Marc Monnier

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*  7.12.1829 Florence (I), † 18.4.1885 Genève. Père de l’auteur Philippe M.

De père français et de mère genevoise, il passe son enfance en Italie, étudie à Paris, puis à l’Université de Genève où, dans le cadre de la société d’étudiants de Belles-Lettres et de la →Société genevoise des amis de l’instruction, il récite en public et écrit ses premières scènes de théâtre (1847-50). Après quelques années en Allemagne, il s’établit à Paris. S’il publie un proverbe, Et si femme voulait! dans la Revue suisse de Neuchâtel (1849), ses comédies sont jouées et publiées surtout à Paris. À l’Odéon sont créées La Ligne droite (24.10.1854), habile entrelacs d’ambitions repris à la Comédie-Française en 1855 (Paris, Beck, 1854), et La Mouche du coche (6.10.1858) amusante satire des faiseurs toujours prêts à aider de toute leur incompétence les jeunes artistes (Paris, Librairie théâtrale, 1858). Plusieurs de ses pièces ont un cadre helvétique, comme La Tante Jeanne jouée à Naples en mars 1855 qui tourne en dérision les poncifs parisiens sur la Suisse et sur Genève (Paris/Genève, Lévy/Cherbuliez, 1855). Sous forme d’un original Théâtre de marionnettes, il publie à Genève, hors d’atteinte de la censure de Napoléon III, une dizaine de satires politiques des grands bouleversements historiques européens du XIXe siècle: Polichinelle (Sic vos non vobis) (1852), La Princesse Danubia (1856), Le Roi Babolein (1853), Regina (1859), Le Curé d’Yvetot (1862), Paillasse (1865), L’Équilibre (1867). S’y ajoutent Le Docteur Gratien, (Genève, Jolimay-Desrogis, 1870), Faust puis Le Congrès de la Paix (Genève/Paris, Richard/Lemerre, 1871) et La Comédie du Renard (Paris, Sandoz & Fischbacher, 1878). Établi dès 1864 à Genève, il tient la chaire de littérature comparée de l’Université (1872-85), dont il devient recteur (1878-80). Il écrit encore des pièces qu’il donne à Paris, comme La Soupe aux choux (Paris, Lévy, 1869) comédie représentée au Théâtre du Vaudeville (6.11.1869), où toute la science médicale d’un mari aimant ne vaut pas le savoir des femmes. Sa traduction en vers français du Faust de Goethe (Paris, Sandoz et Fischbacher, 1875) est rééditée en version augmentée chez ces derniers (1883), qui impriment aussi Madame Lili créée au Vaudeville (4.9.1875). Il rédige des articles clairvoyants sur la situation théâtrale européenne et régionale, dont "Un théâtre national dans la Suisse romande" (Bibliothèque universelle et Revue suisse, Lausanne, 1880). On lui doit un panorama des auteurs littéraires genevois du XVIe au XIXe siècle, important travail de synthèse qu’il établit dans Genève et ses poètes (Paris/Genève, Sandoz/Richard, 1874), et un Prologue pour l’inauguration du nouveau Théâtre de Genève où dialoguent l’ancien et le nouveau bâtiment, texte donné lors de l’inauguration du →Grand Théâtre (2.10.1879). Il est auteur de poésies (Lucioles, 1853), de romans, de Nouvelles (1861), d’études sur l’Italie, de contes, de Récits et Monologues (1880).



Auteur: Joël Aguet



Bibliografische Angaben zu diesem Artikel:

Aguet, Joël: Marc Monnier, in: Kotte, Andreas (Hg.): Theaterlexikon der Schweiz, Chronos Verlag Zürich 2005, Band 2, S. 1261–1262.

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