Paul Ichac

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* 9.12.1887 Marseille (F), † 19.12.1973 Lausanne VD.

Comédien à Paris, I. joue notamment dans Dernière heure de Jean-José Frappa, pièce créée par le Théâtre de l’Œuvre de Lugné-Poe au Théâtre du Palais-Royal (10.5.1912). Après une tournée de vaudevilles en Amérique du Sud avec Marthe Régnier, il est engagé par Jacques Copeau au Vieux-Colombier, où il incarne pour lui Valentin dans La Nuit des Rois de Shakespeare en mai 1914, dernier spectacle de ce théâtre avant la guerre. Trois mois plus tard, il est sur le front belge, et téléphoniste d’état-major. Ensuite, après une brève tentative de carrière comme financier, il joue à nouveau en tournée, puis à Paris au Théâtre de la Bruyère, au Palais-Royal, à l’Eldorado, au Théâtre Sarah Bernhardt, et revient aussi dans sa ville natale où il rencontre →Jean Mauclair, metteur en scène au Théâtre de Marseille. Il joue aux Escholiers et en tournée, et aussi avec Le Bargy de la Comédie-Française dans Le Marquis de Priola de Lavedan. Il est de la réouverture du Théâtre Antoine par René Rocher, tenant le rôle de Morani dans J’ai tué de Léopold Marchand (6.10.1928). En 1932, il tombe malade et, pour qu’il se soigne, Mauclair l’encourage à venir en Suisse au →Théâtre Municipal de Lausanne (TML). Il y reste jusqu’en 1940, jouant ainsi une douzaine de rôles chaque saison dès 1933/34. Il tient surtout des personnages d’hommes d’affaires à la rondeur bonhomme et aux gestes mesurés comme le producteur Mativaux dans Pierre ou Jack? de Francis de Croisset (1933), le parlementaire financier Charles Arbézia dans Tovaritch de Jacques Deval (1934) ou l’Attaché français dans L’Aiglon d’Edmond Rostand (1935). Il y crée notamment le rôle de François dans L’Enjeu de Maurice Porta et Vincent Vincent (27.11.1932) et celui de Turlupin dans Méli-Mélo d’Albert Verly (19.3.1938). En 1940, il s’embarque avec une troupe pour l’île Maurice, et s’installe durant six ans à Tananarive, sur l’île de Madagascar, où on lui confie après guerre la gestion du Poste de la radiodiffusion. Il y exerce sous le pseudonyme de Monsieur Jules. De retour à Paris en 1946, il joue au Théâtre Michel, puis →Jacques Béranger à nouveau l’engage au TML où il crée entre autres le rôle de Sulpice dans L’Affaire des diamants de Vincent Vincent (19.1.1950) et celui du romancier Hochepot dans Les Derniers du 6e étage d’→Alfred Gehri mis en scène par →Jean Hort (29.12.1955). Pour →Jean Kiehl, il est le grand théologien Outnapishtim dans Un ange à Babylone de →Friedrich Dürrenmatt (29.5.1959) et le notaire Apocello dans La Rose noire de Marignan de Maurice Zermatten au TML (29.6.1964). Au →Théâtre du Jorat, il joue le Dr. Charles dans La Grange aux Roud de →Gilles mise en scène par →Pierre Valde (28.5.1960). Au →Centre Dramatique Romand, il interprète sous la direction de →Charles Apothéloz, le ministre de l’Intérieur Tullius Rotondus dans Romulus le Grand de Dürrenmatt (1960), puis pour →Philippe Mentha, il crée en français le rôle du chanoine Timothy Burren dans On attend un évêque de Sean O’Casey (16.10.1962) et incarne Ward Evans, membre du conseil de sécurité dans En cause: J. R. Oppenheimer de Heinar Kipphardt (1966). Après plusieurs réalisations avec le →Théâtre de Carouge, dont Guerre et Paix d’après Tolstoï (1958) et C’était pour rire de Pirandello mis en scène par →François Simon (1960), il est l’Oncle Herbert dans Le Serviteur absolu de Louis Gaulis que réalise →Jo Excoffier (14.2.1967) et Franz von Waldeck dans Les Anabaptistes de Dürrenmatt que monte Jorge Lavelli au →Grand Théâtre de Genève (31.3.1969). Il a prêté sa voix grave et douce à de nombreuses réalisations radiophoniques de Radio-Lausanne.



Auteur: Joël Aguet



Source:

Aguet, Joël: Paul Ichac, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p. 896.

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