Jean-Claude Maret

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*  9.7.1941 Wettingen AG.

Après l’École des Beaux-Arts de Genève, en section de peinture, il réalise les décors du →Nouveau Théâtre de Poche (NTP) notamment conçus par →Serge Diakonoff, →Jean Monod (1963-64). Il signe ses premières scénographies à Genève pour le →Théâtre de l’Atelier avec Il est arrivé de Miodrag Bulatovic (19.10.1966) et Les Anabaptistes de →Friedrich Dürrenmatt au →Grand Théâtre (31.3.1969), deux mises en scène de Jorge Lavelli. À l’Atelier, il collabore aussi avec →Armen Godel et le plus souvent avec →François Rochaix, notamment pour un Cabaret Brecht (1967), Le Chant du fantoche lusitanien de Peter Weiss (26.4.1968), Le Soleil foulé par les chevaux de Jorge Enrique Adoum (14.7.1970). Il dessine d’un trait raffiné, précis et velouté, construisant des espaces à transformation, jouant volontiers sur différents niveaux de tréteaux. Il travaille alors à plusieurs créations de →Michel Viala: pour Le Bunker, il conçoit un mirador qui se déplie et révèle de multiples possibilités (24.2.1971), il aménage un dispositif de plein air pour Le Creux au Parc Trembley (8.7.1974), élabore comme cadre à Par Dieu qu’on me laisse rentrer chez moi une route tournant devant une pompe à essence (6.4.1979), et l’arrière-salle d’un vieux café pour Séance (8.10.1974), tenant toujours compte des couleurs et matières du sol où évoluent les comédiens. Il commence à travailler pour le Théâtre de Carouge dès 1970 en proposant un grand intérieur de violon rouge où se déroule Le Jardin aux betteraves de Dubillard que monte →Philippe Mentha au →Théâtre Pitoëff, puis pour sa première réalisation classique, Le Malade imaginaire de Molière présenté par →Guillaume Chenevière, un décor symétrique où le motif du carré, pour les encadrements, les colonnes, le carrelage en faux marbre, est si redondant qu’il en devient co­mique (1971). Il fonde ses espaces de jeu sur l’analyse précise des textes et dessine aussi le plus souvent les costumes, suivant de près leur confection, comme la construction des décors. Dans le nouveau →Théâtre de Carouge-Atelier de Genève, il crée en français avec Rochaix Baal de →Bertolt Brecht (20.6.1972); du même auteur, ils avaient déjà réalisé ensemble Dans la jungle des villes ­(1969) et montent encore Mère Courage et ses enfants (1976-77), La Résistible Ascension d’Arturo Ui (1976). Il propose quatre terrasses successives pour Le Bourgeois Schippel de Carl Sternheim agencées avec les mêmes éléments de garde-fou et de demi-escaliers, symboles d’une difficile ascension sociale (22.1.1974). Pour Sauvages de Christopher Hampton, les constructions rectangulaires des citadins glissent depuis les coulisses et viennent pério­diquement cacher la place du village amérindien et ses huttes (8.4.1975). Il montre l’arrière d’estrades politiques sur fond de grand ciel nuageux, où le siège du pouvoir est une machine à brasser de l’air pour Ubu roi de Jarry monté par →Michel Soutter (1976), et déploie un impressionnant dispositif de terre et de pierre pour Prométhée enchaîné d’Eschyle que viennent réaliser avec la troupe du Carouge Manfred Karge et →Matthias Langhoff dans un hangar de la Coulouvrenière (1978). Il commence alors une collaboration avec des metteurs en scène comme →Martine Paschoud, →Hervé Loichemol et travaille sur un opéra présenté par Pierre Barrat à l’Opéra du Rhin, à Strasbourg, Hippolyte