Maurice Béjart

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*  1.1.1927 Marseille (F). De son vrai nom Maurice Jean Berger. Fils de Gaston Berger, philosophe.

Danseur et chorégraphe français, B. est l’élève de Léo Staats, de Lioubov Egorova et de Mme Rousanne. Il débute sa carrière chez Roland Petit en 1948 et fonde en 1953, avec le journaliste Jean Laurent, les Ballets Romantiques, rebaptisés en 1954 les Ballets de l’Étoile pour lesquels il conçoit plusieurs chorégraphies. Celle de Symphonie pour un homme seul (1955), projection de l’angoisse existentielle dans une société agressive, le fait connaître, puis celle pour Le Sacre du printemps (1959) le consacre. À Bruxelles, il fonde au Théâtre de la Monnaie le Ballet du XXe siècle (1960-87) et, en 1970, son école ouverte sur une pratique plurielle des arts et des formes multiples de la danse: Mudra. Dominique Bagouet, Maguy Marin, Anne Teresa de Keersmaeker en sont les élèves. Des désaccords l’incitent à dissoudre le Ballet du XXe siècle et, à l’instigation de →Philippe Braunschweig, la Ville de Lausanne accueille le chorégraphe et sa compagnie rebaptisée Béjart Ballet Lausanne en 1987, puis la nouvelle école-atelier, →Rudra, qu’il y fonde en 1992. Resté fidèle à la danse néo-classique, il instaure une forme de théâtre dansé populaire qui va, dans les années soixante, prendre le pas sur l’opéra lyrique et relancer la trajectoire du ballet. Il conquiert un vaste public international, avec notamment Boléro (1961), Le Chant du compagnon errant (1971), investissant stades, arènes et autres lieux de plein air. Il s’oriente vers son rêve de théâtre total, prétexte à une formule de collage de séquences variées qui trouve son épanouissement dans Nijinski, clown de Dieu (1971), évocation onirique des Ballets russes servie par son danseur fétiche →Jorge Donn. Le Béjart Ballet Lausanne contribue à une reconnaissance de la danse néo-classique en Suisse romande, et fait des émules, dont les compagnies suisses Nomades de →Serge Campardon, ou Linga. B. a publié un ouvrage sur son travail, Danser le XXe siècle (Paris, 1977) et des souvenirs dans Un instant dans la vie d’autrui: Mémoires 1 & 2 (Paris, 1996). Marcel Schüpbach lui a consacré pour la télévision un portrait filmé, B comme Béjart (2002).

Bibliographie

  • Antoine Livio, B., Lausanne, Ex Libris, 1979. B., Avant-Scène Ballet, Paris, 1985.
  • Marie-France Christout, B., Paris, 1987.
  • Gérard Mannoni et Colette Masson, B., Paris, Plume, 1991.
  • B. et Jean-Pierre Pastori, Béjart Ballet Lausanne, 10 ans de création, Lausanne, 1997.


Autrice: Lisa De Rycke



Source:

De Rycke, Lisa: Maurice Béjart, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 150.