Isabelle Villars

Aus Theaterlexikon
Wechseln zu: Navigation, Suche

* 8.7.1920 Genève, † 18.3.1996 Genève. Pseudo­nyme de Violette Pictet, fille cadette de Lucien Pictet, fabricant de la voiture suisse Pic-Pic (Picard-Pictet). ∞ 1956 →René Habib.

En 1943, V. entre à la →Comédie de Genève pour interpréter l’Infante de Navarre dans La Reine morte d’Henry de Montherlant que réalise →Maurice Jacquelin,­ et joue pour lui près de cent rôles jusqu’en 1959, principalement des femmes de tête comme Lucrèce dans Le Menteur de Corneille (1944), Armande dans Les Femmes savantes de Molière (1945, 1948, 1951, 1953, 1956), Julia dans Roméo et Jeannette d’Anouilh (1947), dont elle reprend le personnage de Jeannette l’année suivante. Elle exalte la sensualité de Philomène dans François des rocs de →Pierre Vallette (17.11.1949), Pia dans L’Île des chèvres d’Ugo Betti (1954), Irène dans 6e étage d’→Alfred Gehri (1955), Élena dans Oncle Vania de Tchekhov (1955), Mara dans L’Annonce faite à Marie de Paul Claudel (1957), Varia dans La Cerisaie de Tchekhov et MmeRivière dans Les Joyeuses Commères de Windsor de Shakespeare (1959). De même, elle incarne d’abord la Reine dans Ruy Blas d’Hugo et Catherine de Médicis dans L’Histoire de France de Guitry (1948), puis les amantes royales comme Inès de Castro dans La Reine morte d’Henry de Montherlant (1958) et Agnès Sorel dans L’Alouette d’Anouilh (1959). Au →Théâtre Municipal de Lausanne, elle joue en 1960 et 1961 sous la direction de →Charles Apothéloz, Milady dans Les Trois Mousquetaires de Dumas, la Celestina de Don Juan ou l’Amour de la géométrie de →Max Frisch, Rosaura dans La vie est un songe de Calderón. À nouveau pour la Comédie, dont →André Talmès a repris la direction, elle tient une trentaine de rôles dont celui de Clytemnestre dans Iphigénie à Aulis d’Euripide, version d’André Bonnard (1962), y crée la Patronne dans Smara de Paul Lambert (22.4.1965) et Mrs. Penbody dans Éclatant soleil de l’injustice de →Walter Weideli (25.3.1968), et commence à incarner des femmes âgées comme la reine Marguerite dans Le Roi se meurt de Ionesco (1969) ou Madame Pernelle dans Tartuffe de Molière (1971). À Genève, elle paraît aussi au →Nouveau Théâtre de Poche dans Marie impie de Denise Gouverneur que réalise →André Faure (1976) et dans Le Malentendu d’Albert Camus mis en scène par →Gisèle Sallin (1979) pour laquelle elle est aussi la Nourrice dans Medea de Jean Vauthier au Bout-du-Monde (1982). Elle commence à écrire en 1954, pour la Radio Suisse Romande, la biographie romancée d’Hippocrate, l’oracle de Cos, père de la médecine, suivie de dizaines d’autres. De 1957 à 1986, elle rédige deux cents pièces policières radiophoniques, pour la plupart des épisodes des Aventures de Roland Durtal, série lancée en 1946 par Marcel de Carlini et Georges Hoffmann. Elle est lauréate du prix radio-télévision décerné par la →SSA pour l’ensemble de son œuvre.



Auteur: Éric Eigenmann



Source:

Eigenmann, Éric: Isabelle Villars, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 3, p. 2009–2010, voir figure p. 2010.