Joseph (abbé) Bovet

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*  7.10.1878 Sâles FR, † 10.2.1951 Montreux VD.

Après un séjour à l’abbaye bénédictine d’Einsiedeln, où il travaille l’orgue avec Joseph Staub et le chant grégorien avec Basil Breitenbach (1900), B. étudie au séminaire de Fribourg (1901-05) puis est ordonné prêtre (23.7.1905). À Fribourg, il remplace Antoine Hartmann, organiste et professeur au Collège St-Michel (1912-15), puis Paul Hass à la collégiale de Saint-Nicolas, dont il devient ­maître de chapelle (1923-49). Son œuvre, composée essentiellement de chants et de musique chorale ou religieuse, compte environ mille huit cents ­titres, dont une quarantaine de musiques de scène, opérettes, jeux populaires et Festspiele. Il travaille avec Paul Bondallaz (1923-34), notamment sur Le Comte Michel, pastorale interprétée par le chœur mixte de la paroisse de Saint-Pierre et l’orchestre de la Ville de Fribourg au →Théâtre Livio, Fribourg FR (26.4.1931) et sur des Jeux de fêtes réalisés par exemple à l’occasion du Tir cantonal, comme le Tir à la rose (28.5.1927), ou fédéral avec Mon pays (20.7.1934), fresque à la fois patriotique et pastorale qui reste l’un des meilleurs exemples de son style. Il ne compose guère pour de pures commémorations, mis à part Morat de →Gonzague de Reynold au Théâtre Livio (27.6.1926), et s’attarde rarement aussi aux genres plus légers comme l’opérette si ce n’est Ne pleure pas Jeannette!… d’Auguste Schorderet (1927) ou la fantaisie Caprice-réclame d’André Equey (28.1.1928). Il écrit parfois les textes de ses musiques: après La Gaîté en pays de Gruyère, opérette donnée sous le pseudonyme de Franz Stierli (1901), il rédige et compose plusieurs jeux populaires à l’occasion de fêtes musicales (1928-35), dont Castel chantant avec Sophie Kaelin (8.6.1929), Grevîre pour chœur mixte, orchestre à cordes et harmonie (24.5.1930) ou encore Chante, Grandvillard dont le texte est en français et en patois (2.5.1935). Il se consacre surtout à l’écriture de mystères et de jeux commémoratifs à caractère spirituel, donnés lors de manifestations religieuses, comme Le Mystère - Das Geheimnis, dont le texte est en français et en allemand (1935), Saint Martin du ciel (1938), Cloches en liesse (1941) et surtout Canonisation de saint Nicolas de Flue présenté dans la cour du Collège Saint-Michel à Fribourg (1.6.1947). Il compose aussi la musique de Joseph, fils de Jacob d’Albert Schmidt (1945), dont la seconde version, Joseph vendu par ses frères, est créée dans une mise en scène de Jo Baeriswyl à l’église d’Avry-devant-Pont (11.5.1952). Chantre de la culture fribourgeoise, il écrit les musiques de scène de drames gruériens et de pièces en patois (1937-46), comme Lè brakonyé dou Bou d’l’Infê de Théophile Perroud créé à Mézières FR (4.12.1942) ou Di bouébo manifè! de Fernand Ruffieux, pièce pour enfants créée à Sâles (1.8.1941) et celles pour Tè rakroutsèri dza, créé par le Théâtre de la Roche (18.11.1944), A l’ombro de la Krê (1946) et Ou Pon dou Diyaobyo (1946) de François-Xavier Brodard. Nourries de la tradition orale laïque, mais aussi du chant d’église (psalmodie), ses musiques de scène retiennent l’attention par l’unité d’un style qui mêle le sacré et le populaire.

Bibliographie

  • Robert Loup, L’abbé B.: barde du pays, Lausanne, 1952.
  • Jean-Louis Matthey (dir.), Abbé J.B. Catalogue des œuvres, Fribourg, 1985.
  • François Seydoux, "Zum neuen Abbé J. B. Catalogue des œuvres ", in Zeitschrift für schweizerische Kirchengeschichte, Fribourg, 1987.
  • Patrice Brocard, J.B., itinéraire d’un abbé chantant, Fribourg, La Sarine, 1993.


Auteur: Jean-Louis Matthey



Source:

Matthey, Jean-Louis: Joseph (abbé) Bovet, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 257.

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