Opéra de Lausanne, Lausanne VD

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Lieu de production et actuellement scène lyrique

Pour remplacer le →Théâtre de Martheray, dés­affecté en 1859, et la salle de spectacle trop exiguë du Casino de Derrière-Bourg, la Société du Casino-Théâtre (SCT) est fondée à Lausanne en 1868, obtient gratuitement de la Ville le terrain du Pré-Georgette et reçoit, grâce au soutien de la Municipalité et à une souscription publique d’actions, les fonds nécessaires à la construction de la nouvelle salle (1869-71). Le terme de la SCT est fixé à cinquante ans, après quoi tous les actifs et le terrain doivent revenir à la Ville. Le Casino-Théâtre de Lausanne est inauguré le 10 mai 1871. Il est appelé Grand-Théâtre, plus simplement Théâtre de Lausanne ou familièrement Théâtre de Georgette. Dès lors, cette scène dispose d’une troupe de comédiens engagés pour la saison dramatique de novembre à mars, et d’une troupe de chanteurs pour la saison lyrique d’avril à juin. Régi de façon semi-privée par la SCT, le lieu ne reçoit de subventions qu’à partir de 1899. Durant cette période (1871-99), dix directeurs se succèdent pour de courtes durées à l’exception d’→Alphonse Scheler (1890-98). Durant la deuxième période (1899-1931), le théâtre est dirigé notamment par Johannès Darcourt (1900-06) puis par →Jaques Bonarel (1906-19), dont on retient le combat pour maintenir sa troupe malgré la présence envahissante de tournées françaises comme celles de Charles Baret. Hors saison eut lieu la création de l’→Histoire du Soldat de →Charles Ferdinand Ramuz et Strawinsky (28.9.1918), mais le répertoire dramatique courant est alors constitué de pièces parisiennes à succès, rapidement préparées. Durant les quarante-cinq premières saisons (1871-1914), seules quatorze pièces d’auteurs suisses y sont présentées, parmi lesquelles on retient Claude de Siviriez de →René Morax (26.2.1903). Les directeurs suivants, de Paul Tapie (1919-22) à →Édouard Vierne (1924-28), ne changent guère cet état de choses, pas plus que leur successeur pour trente ans →Jacques Béranger, qui dirige d’abord en duo avec la comédienne Jane Raymond (1928/29), puis avec →Ernest Fournier (1929-31). En 1931, après un report de dix ans, la SCT est dissoute et la Ville devient propriétaire du Théâtre Municipal de Lausanne (TML) qui, après d’indispensables et lourds travaux de rénovation, est remis pour sa couverture juridique aux bons soins de la Société Coopérative du TML, dont l’activité se poursuit jusqu’en 1983. Le 6 avril 1932, le TML rénové ouvre ses portes sous la seule direction de Béranger (1932-59), qui met sur pied de manière régulière une revue annuelle (1928, 1936-59) et présente un répertoire de pièces divertissantes et d’opérettes dans des décors de →Jean Thoos. →Jean Mauclair assure pendant plus de vingt ans la majorité des mises en scène du TML (1930-55). Il y crée notamment 6e étage d’→Alfred Gehri (11.3.1937). Le TML possède un corps de ballet dirigé par →Mara Dousse (1942-47), puis par →Jacqueline Farelly (1947-58). Durant la guerre, la troupe accueille plusieurs comédiens suisses de retour de Paris dont →Jane Savigny, →Camille Fournier, →Violette Fleury, →Hugues Wanner, André Béart et →Paul-Henry Wild, ou des artistes français et belges comme →Nanine Rousseau, →Blanche Derval, Marcel Vidal. Dès 1945, Béranger supprime la troupe fixe attachée à cette scène et programme désormais principalement les spectacles de tournées parisiennes dont il est l’agent. En 1959, →Charles Apothéloz est nommé directeur dramatique du TML, Manuel Roth, directeur lyrique et Paul-Henri Jaccard, ­directeur administratif (1959-69). Ce théâtre devient alors un important lieu de production et le point de gravité de toute l’activité théâtrale placée sous le label du →Centre Drama­tique Romand (CDR). Le répertoire remarquable de cette décennie comprend notamment un im­portant cycle →Max Frisch et →Friedrich Dürrenmatt. Le CDR crée aussi plusieurs œuvres d’auteurs dramatiques romands, dont Soldats de papier de →Franck Jotterand (10.3.1960) et L’Œuf de coq de →Jacques Guhl (29.8.1964). Il s’y réalise une importante reprise du drame de →Jean-Paul Zimmermann Les Vieux-Prés (1962) et de la comédie d’→Émile Gardaz Sacré Ulysse (1967). On retient aussi que →Benno Besson vient réaliser au TML la création en français de Sainte Jeanne des abattoirs de →Bertolt Brecht (8.5.1962), et qu’Apothéloz y crée de même Comment M. Mockinpott fut libéré de ses tourments de Peter Weiss (10.6.1970). En déménageant l’administration du secteur théâtral au →Théâtre de Vidy, le CDR devient Centre Dramatique de Vidy (1969-71), puis les spectacles de théâtre se donnent à Vidy sous l’égide du →Centre Dramatique de Lausanne (CDL). Dès 1972, le TML devient un lieu d’accueil de spectacles lyriques et chorégraphiques, ouvert aux tournées dramatiques parisiennes et aux réalisations des →Artistes Associés de Lausanne. Alors que Manuel Roth est emprisonné pour malversations financières, la direction du TML est remise par intérim à Jean Bezmann et Albert Linder (1979-83), puis →Renée Auphan en prend la tête (1984-95), avec le soutien de la Fondation du TML pour l’art musical, lyrique et chorégraphique. Rompant avec la facilité des accueils, elle y développe une politique de production et de coproduction ambitieuse et constitue notamment un chœur semi-professionnel dirigé par René Falquet, puis Étienne Bettens. Elle y fait créer La Femme et le Pantin d’Henri-Louis Matter (17.3.1991) et délocalise le spectacle de début de saison au →Théâtre du Jorat (1986-98). En 1995, Dominique Meyer, nouveau directeur (1995-98), affirme la nature lyrique du TML en ne conservant au lieu que l’appellation Opéra de Lausanne. François-Xavier Hauville lui succède (1998-2005) et, sous sa direction, →Stephan Grögler donne deux opéras de Pascal Dusapin présentés conjointement: Niobé et Médée (13.4.2003). En 2004, le metteur en scène Éric Vigié est nommé à la tête de l’O.

