Jacques Michel

Aus Theaterlexikon
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*  10.7.1946 Bienne BE.

M. commence des études de sociologie à l’Université de Lausanne et, après un bref passage à l’→ÉRAD (1966), il participe à la théâtrale de la société d’étudiants de Belles-Lettres Le Désir attrapé par la queue de Picasso que présente →Martine Paschoud (1967). Au →Centre Dramatique Romand, il tient ensuite plusieurs petits rôles, notamment sous la direction de →Charles Apothéloz dans La Vie de Galilée de →Bertolt Brecht (1967), dans America Hurrah de Jean-Claude van Itallie (12.3.1969), et il est le Jeune Premier dans Le Roi nu d’Evguéni Schwartz (8.1.1970). Avec le →Théâtre de l’Atelier à Genève, il crée le rôle du Grand-Prêtre dans Le Soleil foulé par les chevaux de Jorge Enrique Adoum adapté par →Michel Viala et mis en scène par →François Rochaix au parc des Bastions (14.7.1970), participe au Cabaret Viala (1970). Il joue au →Centre Dramatique de Lausanne (CDL) dans le montage Beaumarchais an I, ça ira! réalisé par →André Steiger (1971), avec lequel il participe à la fondation du →T’Act et figure dès lors dans l’ensemble des productions de cette compagnie autogérée (1974-76): il est notamment le Shérif dans Pour un dollar d’opéra de →Bernard Bengloan au CDL (21.10.1975) et Lui dans Les Retrouvailles d’Adamov au →Caveau (1980). Il se voit confier les premiers rôles, comme celui de Penthée dans Les Bacchantes d’Euripide dirigé par Stuart Seide au CDL (1980) ou ceux de Richard et de Bolinbroke, joués en alternance avec →Michel Kullmann, dans Richard II de Shakespeare monté par Rochaix au →Théâtre de Carouge (1980), ou encore celui de Platonov dans la pièce éponyme de Tchekhov (1980) et le juge Brack dans Hedda Gabler d’Ibsen (1981), deux réalisations de →Catherine Eger à la →Comédie de Genève. Sur cette scène, il tient aussi le rôle d’un énigmatique et pervers Satan dans Abraham sacrifiant de Théodore de Bèze présenté par →Hervé Loichemol (1983). Au CDL, il incarne des personnages cyniques comme Horst dans Bent de Martin Sherman pour →Pierre Bauer (1982) ou Lucifer dans Faust de Marlowe mis en scène par Stuart Seide (1982), avec lequel il joue aussi Ted dans Le Retour de Pinter au Centre dramatique de Rennes (1984) et crée le rôle du prévôt Decio dans Hôtel de l’homme sauvage de Jean-Pol Fargeau au Théâtre national de Chaillot (23.2.1985). Au →Nouveau Théâtre de Poche (NTP), Martine Paschoud lui donne des rôles d’hommes sévères et caustiques comme le Père dans Intrigue et Amour de Schiller (1985), le danseur professionnel Günther dans Visages connus sentiments mêlés de Botho Strauss (1.3.1988) ou l’officier Hallwax dans L’Heure bleue ou la Nuit des pirates de →Matthias Zschokke (15.1.1993). Au NTP, il crée pour →Michel Voïta Énée dans L’Énéide de Denis Guénoun (26.4.1988) et l’Homme dans Grandes espérances de Kathy Acker (14.11.1991). Avec →Matthias Lang­hoff, il est un esclave dans La Mission de Heiner Müller et le Marquis de Lansac dans Au perroquet vert de Schnitzler au Festival d’Avignon et au →Théâtre Vidy-Lausanne (1989). Il interprète ensuite l’Industriel dans Casimir et Caroline d’Horváth à la Comédie réalisé par →Jean-Louis Hourdin (1990). Il travaille sous la direction de Jean-Louis Martinelli au Théâtre national de Strasbourg (1995-96), et tient notamment le rôle de l’Inspecteur dans Roberto Zucco de Koltès (1995). Au →Théâtre Am Stram Gram, il joue pour →Dominique Catton Sir Tobie dans La Nuit des Rois de Shakespeare (1997), puis il crée le rôle du Capitaine Haddock dans Les Bijoux de la Castafiore d’Hergé (2001-04). Au NTP, il interprète le metteur en scène Nathan Goldring dans Toujours l’orage d’Enzo Cormann (1999) et le Procureur Klement dans Les Forts, les faibles de Jean-Marie Piemme (2000), deux mises en scène de →Philippe Morand. Puis il tient le rôle-titre dans Le Professionnel de Dusan Kovacevic monté par →Laurence Calame (26.2.2003). Avec →Sophie Gardaz, il met en scène Top dogs d’→Urs Widmer à →La Bâtie-Festival de Genève et en tournée (1998-2000), puis celle du montage collectif Sur le cul au Théâtre Vidy-Lausanne (2002). Au cinéma, il joue fréquemment des rôles de policier, comme pour Alain Tanner dans No man’s land (1985) et dans La Femme de Rose Hill (1989), ou de notables locaux comme le patron de bistrot dans Fourbi de Tanner (1996), Jean Bonzon dans La Guerre dans le Haut-Pays de Francis Reusser (1998) ou encore Milliquet dans La Beauté sur la terre d’Antoine Plantevin (2001), ces deux derniers tirés des romans de →Charles Ferdinand Ramuz. Dès 1998, il est président d’Action intermittents, qui défend un statut particulier pour les travailleurs du spectacle dans le cadre de la loi sur l’assurance-chômage.



Auteur: François Marin



Source:

Marin, François: Jacques Michel, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p. 1243–1244, voir figure p. 1243.