Marguerite Cavadaski

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* 2.1.1906 Paris (F), † 13.8.1972 Lausanne VD. ∞ 1940 Georges Balsiger, directeur d’une école d’équitation.

Entrée à l’école du Vieux-Colombier que dirige Jacques Copeau, à Paris, C. le rejoint en Bourgogne comme élève dès octobre 1924 et y poursuit son apprentissage jusqu’à la fermeture de l’école en février 1925. De Paris, elle est rappelée en Bourgogne quelques semaines plus tard pour étoffer la jeune équipe des Copiaux et joue avec eux le rôle-titre dans Mirandoline (24.5.1925) que Copeau tire de La Locandiera de Goldoni. Elle participe dès lors à toute cette aventure des Copiaux fondatrice d’un renouvellement du théâtre francophone: elle est notamment Isabelle dans Arlequin magicien, canevas italien adapté par Copeau, Lisette dans L’École des maris de Molière, Lucinde dans La Coupe enchantée de La Fontaine (1925), Colombine dans La Surprise de l’amour de Marivaux (1926), Besa dans L’Anconitaine d’après Ruzzante, Angélique dans George Dandin de Molière (1928). Elle donne avec le groupe La Danse de la ville et des champs (4.3.1928), puis la tragi-comédie Les Jeunes Gens et l’Araignée dont les textes sont écrits par Jean Villard, le futur →Gilles, et Michel Saint-Denis (mai 1929). Lorsque Copeau dissout la Compagnie, elle est engagée chez Charles Dullin au Théâtre de l’Atelier (1929/30) où elle crée notamment le personnage de l’amoureuse Margot dans Patchouli de Salacrou (22.1.1930), et celui de la soubrette Gipsy dans Le Stratagème des roués de George Farquhar (21.3.1930). Dès 1930, elle joue plusieurs étés à Genève, au Théâtre du Parc des Eaux-Vives sous la direction de →Carmen d’Assilva. Avec la Compagnie des Quinze, sous la conduite de Michel Saint-Denis, elle crée trois pièces d’André Obey à Paris au Théâtre du Vieux-Colombier, jouant Noéma dans Noé (17.1.1931), Sidonie dans Le Viol de Lucrèce (12.3.1931), Sylvie dans Bataille de la Marne (3.12.1931), et ce même soir Noémi dans La Vie en rose, un acte de Salacrou; elle y est aussi Érotie dans La Mauvaise Conduite de Jean Variot en novembre 1931 et Catherine dans Lanceurs de graines de Giono en création à la →Comédie de Genève, Genève GE (30.9.1932). Pour Gaston Baty au Théâtre Montparnasse, elle participe dans le rôle de Sonia à la reprise et à la tournée de Crime et Châtiment qu’il a adapté de Dostoïevski et mis en scène (1933/34), puis crée sous sa direction la nouvelle version de Cris des cœurs de Jean-Victor Pellerin (3.12.1935). Au Théâtre de l’Œuvre, elle joue dans Le Témoin de Steve Passeur (1935). →René Morax l’appelle pour créer au →Théâtre du Jorat, Mézières VD le personnage de Salomé, belle Française au cœur dur, dans La Terre et l’Eau (10.6.1933) puis celui de Catherine La Servante d’Évolène (1937): incarnant ce personnage doux et obstiné qui obtient par amour la grâce de vaincre la Mort, elle devient une idole pour toute la Suisse romande. Elle le reprend d’ailleurs sur la même scène deux ans plus tard, fait unique dans les annales de ce théâtre. Installée à Lausanne, elle travaille avec la troupe du →Théâtre Municipal sous la conduite de →Jean Mauclair, jouant notamment Mme Maret dans 6e étage d’→Alfred Gehri et Dona Maria reine d’Espagne dans Ruy Blas de Victor Hugo (1938), le rôle-titre dans Marie Stuart de Marcelle Maurette, accompagnée de →Leopold Biberti (1944), Mme Rivière dans Les Joyeuses Commères de Windsor de Shakespeare; elle crée aussi au Casino-Théâtre de Sierre avec les →Compagnons des Arts, Marion jeune héroïne valaisanne dans Les Fileuses de Pierre Vallette (31.8.1940). Pour →Paul Pasquier, elle tient le rôle-titre dans Andromaque de Racine, en plein air à Lausanne, sur la place du Château, première manifestation du Théâtre du Château dont elle est la directrice artistique et Pasquier le metteur en scène. Elle tient ensuite dans ce cadre le rôle-titre dans Antigone de Sophocle (1942), celui de Marianne dans Les Caprices de Marianne de Musset (1946), Portia, femme de Brutus, dans Jules César (1945) et Olivia dans La Nuit des Rois (1950), de Shakespeare, la voyante Dolorès dans Incarnada de Gabriel Audisio (1951). À nouveau au Théâtre du Jorat, elle est pour René Morax Anne, la Vaudoise alliée et dévouée jusqu’à la mort à Charles le Téméraire (27.5.1944), puis elle interprète Adèle dans Le Silence de la terre de →Samuel Chevallier que présente Pierre Valde (30.5.1953), Sephora dans Le Buisson ardent de →Géo H. Blanc mis en scène par Jean Davy (31.5.1958). Dès les années cinquante, elle commence à jouer les mères ou les épouses et notamment pour les Tournées Herbert, Elmire dans Le Tartuffe de Molière mis en scène par Fernand Ledoux qui tient aussi le rôle-titre (1951/52), et Jocaste dans la reprise de La Machine infernale de et mise en scène par Jean Cocteau (1954). À Lausanne avec le →CDR, elle tient le rôle principal, celui de Claire Zahanassian dans La Visite de la vieille dame de →Friedrich Dürrenmatt que met en scène →Charles Apothéloz (1961/62), et sous la direction de Pasquier, elle est Philaminte dans Les Femmes savantes (1966), Frosine dans L’Avare (1967), Mme Jourdain dans Le Bourgeois gentilhomme (1968), de Molière. Elle joue encore dans une douzaine de productions de la Comédie de Genève, et sous la direction de Jean Piat, elle y est Mme Argante dans Les Fausses Confidences de Marivaux (1970) et Mme la Ressource dans Le Joueur de Regnard (1971). Elle choisit de disparaître au cours de l’été suivant. Pour le cinéma, elle a joué dans deux films d’Alberto Cavalcanti, Tour de chant avec Jean Villard Gilles (1932) et Plaisirs défendus avec →William Aguet (1933), puis avec Jean Vilar dans Jocelyn d’après Lamartine dirigé par Jacques de Casembroot (1952); elle est encore Angèle dans Quatre d’entre elles de Claude Champion et Francis Reusser (1968). Elle laisse un ouvrage posthume sur sa conception du jeu au théâtre: Le Comédien (1972). Elle a reçu l’→Anneau Hans-Reinhart en 1961.



Auteur: Joël Aguet



Source:

Aguet, Joël: Marguerite Cavadaski, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 362–363.

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