Martine Paschoud

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*  6.4.1942 Arzier VD.

Élève de →Paul Pasquier et de →Nanine Rousseau, P. fait partie de la première volée à recevoir le diplôme de l’→ÉRAD (1960-65); durant cette période, elle suit en parallèle des cours à l’Université de Lausanne, en lettres et en sciences sociales et se forme par ailleurs auprès d’→Éliane Guyon à l’Atelier de recherches scéniques. Après avoir joué avec →Alain Knapp au Théâtre Universitaire de Lausanne, elle tient notamment sous sa direction, aux →Faux-Nez, les rôles de la Mariée dans La Noce chez les petits bourgeois (1965) et de Mme Perez dans Les Fusils de la mère Carrar (1966), de →Bertolt Brecht. Avec le →Centre Dramatique Romand (CDR) sous la direction de →Charles Apothéloz, elle a plusieurs petits rôles dans La Vie de Galilée de Brecht (1967) et joue dans America hurrah de Jean-Claude van Itallie, aux Faux-Nez (1969). Après avoir mis en scène pour la société de Belles-Lettres de Lausanne au Théâtre du Lapin Vert Le Désir attrapé par la queue de Picasso (1967) et Le Cœur à gaz de Tristan Tzara (1968), elle réalise pour le CDR La Nuit des assassins de José Triana, d’abord présentée au →Théâtre Pitoëff puis en tournée (1969/70), Süd-Afrika amen d’Anne Barbey au →Théâtre de Beaulieu (15.6.1971) et Home de David Storey aux Faux-Nez (8.2.1972). En 1973, elle effectue deux stages auprès de Roger Planchon au Théâtre National Populaire à Villeurbanne et auprès de Peter Stein à la Schaubühne de Berlin. En 1974, elle rejoint comme comédienne et metteur en scène le →Théâtre de Carouge-Atelier de Genève, où elle avait déjà joué en 1972 le rôle de la pianiste Anouchka dans Baal de Brecht, et à nouveau sous la direction de →François Rochaix, elle est la meneuse de jeu et la pianiste dans Le Bourgeois Schippel de Carl Sternheim (22.1.1974), la citadine dans Le Creux de →Michel Viala (8.7.1974) et Maria dans Sauvages de Christopher Hampton (8.4.1975); dans le cadre intime des apéritifs-théâtre, elle crée là aussi Jeu de sable de Viala (27.12.1974). Elle réalise ensuite avec le →T’Act, en collaboration avec →André Steiger, L’Héritier de village de Marivaux et, au Nouveau Théâtre de Poche (NTP), Qui a peur de Virginia Woolf d’Albee (1976), puis au →Centre Dramatique de Lausanne (CDL) Yvonne, princesse de Bourgogne de Gombrowicz (1976), La Profession de Madame Warren de G. B. Shaw (1977). À Carouge, elle crée en français avec →Maurice Aufair L’Alpage d’→Adolf Muschg (22.11.1977), puis joue dans le chœur de Prométhée enchaîné d’Eschyle que montent Manfred Karge et →Matthias Langhoff (1978). Ce spectacle inspire Elles attendent Io dans le théâtre vide de et par →Laurence Montandon et →Hélène Friedli qu’elle met en scène (18.4.1979). Après 1981, elle travaille principalement au NTP, où elle réalise une à deux pièces par saison dont, Les Émigrés de Mrożek (1981), Six personnages en quête d’auteur de Pirandello (1981), Les Caprices de Marianne de Musset (1983). Elle prend la direction du NTP (1984-96), auquel elle donne une orientation très claire en faveur d’un répertoire critique, restant très ouvert au domaine germanophone, associant littérature dramatique des Lumières, satires de la bourgeoisie et engagements contemporains. Parmi ses réalisations d’alors, on retient La Ronde de Schnitzler (1984-86), La Parisienne d’Henry Becque (1985), Le Barbier de Séville de Beaumarchais (1986-88), Visages connus, sentiments mêlés de Botho Strauss traduit par →Béatrice Perregaux (1.3.1988), Le Neveu de Rameau d’après Diderot (1991-92, 1996-97). Elle y crée aussi en français Cendrillon (5.11.1991) puis Blanche-Neige (10.5.1995), de Robert Walser, ainsi que L’Heure bleue ou la Nuit des pirates de →Matthias Zschokke (15.1.1993) et L’Ambassadeur de →Thomas Hürlimann (18.1.1994), deux traductions de →Gilbert Musy. Ensuite, elle joue sous la direction de →Claude Stratz à la →Comédie de Genève Babette dans Monsieur Bonhomme et les Incendiaires de →Max Frisch (1996-99), puis Madame Ignazia dans Ce soir on improvise de Pirandello (1999). →Benno Besson lui donne le rôle de Lisette dans L’École des maris de Molière, au →Théâtre Vidy-Lausanne (1997-98) et →Brigitte Jaques celui de la bonne Berte dans Hedda Gabler d’Ibsen, à la Comédie (2000), où elle réalise aussi son propre monologue Un piano dans les Alpes (2000). Matthias Zschokke la dirige dans le rôle-titre de sa Commissaire chantante au NTP (10.4.2002). Dès 1996, elle crée notamment L’Abus de →Gilles Laubert au →Théâtre Saint-Gervais (2.5.1996), Les Alphabètes de Zschokke à la Comédie (18.1.2000) et Les Garçons et L’Étang, deux dramolets de Walser au →Théâtre du Loup (29.5.2002). Dès 1971, elle est professeur d’interprétation à l’ÉRAD dont elle assume la fonction de doyenne (1981-84). En 1986, elle reçoit la médaille de la Faculté des lettres de l’Université de Genève.

Bibliographie

  • François Marin et al., Des yeux pour entendre, le Poche-Genève 1984-1996, Carouge, Zoé, 1996.
  • Daniel Jeannet, Histoire de Poche, Carouge, Zoé, 1998.


Auteur: François Marin



Source:

Marin, François: Martine Paschoud, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p. 1373–1375, voir figure p. 1374. [[Category:A-Z|Paschoud, Martine]