périlleuse quête d’identité hésitant entre théâtre de l’absurde et interrogations politiques: Apothéloz la met en scène à Montreux (18.6.1966), puis un an après aux Faux-Nez dans une version remaniée et publiée (Rencontre, “Sur scène”, [1967]). Désigné ensuite pour concevoir le plan et le poème de la Fête des Vignerons de Vevey 1977, il ajoute au cycle des quatre saisons une cinquième partie, le Renouveau, qui inscrit la thématique traditionnelle, païenne et nationale, de la Fête dans une symbolique chrétienne de la Résurrection. Il retrouve à cette occasion Apothéloz, metteur en scène de l’événement (30.7.1977) qui rassemble un demi-million de spectateurs en une quinzaine de représentations et trois cortèges. L’année suivante, un nouveau projet les réunit, avec à nouveau →Jean Monod pour la scénographie et →Jean Balissat pour la musique: La Passion de Job, drame à la langue lyrique sur l’injustice divine (Vevey, Bertil Galland, 1981). Il écrit encore pour la scène Lo Scex que plliau, c’est-à-dire le rocher-qui-pleure, tiré d’une légende locale et replacé dans un moyen âge mythique (Montreux, Corbaz, 1982), grand spectacle musical créé sous le Marché couvert de Montreux par →François Rochaix, avec les décors et les costumes de →Jean-Claude Maret et une musique de →Michel Hostettler (10.9.1982). Avec ce même compositeur, il réalise Petite saga de Brent pour le 500e anniversaire du village de Brent (1986). Issu de cette génération qui eut vingt ans pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’en rappelle dans son récit Et Saint-Gingolph brûlait (Vevey, Bertil Galland, 1977). Il a publié aussi deux récits: La Visite suivi de L’Insecte (Lausanne, Rencontre, 1971) et un roman de formation, en partie autobiographique, Les Cerises noires (Lausanne, 24 heures, 1988).



Auteur: Joël Aguet



Source:

Aguet, Joël: Henri Debluë, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 436.