Données techniques

adresse, avenue du Théâtre 12. 1o Le CTL est érigé selon les plans de l’architecte Jules Verrey (1869-71). L’ornementation intérieure et extérieure est l’œuvre du sculpteur Eugène Grasset; le plafond est peint par Bidou, de Lyon, et Borschgrave, de Paris. La salle de spectacle comprend deux galeries. Le bâtiment du théâtre est doté d’un pavillon pour les artistes, d’un petit foyer et d’une petite salle de concert au premier étage. La jauge du CTL est de 738 places. Le diamètre de la salle est de 14 m. et l’ouverture de scène est de 8 m. 60. 2o En 1931, le TML est radicalement transformé selon les plans de l’architecte Charles Thévenaz. Seuls les murs de soutènement des anciens bâtiments demeurent. Alice Bailly peint la fresque décorant le nouveau foyer du TML. La jauge comprend 1101 places sur trois galeries. L’ouverture de scène est portée à 11 m. 3oEn 1975, la scène est modernisée (largeur 10 m., hauteur sous le cadre 7 m., profondeur 10 m.) et le nombre de places est réduit à 960, puis en 1985 à 923. En 1989, restauration des façades du bâtiment et des loges.

Bibliographie

  • Auguste Huguenin, Le Théâtre de Lausanne, Lausanne, 3e éd., 1933.
  • Marianne Mercier-Campiche, Le Théâtre de Lausanne de 1871 à 1914, Lausanne, 1944.
  • Jean-Pierre Pastori, Le Théâtre de Lausanne. De la scène à la ville 1869-1989, Lausanne, 1989.


Auteurs: François Marin / Joël Aguet



Source:

Marin, François/Aguet, Joël: Opéra de Lausanne, Lausanne VD, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p. 1346–1347.