Monique Mani

Aus Theaterlexikon
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*  21.11.1927 Genève. ∞  Jean-Jacques Tanquerel, comédien.

Formée par →Jean Bard au →Conservatoire de Genève dès 1947, M. se perfectionne à Paris, en suivant le cours Simon et l’enseignement privé de Germaine Dermoz. De retour en Suisse en 1951, elle débute à la →Comédie de Genève sous la direction de →Maurice Jacquelin, qui lui confie la création du jeune rôle-titre dans Isabelle de Chevron (22.1.1953), drame de Maurice Zermatten qu’elle défend avec fougue durant plusieurs saisons. Elle impose depuis lors une présence à la fois séduisante et énergique, dans des rôles d’autorité. En 1957, elle rencontre →François Simon et →Philippe Mentha à l’occasion de Noces de paille, première pièce de →Louis Gaulis, puis les suit dans l’aventure naissante du →Théâtre de Carouge. François Simon la dirige notamment dans le rôle de la jeune épouse Loreta dans Les Cornes de Don Sapristi de Valle Inclan (1958). En 1959 pour Philippe Mentha, elle est Flaminia, la grande sœur protectrice et consolatrice dans Les Amoureux de Goldoni puis, sur la scène de la Comédie, Dona Elvira, amoureuse entreprenante dans Don Juan ou l’Amour de la géométrie de →Max Frisch (9.9.1959). Dans les années soixante, elle se rapproche du Théâtre poétique de →Richard Vachoux, joue dans Le Triomphe de l’amour de Marivaux (1961) et tient quelques figures mater­nelles excessives du répertoire de l’avant-garde: au →Nouveau Théâtre de Poche (NTP), elle est la Mère Ubu dans Ubu roi de Jarry (1963) et la Mère de Jacques ou la Soumission d’Ionesco (1969). Elle tient par ailleurs de grandes figures tragiques, comme Bérénice dans la pièce éponyme de Racine (1962) ou Dora, grande sœur au charisme sombre, dans Les Justes de Camus que monte →Serge Nicoloff (1966). Au NTP, elle collabore aussi entre autres avec →Gérard Carrat, pour qui elle tient le rôle de la veuve hédoniste Anastasia dans Le Mariage de Monsieur Mississippi de →Friedrich Dürrenmatt (1964, 1967). Elle joue Dorine dans Un Tartuffe de Molière réalisé par →André Steiger dans la cour de l’Hôtel de Ville de Genève (1971). Entre-temps, elle est la veuve Brini à la création d’Éclatant soleil de l’injustice de →Walter Weideli créé par →William Jacques à la Comédie (26.3.1968). Elle travaille aussi au →Théâtre de l’Atelier, où elle interprète dans Britannicus de Racine l’ambitieuse Agrippine dirigée par →Armen Godel (1972). Le public du →Théâtre Municipal de Lausanne (TML) la découvre au début des années soixante, notamment en Madame Capulet dans Roméo et Juliette de Shakespeare, version de →Pierre-Louis Matthey que met en scène →Charles Apothéloz (30.12.1961) et la retrouve dans le rôle de Madame Luckerniddle lors de la création en français de Sainte Jeanne des abattoirs de →Bertolt Brecht par →Benno Besson (8.5.1962). Avec le →Centre Dramatique de Lausanne, elle interprète surtout Protagoras dans L’Assemblée des femmes d’Aristophane que met en scène Apothéloz (1974). Dès les années quatre-vingt, elle tient des rôles d’entremetteuses ou de femmes d’âge mûr et véhémentes comme Madame Pace dans Six personnages en quête d’auteur de Pirandello que réalise au Poche →Martine Paschoud (1981) ou, à la Comédie de Genève, la Célestine dans Don Juan ou l’Amour de la géométrie mis en scène par →Michel Soutter (1982) et la marieuse Oustinia Naoumovna dans Entre soi on s’arrange d’Ostrovski monté par →Hervé Loichemol (1990). En 2000, elle interprète une vieille et intransigeante femme de 92 ans, dans Trois femmes grandes d’Edward Albee que présente →Erik Desfosses au →Théâtre du Grütli. De 1970 à 1995, elle enseigne l’art dramatique au Conservatoire de Genève, avant de se retirer avec le grade de professeur honoraire. Elle reçoit le prix de la Fête du Comédien au Grütli en 2003.



Auteur: François Marin



Source:

Marin, François: Monique Mani, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p. 1168–1169, voir figure p. 1668.