Janine Charrat

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* 24.7.1924 Grenoble (F).

Élève de Jeanne Ronsay qui l’initie aux danses orientales, C. est choisie à l’âge de 12 ans par le cinéaste Jean-Benoît Lévy pour interpréter l’héroïne de La Mort du cygne (1936). Consacrée enfant prodige, elle devient l’élève de Lioubov Egorova et participe à de nombreux récitals de danse. Sa rencontre en 1941 avec Roland Petit est décisive. Ensemble, ils réalisent et interprètent de courts ballets grâce auxquels elle fait son apprentissage de chorégraphe. En 1945, elle réalise une première grande œuvre chorégraphique, Jeu de cartes, pour les Ballets des Champs-Élysées. En 1946, elle est engagée par le Nouveau Ballet de Monte-Carlo. Elle travaille au côté de Serge Lifar dont elle revendique l’héritage: Cressida (1947), créé pour Yvette Chauviré et elle-même, ou Concerto (1951) qui s’inscrit dans un registre résolument néo-classique, témoignent de cette influence. En 1948, elle danse Adame miroir, ballet dont l’argument est de Jean Genet et la musique de Darius Milhaud, imposant un style personnel dans un univers grave. Elle chorégraphie aussi Le Passage de l’Étoile de →Gilles au →Théâtre du Jorat, à Mézières (3.6.1950). En 1951, elle fonde sa propre école, les Ballets Janine Charrat dont le nom devient, dès 1955, Le Ballet de France. En 1953, elle montre une œuvre innovante, Les Algues, spectacle où se mêlent musique symphonique et musique concrète – laquelle est utilisée pour la première fois dans un ballet – projections lumineuses, textes parlés et danse, le tout traduisant la fuite de la réalité dans la folie, thème sombre et inhabituel pour le ballet de cette époque. En collaboration avec →Maurice Béjart, elle monte en 1961 Les Quatre Fils Aymon à Bruxelles. Grièvement brûlée la même année à la suite d’un accident sur un plateau de télévision française, elle prend ensuite la direction du Ballet du →Grand Théâtre de Genève, Genève GE (1962-64). Elle y monte Tu auras nom… Tristan (1963), d’après le roman de Joseph Bédier, où elle revient à la scène dans le rôle d’Iseult. En 1978, elle est nommée conseillère pour la danse au Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, où elle programme la jeune danse française et étrangère.

Bibliographie

  • Jacques Baril, J.C., la tentation de l’impossible, Paris, Michel Briant, 1964.
  • Michel Humbert, J.C., Antigone de la danse, Paris, Piazza, 1970.


Autrice: Anne Davier



Source:

Davier, Anne: Janine Charrat, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 372.

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