Jacques Roman

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*  1.7.1948 Dieulefit (F). Pour l’état civil Jacques Poissonnier.

Formé à Paris par Samson Fainsilber et Tania Balachova (1968), R. arrive en Suisse en 1970. Il mène d’abord un travail d’animation socioculturelle libertaire, notamment avec le Groupe Théâtre Animation de La Chaux-de-Fonds (1973-74) ou avec la Coopérative du Théâtre des Habitants dans la Broye (1978-80). Durant cette période, il donne seul en scène des textes comme Les Soliloques du pauvre de Jehan Rictus (1973), Rabio de Jörg Steiner sur la condition pénitentiaire (1974), Cessez de m’appeler grand-père d’→Anne Cuneo sur la vieillesse (1975). →André Steiger le fait entrer au →Centre Dramatique de Lausanne (CDL) en lui attribuant des rôles comiques dont celui de Bechut dans La Cagnotte de Labiche (1981). Au CDL, il tient le rôle de Belzébuth pour Stuart Seide dans Faust de Marlowe (1982). À la →Comédie de Genève, il est Laërte dans Hamlet de Shakespeare mis en scène par →Benno Besson (1983). Après avoir joué l’Amant dans Vera Baxter de Marguerite Duras réalisé par →Martine Paschoud au CDL (1983), il la suit au →Nouveau Théâtre de Poche (NTP) où il est pour elle Bazile dans Le Barbier de Séville de Beaumarchais (1986-88), puis crée en français le rôle de Dieter le fonctionnaire énigmatique de Visages connus sentiments mêlés de Botho Strauss (1.3.1988). Au NTP, il présente Le Navire Night de Duras (1985), Discours contre Dieu d’après Sade (1987) et y crée un de ses propres poèmes, Les Yeux pleins du crime (24.1.1986). Pour →Marcel Robert, il incarne le rusé Mosca dans Volpone de Ben Jonson sur la Terrasse Agrippa d’Aubigné (1985) et pour →Pierre Biner, il joue Joseph K. dans Le Procès de Peter Weiss produit par le Théâtre Saint-Gervais (1987). Au →Théâtre Vidy-Lausanne, il travaille ensuite sous la direction de →Matthias Langhoff (1989-91); il interprète le poète Rollin dans Au perroquet vert d’Arthur Schnitzler présenté d’abord au Festival d’Avignon 1989, puis Rosse le noble Écossais et Hécate la sorcière dans Macbeth de Shakespeare, donné en premier lieu à Paris au Théâtre national de Chaillot (1990); il est de même Délio dans La Duchesse de Malfi de Webster (1990) et Mr. Mulleady dans L’Otage de Brendan Behan (1991). Au →Petit Théâtre de Lausanne, il joue ensuite le Capitaine Crochet dans Peter Pan de James Mattew Barrie pour →Gérard Demierre et les rôles-titres dans Merlin l’Enchanteur (1993) et Knock de Jules Romains (1996), qu’adapte et réalise →Gérard Diggelmann. Au NTP, il a le rôle-titre, celui du pape, dans Elle de Genet que présente →Michel Barras (1992) et monte Thyeste de Sénèque (1994). Il renoue avec l’art du monologue pour Le Journal d’un chien d’Oskar Panizza au CDL (1984), Correspondance-fétiche d’Oscar Kokoschka à la →Salle Patiño (1988) et au Théâtre Vidy-Lausanne Poète des cendres de Pasolini (1995), Joséphine la Cantatrice de Kafka (1996) et Le Saut en parachute de Perec (2002). Il joue et met en scène régulièrement à l’→Arsenic (1996-2000) où sa compagnie, Narration & Cie, est en résidence (1998-2000). Il y monte notamment La Reconstitution de Bernard Noël (1997), Des pauvres et des cirques d’après Ernesto Sabato (1999) et Bleu de Thury de Malika Bey Durif (2000). Durant sa résidence, il présente plusieurs mises en lecture d’auteurs contemporains dont La Voix de Jacques Tati de Jean-André Fieschi (2000). À l’Arsenic, il interprète le rôle d’A. sous la direction de →François Marin dans Tamerlan de Michel Deutsch (1999). Au cinéma, il joue pour Dominique Maillet l’auteur dramatique Romain Coste dans Le Roi de Paris (1993) puis, pour Patrice Leconte, le Capitaine dans Ridicule (1995) et Maître Varinot dans Une chance sur deux (1998). Cette année-là, il se voit confier par Claude Champion le rôle d’Henri Monod dans Fin de siècle, et par François Christophe Marzal celui du détective Alex dans Attention (aux chiens). Il dirige des stages à la →SPAD (1983-97). Parallèlement à son travail théâtral, il publie, notamment chez Éliane Vernay (1983-98), une œuvre poétique importante. Dès 1974, il est fréquemment sollicité par la Radio Suisse Romande comme lecteur et réalisateur indépendant. Sa compagnie bénéficie d’un contrat de confiance de l’État de Vaud (1998-2001). Il obtient le grand prix Paul Gilson 1978 et le prix Édouard Rod 2000 pour L’Ouvrage de l’insomnie. Il est fait Chevalier de l’ordre des arts et lettres (14.7.1998).



Autrice: Rita Freda



Source:

Freda, Rita: Jacques Roman, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 3, p. 1518–1519, voir figure p. 1519.