La Veillée, Genève GE

Aus Theaterlexikon
Wechseln zu: Navigation, Suche

Groupe théâtral d’amateurs (1898-1977)

Fondée à Genève le 26 août 1898 par Willy Aeschlimann, Jules Dumont et des élèves du cours de danse Maeder, la V. est reconnue rapidement pour son activité théâtrale où prime la recherche de qualité. À côté d’autres activités associatives où les courses, bals et les ballades prennent une grande place, ses membres montent d’abord un spectacle de chansons de café-concert, Le Pifferaro (21.1.1899), et réalisent ensuite deux ou trois pièces courtes dans les salons Treiber, à Genève, ou à Onex. En 1903, ils donnent Célimare le bien-aimé de Labiche au Casino de Saint-Pierre, où ils jouent désormais ordinairement, présentant trois à quatre spectacles de deux ou trois pièces par saison. Leur répertoire comprend une bonne part de drames sociaux dont Martyre "pompe à larmes" en cinq actes d’Ennery ou Les Ouvriers d’Eugène Manuel en 1904, Le Portefeuille comédie en un acte d’Octave Mirbeau (1908). La place de la femme dans la société ne les laisse pas insensibles et ils réalisent Madame a ses brevets d’Albin Valabrègue (1908) ou Les dames votent d’Alfred Tonneau, qu’ils créent dans leur local de la Brasserie de Saint-Jean (18.2.1911). La critique de l’institution matrimoniale revient fréquemment : Divorçons de Victorien Sardou est suivi peu après de Simone de Brieux, drame du mariage dont il s’agit des premières représentations en Suisse (1908). La V. s’amuse aussi et donne des comédies bouffes comme Une Noce à l’américaine de René Blain Des Cormiers, L’Heure du diable d’Henri Chivot (1906) ou, en janvier 1909, Sang de navet, comédie en un acte de Miguel Zamacoïs créée à Paris, au Théâtre du Grand-Guignol en 1901, suivie de L’Enquête comédie en un acte de Maurice Hennequin datant de 1892, puis de Ma générale, comédie en un acte de Jules Claretie donnée à la Comédie-Française en 1908 et éditée depuis moins de trois mois. Toujours au Casino de Saint-Pierre, ils créent le drame historique genevois en deux actes 1602 de Louis Reichstetter (9.12.1909) un mois après avoir présenté La Vie de Bohème, cinq actes de Théodore Barrière et Henri Murger. À signaler encore Les Rantzau d’Erckmann-Chatrian (1910) et une de leurs rares incursions dans le répertoire classique : Les Précieuses ridicules de Molière (1911). Ils se risquent dès lors à des ouvrages plus amples, comme Musotte d’après Guy de Maupassant (1911), Le Grillon de Ludovic Francmesnil d’après Dickens, avec une musique de scène de Massenet (1912), L’Ami Fritz d’Erckmann-Chatrian (1912), La Sacrifiée de Gaston Devore (1914). Après l’interruption de la Première Guerre mondiale, ils présentent pour la première fois à Genève Monique d’après le roman de Paul Bourget (1922), Le Souffle du Désordre de Philippe Fauré-Frémiet (1925), La Guitare et le Jazz-Band d’Henri Duvernois et L’Épreuve du bonheur d’Henri Clerc (1928/29). Durant toutes ces années, les spectacles se font généralement sous la direction de Georges Baroz. La V. fait partie en 1926 des compagnies fondatrices de la FSRSTA (→FSSTA), et prend dès lors part à plusieurs concours internationaux, se classant première à Rouen en division supérieure, et à Bruxelles première en division excellence, jouant Les Temps nouveaux de Claude Roland à la soirée de gala donnée au Théâtre Royal du Parc. En octobre 1928, au 1er Concours romand d’art dramatique, elle est à la tête du palmarès, remportant le premier prix de la division supérieure, section A. En 1931, au 2e Concours romand d’art dramatique, à Lausanne, elle remporte les deux premiers prix, jouant Le Voyageur de Denys Amiel puis La Louise de Jean-Jacques Bernard, gagnant aussi à cette occasion le Challenge de la Fédération; elle présente ensuite ces pièces à la →Comédie de Genève, créant la seconde en public (6.5.1931), avec notamment dans la distribution →Alexandre Blanc; la mise en scène des deux pièces était de →Carmen d'Assilva. En mai 1932 à Vichy, au 25e Concours international d’art dramatique et lyrique, la V. remporte le challenge et le grand prix, puis au 26 e Concours à nouveau, en 1935 à Aix-les-Bains, elle gagne le challenge international et le grand prix de la soirée de gala. Souvent sollicitée et invitée, elle joue à deux reprises au Grand Théâtre de Nancy, ainsi qu’à la Comédie des Champs-Élysées à Paris, en 1937, à l’occasion de l’Exposition universelle. Cette année-là, elle présente aussi Décalage de Denys Amiel à la Comédie de Genève. Moins active par la suite, elle reste néanmoins membre de la FSSTA jusqu’en 1977.

Bibliographie

  • La V. Livre d’or du XVe anniversaire, Vevey, Arts graphiques, 1913.
  • "La V.", in Le Mois théâtral no 167, Genève, 1948.


Auteur: Joël Aguet



Bibliografische Angaben zu diesem Artikel:

Aguet, Joël: La Veillée, Genève GE, in: Kotte, Andreas (Hg.): Theaterlexikon der Schweiz, Chronos Verlag Zürich 2005, Band 3, S. 1997.