Jean Kiehl

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*  13.4.1902 Villeurbanne (F), †  10.6.1968 Neuchâtel.

Officiellement Jean-Louis K. Après avoir obtenu la licence ès lettres de l’Université de Neuchâtel (1924), K. enseigne le français au Gymnase de La Chaux-de-Fonds et, dès 1937, à l’École supérieure de jeunes filles de Neuchâtel, dont il devient directeur en 1960. Dans le cadre des festivités commémoratives de la Réforme à Neuchâtel, il met en scène 1530. L’Idôlatrie ôtée et abolie, évocation en trois actes avec chants de psaumes de Charly Clerc (26.10.1930). Après cette réalisation remarquée, il est à nouveau fait appel à lui pour monter plusieurs spectacles d’inspiration religieuse comme Nicolas de Flue de →Denis de Rougemont créé au Temple indépendant de La Chaux-de-Fonds dans le cadre du 650e anniversaire de la Confédération (27.4.1941), Jedermann d’Hofmannsthal présenté sur une aire de jeu flottant sur le lac de Neuchâtel (1942), ou La Colonne de feu, jeu biblique du pasteur Alexandre Lavanchy sur une musique de Bernard Reichel à la Cathédrale de Lausanne (6.5.1944). Il réalise de même Le Théâtre du Monde, drame liturgique d’Edmond Jeanneret d’après Calderón sur une musique d’→Heinrich Sutermeister, sur les remparts du Château de Neuchâtel (8.9.1956), puis au →Théâtre de Beaulieu à Lausanne. Les sociétés d’étudiants neuchâteloises lui confient aussi régulièrement la mise en scène de leurs théâtrales, en particulier celle de Belles-Lettres (1932-34, 1944, 1947, 1949, 1953-57). En 1935, il fonde la Compagnie de la Saint-Grégoire, groupe d’amateurs qui aborde un répertoire profane comme Le Grand Voyage de Robert Sheriff (1935), L’époque où nous vivons de Karel Capek (1943), mais aussi un répertoire chrétien comme Le Mystère d’Abraham de →Fernand Chavannes (1936). Pour les rôles principaux, il engage parfois des professionnels comme →Ludmilla Pitoëff dans Le Mystère du Fils prodigue de Charly Clerc (19.12.1940), →Paul Pasquier et Nora Sylvère dans Les Bas-fonds de Gorki (1944), →François Simon dans La Nuit des Rois de Shakespeare (1950) et Les Oiseaux d’Aristophane (1953). Il dirige aussi à l’occasion des structures entièrement professionnelles pour présenter des pièces comme Flamineo de Robert Merle au Théâtre de la Cour Saint-Pierre à Genève (1952) ou pour créer Au bout du monde, première pièce de →Bernard Liègme, au →Casino-Théâtre du Locle (15.9.1958). En 1959, il réalise Un ange à Babylone de →Friedrich Dürrenmatt au →Stadttheater de Berne (28.5.1959) et le présente en tournée romande. Il fonde à cette occasion les Spectacles de Suisse française (SSF) qui se donnent pour but de développer une activité théâtrale permanente dans les cantons romands dépourvus de troupes régulières. Les SSF produisent ainsi Götz de Berlichingen de Goethe, qu’il adapte lui-même et dont il confie la réalisation à Charles Gantillon au Théâtre des Célestins à Lyon (1962), puis La Rose noire de Marignan de Maurice Zermatten qu’il crée au →Théâtre Municipal de Lausanne (29.6.1964) et présente à la →Comédie de Genève. Tardivement docteur ès lettres de l’Université de Neuchâtel (1950), il publie sa thèse Les Ennemis du théâtre, essai sur les rapports du théâtre avec le cinéma et la littérature, 1918-1939 à la Baconnière (1951). Ses réflexions comme son engagement en font un précurseur du développement théâtral professionnel dans la région neuchâteloise.

Bibliographie

  • "Hommage à J. K.", Journal du Théâtre Populaire Romand no 164, août 1985.

Archives

  • Fonds J. K. Bibliothèque publique et universitaire, Neuchâtel.


Autor: Cyril Tissot



Source:

Tissot, Cyril: Jean Kiehl, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p. 990–991.

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