Pierre Ruegg

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*  17.6.1931 Zurich, †  13.5.2002 Genève. ∞ III° 1964-79 →Christiane Vincent. Père de Serge R. directeur du cirque Stellina.

Après avoir obtenu le diplôme de l’École de commerce de Lausanne (1949), R. part se former à Paris, dans le cadre de l’Éducation par le jeu dramatique, fondé par Jean-Louis Barrault, où enseigne notamment Roger Blin. Il entre ensuite à Radio-Lausanne, qui devient la Radio Suisse Romande; sa voix de velours, souple, calme et chaleureuse y est fort appréciée, et il tient dès lors au micro un grand nombre de rôles, notamment dans les dramatiques. Il travaille auprès de →Roland Jay et de →Pierre Walker, devient metteur en ondes et producteur. Il joue dans les premiers spectacles du Centre dramatique romand de →Paul Pasquier: Florian Aretusi dans Arlequin serviteur de deux maîtres de Goldoni, puis Clitandre dans George Dandin de Molière (1953). Il rejoint les →Faux-Nez pour tenir le rôle du Lecteur dans l’→Histoire du Soldat de →Charles Ferdinand Ramuz et Strawinsky mis en scène par →Éliane Guyon et →Charles Apothéloz, sous la direction duquel il est aussi un Soldat de la guerre de 14 dans La Grande Guerre du Sondrebond de Ramuz (1957). Avec les Faux-Nez et le →Centre Dramatique Romand (CDR), il tient plus d’une trentaine de rôles. Il joue entre autres pour Apothéloz l’Intellectuel dans Monsieur Bonhomme et les Incendiaires (17.9.1959) et Roderigo dans Don Juan ou l’Amour de la géométrie (1960), deux pièces de →Max Frisch, et Bohrer l’agent de police dans Les Physiciens de →Friedrich Dürrenmatt (11.12.1962). Il crée aussi le personnage de Jean-Pierre dans Soldats de papier de →Franck Jotterand (10.3.1960), interprète Lord Winter dans Les Trois Mousquetaires d’après Dumas (1960), puis Aramis lors de la reprise de cette pièce en 1964, et un parlementaire dans Hercule et les écuries d’Augias de Dürrenmatt (29.10.1964). Élégant et retenu, on lui attribue volontiers des rôles de magistrat ou de policier compréhensifs: il a le rôle du Deuxième juré dans Douze hommes en colère de Réginald Rose, mise en scène de Pierre Walker (1961, 1969), et celui du lieutenant Jackson dans Sainte Jeanne des abattoirs de →Bertolt Brecht que crée en français →Benno Besson (8.5.1962). Au CDR, il tient aussi pour Paul Pasquier des rôles de jeune premier de Molière: Clitandre dans Les Femmes savantes (1966), Cléante dans L’Avare (1967). Il participe ensuite aux réalisations des →Artistes Associés de Lausanne de 1969 à 1972, en particulier à Barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras monté par Pierre Walker (1970) et à La Reine morte de Montherlant que présente →Daniel Fillion (1970). De 1972 à 1974, il interprète à la →Comédie de Genève plusieurs hommes de loi comme le Commissaire dans Le Satyre de la Villette d’Obaldia mis en scène par →Gérard Carrat (1973) et il y tient à nouveau le rôle de l’Intellectuel dans Monsieur Bonhomme et les Incendiaires de Frisch que propose →William Jacques (1973). Doyen de l’→ÉRAD à Lausanne (1974-76), il joue ensuite au →Centre Dramatique de Lausanne (CDL) le Révérend Samuel dans La Profession de Mme Warren de G. B. Shaw que présente →Martine Paschoud (1977), Bennett dans Travesties de Stoppard que réalise →André Steiger (13.10.1977), et Nagg dans Fin de partie de Beckett (1978) puis l’Invalide dans Triptyque de Frisch (1979), deux mises en scène de →Michel Soutter. Il travaille là pour →Pierre Bauer, notamment dans La musique adoucit les mœurs de Tom Stoppard et dans Bent de Martin Sherman (1982). À la Comédie de Genève, il crée Stump dans Ciel noir de →Paul Lambert réalisé par →François Rochaix (8.5.1984), et au →Théâtre du Jorat, il tient des rôles d’anciens dans Le Menteur de Corneille (1993) et dans L’Arlésienne de Daudet (1994) que monte →Jean Chollet. Pour l’une de ses dernières apparitions sur scène, il incarne Samuel Beckett dans La Seconde Chute de →Sylviane Dupuis mise en scène par →Philippe Morand au →Nouveau Théâtre de Poche (9.9.1996). Il a présidé le syndicat des comédiens de 1964 à 1969.



Autorin: Christophe Erismann



Source:

Erismann, Christophe: Pierre Ruegg, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 3, p. 1542–1543.