Richard Vachoux

Aus Theaterlexikon
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* 24.4.1932 Genève. ∞ 5.7.1962 →Josette Chanel, comédienne. Beau-frère de →Gérard Carrat et père de →Pascale V.

Après le Collège Calvin, V. commence des études de lettres à l’Université de Genève, puis il suit les cours de →Greta Prozor au →Conservatoire de Genève dont il sort diplômé en 1955. Il fait ses débuts à la →Comédie de Genève sous la direction de →Maurice Jacquelin. Dès 1954, il y tient plus d’une cinquantaine de petits rôles, comme Procule dans Horace de Corneille (1955), Lucidor dans L’Épreuve de Marivaux (1955), Charles VII dans L’Alouette d’Anouilh (1959). Parallèlement, il fonde, anime, avec Gérard Carrat le Théâtre poétique (1957-62). Il y joue et met en scène entre autres Victimes du devoir et Jacques ou la Soumission d’Ionesco (1957, 1959), Quoat-Quoat d’Audiberti (1957). En janvier 1958, il est le duc Orsino dans La Nuit des Rois de Shakespeare montée par →François Simon, spectacle inaugurant le →Théâtre de Carouge. En 1962, il prend la direction du →Nouveau Théâtre de Poche (NTP). Durant sa direction (1962-75), il réalise plus d’une trentaine de pièces, alternant répertoire classique et auteurs de l’après-guerre, ainsi que plusieurs récitals poétiques. Il y interprète souvent l’un des rôles principaux, comme Horace dans L’École des femmes de Molière (1962), Lélio dans La Surprise de l’amour de Marivaux (1963), Octave dans Les Caprices de Marianne de Musset (1965); en spectacle d’été, il tient le personnage de Don Juan dans le Dom Juan de Molière (1966) et celui de Perdican dans On ne badine pas avec l’amour de Musset (1972). Audiberti et Ionesco sont les deux auteurs du XXe siècle qu’il retrouve le plus volontiers : du premier, il met en scène notamment Les Femmes du bœuf (1964), Le Mal court (1965) et La Fête noire (1969). D’Ionesco, il reprend Jacques ou la Soumission en 1969, ou en 1972 Les Chaises (qu’il joue à nouveau, sous la direction d’→Hervé Loichemol, à la Comédie en 1981). Il crée en français le rôle de Hotz dans La Grande Rage de Philippe Hotz de →Max Frisch montée par →Serge Nicoloff (8.5.1962), et celui de Ludwig dans La Métaphysique d’un veau à deux têtes de Witkiewicz qu’il réalise (30.10.1970), spectacle tourné en Belgique et en Espagne. Il présente de même Les Méchants Cuisiniers de Günter Grass (14.10.1971). De →Bernard Falciola, il crée Paradis obligé (8.7.1968) et le rôle de l’Homme en rouge dans Le Pouvoir et le Rêve que monte →William Jacques (9.3.1967). Sous la direction d’→André Steiger, il joue le rôle d’Antipholus de Syracuse dans La Comédie des erreurs de Shakespeare (1970), puis celui de Tartuffe dans Un Tartuffe de Molière (1972). Lorsqu’il prend la direction de la →Comédie de Genève (1974-82), il poursuit la collaboration avec Steiger, donnant les rôles-titres dans Hamlet de Shakespeare (1974), Dom Juan (1977), puis Tartuffe, de Molière (1981). Durant son mandat, il met en scène une pièce par saison, essentiellement du répertoire classique et joue une vingtaine de rôles dont Iago dans Othello de Shakespeare réalisé par →Catherine Eger (1976). Privilégiant les productions romandes, il rompt surtout avec les Galas Karsenty-Herbert, dont les spectacles de boulevard parisien occupaient les deux tiers de l’abonnement. En 1981, il fonde le →Théâtre poétique de l’Orangerie, qu’il dirige jusqu’en 1995. Il présente dans ce lieu estival des montages poétiques et interprète entre autres, dans les créations de →Philippe Lüscher, les rôles de Verlaine dans Rimbaud-Verlaine, drôle de ménage (20.8.1991) et de Pablo Neruda dans Je me souviens de cette nuit à Valparaiso (23.7.1998). Au NTP, il présente et joue Bérenger dans Rhinocéros de Ionesco (1983) et Cœuvre dans La Ville de Claudel (1984), puis pour →Philippe Morand, il crée le rôle d’Amiel dans Dames et demoiselles autour du professeur Amiel de →Michel Beretti (7.9.1999). En 1962, il est nommé professeur d’art dramatique au Conservatoire de Genève. Il participe à la fondation de l’→ÉSAD, d’abord en qualité de doyen (1971-74), puis de professeur d’interprétation et de dramaturgie jusqu’en 1999.

Bibliographie

  • "Un théâtre par décennie", propos recueillis par Joël Aguet, in Le Programme n° 7, Carouge, 2004.


Autrice: Nadia Ricou



Source:

Ricou, Nadia: Richard Vachoux, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 3, p. 1990–1991, voir figure p. 1991.