Michel Cassagne

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* 15.4.1933 Auch (F).

Formé au Conservatoire de Toulouse, puis au Grenier de Toulouse par Maurice Sarrazin et Simone Turck, C. débute avec cette compagnie (1956-60). Il y côtoie →Georges Wod, et →Philippe Mentha qui l’invite à le rejoindre au →Théâtre de Carouge où il tient d’emblée le rôle-titre dans Volpone de Ben Jonson (1961). Dès la fin de 1962, il fait partie du noyau de comédiens permanents de ce théâtre et y tient une quinzaine de rôles (1962-67). Mis en scène par →François Simon, il joue notamment le Boss dans Réussir à Chicago de →Walter Weideli (16.10.1962), le nerveux Tito Morena dans D’un seul ou d’aucun de Pirandello (1964), l’exigeant et digne Matti dans Maître Puntila et son valet Matti de →Bertolt Brecht (1965) et participe à deux autres créations: L’Ingénieux Sancho Pança de →Louis Gaulis (10.5.1964) et Plomb et Mercure de José Herera Petere (8.6.1965). Mis en scène par Mentha, il incarne, entre autres, Black Will, l’un des assassins d’Arden de Faversham (1966), le Soldat dans Le Héros et le Soldat de G. B. Shaw (1966) et le commis intrigant Narkisse dans Cœur ardent d’Ostrovski (1967). Il interprète aussi des personnages révoltés comme le prince Wu Tsiang dans La Muraille de Chine de →Max Frisch que met en scène →Charles Apothéloz au →Théâtre de Beaulieu, Lausanne VD (12.4.1967), à Genève puis au Canada, ou comme l’anarchiste Sacco dans Éclatant soleil de l’injustice de Weideli (25.3.1968) ou encore le jeune Christopher Mahon dans Le Baladin du monde occidental de Synge (1969), deux réalisations de →William Jacques à la →Comédie de Genève, Genève GE. Au →Nouveau Théâtre de Poche, Genève GE, il joue notamment le rôle-titre dans Le Cosmonaute agricole d’Obaldia mis en scène par →Gérard Carrat (1968); plus tard, il est le Docteur Rank dans Maison de poupée d’Ibsen que met en scène →André Faure (1975). Au Carouge, il crée en français le rôle d’Ekart, le mentor de Baal de Brecht réalisé par →François Rochaix (20.6.1972), puis interprète Arlequin dans Le Triomphe de l’amour de Marivaux (1972) et le désœuvré Bertrand dans Naïves hirondelles de Dubillard (1972), deux réalisations de Mentha. À la Comédie de Genève, il tient ensuite des premiers rôles pour →Richard Vachoux comme Arnolphe dans L’École des femmes de Molière (1973) et le Chiffonnier dans La Folle de Chaillot de Giraudoux (1975). Après avoir joué dans le premier spectacle mis en scène par →Hervé Loichemol, L’Étau de Pirandello où il tient le rôle du mari, Andréa Fabbri (1977), il le retrouve et crée le rôle de Voltaire dans Le Seigneur des lieux, première partie de Feu Voltaire d’→Yves Laplace, à la Ferme du Châtelard à Ferney (24.8.1993), et tient notamment à la Comédie des rôles de pères trop rigoureux, comme celui de La Petite Catherine de Heilbronn de Kleist (1997) ou Lusignan dans Zaïre de Voltaire (1994). À la Dolce Vita de Lausanne, il contribue de même à la première mise en scène de →Denis Maillefer, Fool for love de Shepard (1987). Au →Théâtre Kléber-Méleau, Renens VD sous la direction de Mentha, il tient une dizaine de rôles de premier plan comme Scapin dans Les Fourberies de Scapin (1983) et Sosie dans Amphitryon, de Molière (1985), Estragon dans En attendant Godot de Beckett (1990), Vania dans Oncle Vania de Tchekhov (1991) et aussi Chrysale dans Les Femmes savantes de Molière que réalise →Nelly Borgeaud (1994). À la Comédie, il joue le vieux serviteur Firs dans La Cerisaie de Tchekhov montée par Manfred Karge et →Matthias Langhoff (1984), pour lesquels il interprète le Maréchal Dörfling dans Le Prince de Hombourg de Kleist au Théâtre National Populaire à Villeurbanne (1984). À la Comédie, pour →Claude Stratz, il incarne la rude et ascétique présence du Vieux Mahon dans Le Baladin du monde occidental de Synge (1993). Il contribue à créer plusieurs textes contemporains dont L’Échappée de →Philippe Lüscher mise en scène par →Philippe Morand au →Théâtre Vidy-Lausanne, Lausanne VD (19.1.1993) et Jardin d’hiver de →René Zahnd réalisé par →Gianni Schneider au →Théâtre 2.21, Lausanne VD (17.1.1995). Il joue ensuite Rodolphe, le père dans Quai ouest de Koltès que dirige Isabelle Pousseur à la Comédie (2000), puis dit Trois nouvelles de Pirandello au Théâtre du Grütli (2001). En 2002, il fait ses débuts de tragédien en interprétant le rôle-titre dans Brutus de Voltaire réalisé par Hervé Loichemol à Ferney. Pour le cinéma, il joue notamment Max, l’un des deux Arpenteurs dans Les Arpenteurs de →Michel Soutter (1972), Piaget dans Sauve qui peut la vie de Jean-Luc Godard (1980), Armand Barbezat dans La Vie de Mario Ricci de Claude Goretta (1983), le paysan Abel Masclé dans La Vie et rien d’autre de Bertrand Tavernier (1989), Alain dans Trois huit de Philippe Le Guay (2001) et le père de Jean-Marc dans L’Adversaire de Nicole Garcia (2002). Il enseigne au Conservatoire populaire de Genève (1986-98).



Auteur: François Marin



Source:

Marin, François: Michel Cassagne, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 353–354.