L’Effort, Genève GE

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Groupe de →théâtre ouvrier (1930-39)

Fondé le 3 avril 1930, le Théâtre d’Art Prolétarien (TAP) recrute en majorité ses membres au parti communiste, mais aussi parmi les sympathisants de la gauche. Ceux-ci se rassemblent autour du concept d’art prolétarien, qui souhaite être un instrument de la classe ouvrière pour renverser le capitalisme. Ils jouent des pièces, disent des poèmes révolutionnaires ou scandent des chœurs parlés dans les manifestations sportives, les fêtes ouvrières et les rassemblements politiques. En six ans (1930-36), le TAP participe à près de quatre-vingts manifestations et monte un orchestre, une chorale et une troupe de danseurs rouges. Les duettistes Jack et Hermann (→William Jacques et Hermann Leiffel) s’y distinguent avec un répertoire plébiscité de chansons révolutionnaires. La dénonciation du fascisme et du capitalisme, comme la défense de l’URSS, sont les thèmes principaux de leurs spectacles. Certaines productions renvoient aux luttes locales, comme le chœur parlé créé en 1933 en souvenir des ouvriers tués par l’armée à Genève le 9 novembre 1932, ou Coups de pioche (1934) et Les Gars du bâtiment (1935). En 1936, l’aggravation de l’anticommunisme force nombre d’organisations au repli ou à l’union. L’alliance des partis de gauche donne au groupe théâtral l’élan pour repartir sur de nouvelles bases, sous le nom de L’E., qui cesse d’être un théâtre de rupture révolutionnaire pour viser désormais le modèle du théâtre du peuple, fondé sur l’entente entre professionnels et amateurs, entre ouvriers et intellectuels. L’E. collabore alors avec diverses personnalités progressistes comme →Greta Prozor, Iris Avichay, les journalistes André Ehrler et Serge Radine ou l’écrivain Daniel Anet et se rapproche des syndicats. Caractéristiques de cette fin des années trente, les Festspiele ouvriers symbolisent la volonté de regroupement du mouvement ouvrier autour de thèmes unificateurs comme l’antifascisme, l’Espagne républicaine, la paix et la liberté, ou encore l’exigence de contrats collectifs et d’une journée de huit heures. Les membres de L’E., notamment Robert Jaquet, Théo Roth et Roland Maquelin y participent en écrivant les livrets ou en dirigeant les mises en scène. Parmi les créations principales on retient Europe 1937 au Festival du Travail (1937), L’Effort populaire (1938) et Genève libre (1939), aux Fêtes de Mai, organisées par les syndicats.



Auteur: Jorge Gajardo-Muñoz



Source:

Gajardo-Muñoz, Jorge: L’Effort, Genève GE, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 515–516.