et Aricie de Rameau (1974). Il dessine décors et costumes pour Le Tour d’écrou de Britten présenté en 1981 par Rochaix au Grand Théâtre de Genève, où il réalise ensuite avec lui sept opéras (1982-88) puis encore Nabucco de Verdi (1995); sous le marché couvert de Montreux, il travaille de même à Lo scex que plliau, légende musicale d’→Henri Debluë et →Michel Hostettler (10.9.1982), puis à la →Salle Patiño à Genève, il présente aussi l’→Histoire du Soldat de →Charles Ferdinand Ramuz et Strawinsky et, en création, Trois soldats d’→Yves Laplace et William Blank (5.4.1989). Dès 1981, il travaille en Norvège, d’abord avec Rochaix pour Den Nationale Scene (DNS) de Bergen, où il est associé ensuite avec plusieurs metteurs en scène norvégiens dont Kjetil Bang-Hansen. Dans le domaine lyrique, il travaille à l’Opéra de Lyon (1990), plusieurs fois pour l’→Opéra Décentralisé de Neuchâtel, au →Stadttheater de Lucerne (1983, 1987) et au →Stadttheater de Berne (1988, 1989) avec Rochaix. Il coopère avec lui aux États-Unis, à l’Opéra de Seattle (1989), à l’American Repertory Theatre de Cambridge (1996, 1997) et en Russie, où ils réalisent au Théâtre de la Satire à Moscou Victor ou les Enfants ou pouvoir de Vitrac (1993). Il signe à cette époque une demi-douzaine de scénographies pour →Bernard Meister, et notamment une petite maison en creux perchée à deux mètres de haut pour "Grosse et bête" de Rosemarie Büri au →Théâtre du Grütli (1992) et l’immense pente de pré s’enfonçant dans un salon de bonne maison pour Guillaume le Fou de →Fernand Chavannes au →Théâtre du Jorat à Mézières (1993). Au NTP, il monte entre autres avec Martine Paschoud Cendrillon de →Robert Walser (5.11.1991), L’Ambassadeur de →Thomas Hürlimann (18.1.1994), et commence avec elle à fréquenter l’œuvre de →Matthias Zschokke: L’Heure bleue au NTP (15.1.1993) et Les Alphabètes à la →Comédie de Genève (18.1.2000), La Commissaire chantante au NTP sous la conduite de l’auteur (10.4.2002), puis au Théâtre de Carouge L’Ami riche que met en scène →Michel Kullmann (2003). Il dessine surtout dès le milieu des années nonante avec Rochaix pour metteur en scène le plan des arènes, de tous les décors, éléments et accessoires pour la →Fête des Vignerons de Vevey 1999. Il est le scénographe du Spectacle d’ouverture d’Expo.02, joué simultanément sur quatre scènes à Neuchâtel, Bienne, Morat et Yverdon-les-Bains (14.5.2002). À Carouge à nouveau, il réalise les scénographies pour Copenhague de Michael Frayn (2003) et Les Physiciens de Dürrenmatt (2005), tout en signant deux espaces hyperréalistes pour deux pièces russes: Cinzano de Lioudmila Petrouchevskaïa que vient réaliser Roman Kozak (2003) et On se marie? oui? non? de Sémione Zlotnikov mis en scène par Joseph Raichelgauz (11.1.2005). Pour le cinéma, il conçoit les décors pour Les Petites Fugues d’Yves Yersin (1979), travaille avec Marcel Schüpbach pour L’Allègement (1983) et Les Agneaux (1999) et dessine les costumes de La Guerre dans le Haut-Pays que filme Francis Reusser d’après Ramuz (1999). Il a reçu le prix Boris Oumansky 1980 et le prix mondial Nessim Habif décerné par l’Université de Genève, en commun avec François Rochaix (1988).

Bibliographie

  • Daniel Jeannet, J.-C. M. no 17 des Cahiers de la classe des beaux-arts, Genève, 1980.


Auteur: Joël Aguet



Source:

Aguet, Joël: Jean-Claude Maret, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p. 1176–1177, voir figure p. 1176.