Marcel Robert

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*  9.2.1943 Blois (F).

Alors qu’il suit les cours de →François Simon et →Philippe Mentha au →Théâtre de Carouge, R. fonde avec →François Rochaix l’Atelier Don Sapristi. Il signe ainsi le mimodrame Les Cris du silence, spectacle d’ouverture de la →Maison des jeunes de Saint-Gervais (7.2.1963), puis il interprète pour Rochaix Estragon dans En attendant Godot de Beckett (1963) et Thikhone Evstieguéniev dans Sur la grand-route de Tchekhov (1963). Il met en scène Fantasio de Musset où il joue le Prince de Mantoue (1963) et réalise Trois intermèdes de Cervantès (1963/64). À Paris, avec le Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine, il joue dans Capitaine Fracasse d’après Théophile Gautier en banlieue parisienne et au Théâtre Récamier (1965/66). Il est aussi le comédien de A-drame et Un remède de Philippe Adrien (26.2.1966), premier spectacle de café-théâtre parisien, à l’ouverture du Royal dirigé par Bernard Da Costa. De retour à Genève, il joue Clov dans Fin de partie de Beckett qu’il réalise au Centre de rencontres de Carouge (3.2.1970), spectacle fondateur du →Théâtre Mobile. Il reste durant huit ans (1970-78) le principal animateur de ce groupe, qui est l’un des moteurs du développement de la contre-culture genevoise, s’engage notamment pour la création d’un centre autonome et met sur pied le Festival libre du Bout-du-Monde (1971) où sont présentées les réalisations d’artistes en marge des institutions culturelles. Il y monte pour sa part En attendant Godot de Beckett, dans lequel il est Pozzo. Parmi ses mises en scène, on retient Une tempête d’Aimé Césaire jouée entre les arbres du parc Trembley (1970), Macbird de Barbara Garson au Café Pernet-Blanchard de Carouge, qui évolue au fil des représentations de la lecture-spectacle au jeu parodique interactif, ou encore La Ruée vers l’ordre du Français Georges Michel adaptée au contexte genevois et présentée à la Maison de quartier de la Jonction (10.11.1971), dans un montage qui apparaît comme un condensé des techniques alors en vogue dans l’avant-garde. Il réalise au →Caveau en diptyque Crise et Chômage de →Michel Viala dont il crée le premier volet (13.4.1976), puis investit le Bois de la Bâtie avec Les Aventures de Tabarin. L’année suivante, il est le principal artisan du premier →Festival du Bois de la Bâtie (17.6.1977), organisé entre autres par le Mobile et le Théâtre de La Lune Rouge de →Monique Décosterd et d’→Éric Jeanmonod. Il y monte George Dandin de Molière puis, lors la seconde édition, En pleine mer de Mrożek au Café-Théâtre de la Tour (1978). S’il quitte le Mobile en 1978, il reste durablement attaché à la Bâtie dont il anime la commission théâtre jusqu’en 1990. Sous son influence, ce festival présente des créations indépendantes romandes avant de s’ouvrir progressivement aux productions étrangères. Entre-temps, il signe plusieurs mises en scène influencées par les traditions narratives et gestuelles asiatiques auxquelles il s’initie à Bali, à Java et en Inde (1974-76). Déjà en 1973 à la Maison des arts et loisirs de Thonon, il revisite Musset dans Les Chroniques lunaires de Lorenzaccio présentées sous forme de rituel mortuaire conté, mimé et dansé. Revendiquant d’être inspiré par Antonin Artaud, il fait porter à ses productions le label de l’Atelier de recherches du théâtre des origines (ARTO) qu’il installe au théâtre de la Cour des miracles (1981-85). Avec cet atelier, il monte notamment Fin de partie (1982) et En attendant Godot (1984) de Beckett ainsi que Le Concile d’amour d’Oskar Panizza (1983). Son adaptation de Macbeth de Shakespeare transposé en théâtre d’ombres balinais (Wayang) à La Traverse de Genève (1987) et Le Ramayana au →Festival international de théâtre contemporain de Lausanne (29.8.1992) comptent dans les productions suivantes de l’ARTO, auxquelles il associe fréquemment les comédiens Douglas Fowley Jr. et Mas Soegeng. En 1988, il est nommé à la tête du →Théâtre du Grütli rénové (1988-90), lieu ouvert en priorité à la scène indépendante genevoise. Il y accueille par ailleurs le chorégraphe indonésien Sardono W. Kusum avec Maha Buta (17.11.1988), l’Odin Teatret d’Eugenio Barba qui présente Talabot en français (4.10.1989) et le Footsbarn Travelling Theatre. Au →Théâtre Saint-Gervais, il dirige ensuite Douglas Fowley Jr. dans le spectacle-cérémonial Oscar Wilde Sacrifice (1995) et →Pierre Byland dans Quelque chose sur le théâtre de William Shakespeare par un pauvre inculte citoyen du monde qui a joui du plaisir de le lire d’après →Ulrich Bräker (1998). Depuis 1996, il partage →La Parfumerie où il monte notamment Oh les beaux jours (2000) et En attendant Godot (2003), de Beckett. Doté d’une stature imposante, il incarne efficacement des forces de la nature comme le lutteur Goulot dans Monsieur Bonhomme et les Incendiaires de →Max Frisch (1995-2001) ou le redoutable tanneur Morten Kiil dans Un ennemi du peuple d’Ibsen (1996-98), deux œuvres mises en scène par →Claude Stratz à la →Comédie de Genève. Pour →Daniel Wolf, il tient au Musée de l’Ariana le rôle du directeur tourmenté d’un centre culturel dans Jusqu’à ce que le dernier ongle noir tombe de Bernard Comment (31.8.1996). Au cinéma, pour Alain Tanner, il est Paul dans Charles, mort ou vif (1969) et Max dans La Salamandre (1971). Pour Igaal Niddam, il joue le Magasinier dans Le Troisième Cri (1974). Il interprète aussi le Préposé au consulat dans La Plage noire de Michel Piccoli (2001).

Bibliographie

  • La Bâtie-Festival de Genève 1977-1997, Genève, 1997.
  • Anne-Catherine Sutermeister, Sous les pavés, la scène, Bâle/Lausanne, 2000.

Archives

  • Archives de la Ville de Genève.


Auteur: Jorge Gajardo Muñoz



Source:

Muñoz, Jorge Gajardo: Marcel Robert, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 3, p. 1505–1506, voir figure p. 1505.