Robert Pinget

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*  19.7.1919 Genève, †  25.8.1997 Tours (F).

Dès le début de ses études de droit à l’Université de Genève (1938-41), P. entre à la société d’étudiants de Belles-Lettres, dont il devient secrétaire; il joue dans ce cadre le fils d’un financier dans Le Bal des voleurs d’Anouilh, mis en scène par Pierre Valde à la →Comédie de Genève (1939). Il exerce comme avocat pendant un an (1944-45). En 1946, il s’inscrit à l’École des Beaux-Arts de Paris, peint et expose. Il vit alors principalement à Paris, puis dès 1964, il se réfugie souvent à Luzillé, en Touraine. Dès 1950, il se consacre à l’écriture et son travail s’inscrit dans le courant du nouveau roman tout en développant une langue sonore plus que visuelle, la recherche d’un ton et un goût de la dérision proche de celui de son ami irlandais Samuel Beckett. De celui-ci, il traduit d’ailleurs en français All That Fall (1957), alors que de son côté Beckett traduit en anglais sa pièce La Manivelle (1960) et met en scène L’Hypothèse, au Musée d’art moderne de Paris (18.10.1965). Toujours sous-jacente, notamment grâce à des piécettes insérées dans le texte narratif et au mode récurrent de l’interrogatoire (Entre Fantoine et Agapa en 1951, L’Inquisitoire en 1962, L’Affaire Ducreux en 1995) ou de l’interview (Autour de Mortin en 1965, Un testament bizarre en 1986), la théâtralité de son écriture se déploie surtout à partir de 1959 avec Lettre morte, sa première pièce. Ses quelque vingt textes dramatiques – dont huit écrits pour la radio et quatre pour la télévision – mettent en scène des problématiques nouvelles au théâtre: répétition et polyphonie, disparition de l’auteur, primauté du narratif, selon une double inspiration métaphysique et bouffonne. Plusieurs de ses pièces sont créées à Paris: Jean Martin dirige Lettre morte au Théâtre Récamier, dans le cadre du Théâtre National Populaire (22.3.1960), et La Manivelle au Théâtre de Lutèce (25.1.1961), puis Georges Peyrou met en scène Architruc à la Comédie de Paris (5.8.1962). En Suisse, le →Schauspielhaus de Zurich crée Ici ou ailleurs, monté par →Gert Westphal (décembre 1963). Olivier Hussenot présente Abel et Bela au Théâtre de L’Absidiole (5.1.1971). À la Comédie-Française, Architruc est donné dans la grande salle Richelieu (1971) puis Identité (22.11.1972) et Paralchimie (4.1.1977) au Petit-Odéon, sous la direction d’Yves Gasc. Jacques Seiler adapte à la scène Autour de Mortin au Théâtre Essaïon (14.3.1979), Monsieur Songe au Théâtre de Poche-Montparnasse (mai 1989), ainsi que Théo ou le Temps neuf (1994) et Quelqu’un (1997). En 1987, l’œuvre de P. est mise à l’honneur lors du Festival d’Avignon à l’instigation de →Joël Jouanneau, qui dirige notamment David Warrilow dans L’Hypothèse, à la Chapelle des Pénitents blancs. Plus tard, Jouanneau met en scène une adaptation de L’Inquisitoire proposée par l’auteur, au →Théâtre Vidy-Lausanne (5.3.1992) et à Genève →Bernard Meister offre une réalisation remarquée d’Abel et Bela dans le cadre de →La Bâtie-Festival de Genève (1990). En 2001, Jean-Michel Meyer présente cette même pièce, suivie de Nuit à Vidy. Parmi les hommages anthologiques, on retient notamment ceux organisés par l’Ubu Repertory Theatre de New York (1988) et par le →Théâtre Saint-Gervais (2001). L’auteur est lauréat, en France, du grand prix national des lettres (1987) et, en Suisse, du prix de la Ville de Genève (1991). Dès 1956, ses œuvres sont publiées à Paris, chez Minuit.

Bibliographie

  • Arnaud Rykner, Théâtres du nouveau roman, Paris, 1988.
  • Éric Eigenmann, La Parole em­pruntée. Sarraute, Pinget, Vinaver, Paris, 1996.
  • Jean-Claude ­Liéber et Madeleine Renouard (dir.), Le Chantier R. P., Paris, 2000.


Auteur: Éric Eigenmann



Source:

Eigenmann, Éric: Robert Pinget, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p. 1411.

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