Matthias Langhoff

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*  9.5.1941 Zurich. Fils du comédien →Wolfgang L., frère de l’auteur Anna L. et du metteur en scène Thomas L. ∞ →Laurence Calame, comédienne.

Dès 1945, L. grandit à Berlin-Est. Il entre en 1962 au Berliner Ensemble où il met en scène seul (1962) puis en duo avec Manfred Karge plusieurs textes perdus ou méconnus de →Bertolt Brecht, comme Der kleine Mahagony (1963), ou Der Brotladen (1967) dont il donne une nouvelle version en français au Théâtre d’Aubervilliers sous le titre Le Commerce de pain (1972). Toujours en commun avec Karge, il travaille ensuite à la Volksbühne que dirige →Benno Besson (1969-76), y créant notamment Die Schlacht (La Bataille) de Heiner Müller (30.10.1975), spectacle montré en 1977 au →Théâtre­ de Carouge-Atelier de Genève, qui les engage pour monter un Prométhée enchaîné d’Eschyle, réalisé à partir d’une version de →Jean-Samuel Curtet, avec des masques de →Werner Strub et des costumes signés →Jean-Claude Maret qui leur aménage aussi un espace scénique exceptionnel dans un hangar de la Coulouvrenière à Genève (1978). Il rencontre à cette occasion Laurence Calame et s’installe peu après en Suisse romande (1979-94), sans cesser de mettre en scène en Allemagne, en France et en Suisse. Il est associé notamment au Schauspielhaus de Bochum (1980-83), pour plusieurs pièces de Heiner Müller, Clavigo de Goethe, Titus Andronicus de Shakespeare, et réalise encore avec Karge deux spectacles marquants au Festival d’Avignon, Marie Woyzeck qu’il adapte de Büchner (1981) et en 1984 Frédéric, prince de Hombourg de Kleist, puis à la →Comédie de Genève La Cerisaie de Tchekhov. Il crée Mercedes de Thomas Brach au Schauspielhaus de Zurich (5.11.1983), coproduit avec le →Théâtre Kléber-Méleau à Renens Les Serpents de pluie de Per Olov Enquist, joué d’abord au Théâtre national de Strasbourg (10.4.1985), où il donne Le Roi Lear de Shakespeare (1987). Il présente en 1988 une bouleversante Mademoiselle Julie de Strindberg à la Comédie de Genève et il est pressenti pour en reprendre la direction à la suite de Benno Besson; pour réhabiliter ce lieu bâti trois quarts de siècle auparavant, il rédige alors un Rapport, traduit par →Monica Budde et publié (Carouge, Zoé, 1987). Ses propositions ne sont pas retenues à Genève, où il monte encore au →Grand Théâtre Don Giovanni de Mozart (1989), mais il se voit offrir la direction du Centre Dramatique de Lausanne, qui devient à son arrivée durant l’été 1989 →Théâtre Vidy-Lausanne. Cette saison-là, il y met en scène La Mission de Heiner Müller liée Au perroquet vert d’Arthur Schnitzler, réalisation présentée d’abord à Avignon, puis Macbeth de Shakespeare, et l’automne suivant La Duchesse de Malfi de Webster et L’Otage de Brendan Behan. L’esthétique éclatée de ses spectacles enchaîne des images à la fois oniriques et qui éclairent crûment les enjeux politiques des situations représentées, les compromissions du pouvoir avec la pègre ou l’économie. Par des explications matérielles scandaleuses et drôles, mêlant avec sens le trivial et le sublime, il démythifie les chefs-d’œuvre classiques, principalement grecs ou anglo-saxons, et les donne à relire pour notre temps. Comme directeur du Théâtre de Vidy, il obtient le triplement des subventions publiques, ce qui lui permet de donner une nouvelle impulsion au niveau de l’organisation et de la logistique, d’adopter une politique de coproductions et de grands accueils internationaux. Il renonce à la pratique des abonnements, remplacés par une carte de réduction offrant des prix d’entrée attractifs, proches de ceux du cinéma. D’importantes tournées s’annoncent en Europe pour la troupe romande en formation qui joue ses spectacles, mais l’expérience s’essouffle trop vite: dès le printemps 1991, il quitte la direction de Vidy et met dès lors en scène à Barcelone Œdipe tyran de Heiner Müller (1992), au Théâtre national de Bretagne à Rennes Désir sous les ormes d’O’Neill (1992), Philoctète de Heiner Müller (1995) et L’Inspecteur général de Gogol (1999), au Théâtre de la Ville à Paris Trois Sœurs de Tchekhov (1994) puis L’Île du Salut, rapport 55 sur la colonie pénitentiaire de Kafka (1996), Femmes de Troie d’après Euripide aux Amandiers de Nanterre (1998). Il monte aussi Les Bacchantes à Épidaure (1997) et à la Comédie-Française, à Paris, Danse de mort de Strindberg (1996) et Lenz de Büchner (2003). Dans le cadre de →La Bâtie-Festival de Genève, il présente en septembre 1995 au →Théâtre du Loup, lieu dont il a soutenu la construction, Gloucester time, matériau Shakes­peare / Richard III, spectacle montré d’abord au Festival d’Avignon (1995) et Borges de Rodrigo Garcia au Théâtre Saint-Gervais (2003).

Bibliographie

  • René Zahnd, Une saison avec L., Lausanne, Les Cahiers de la Gazette no 1, 1990.
  • Jean-Yves Pidoux, L. à Lausanne. L’ouragan lent, Bâle / Lausanne, Theaterkultur / En bas, 1994.
  • Odette Aslan (sous la direction de), L., Paris, Centre national de la recherche scientifique, "Les Voies de la création théâtrale" no  19, 1994.


Auteur: Joël Aguet



Source:

Aguet, Joël: Matthias Langhoff, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p. 1073–1074.

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