Roland Deville

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*  5.3.1936 Strasbourg (F).

Élève de l’École des arts décoratifs de Paris (1954-56), il fait son service en Algérie (1957-59), puis de retour en France, il est élève du décorateur Abdel Kader Farah, à l’École d’art dramatique du Centre dramatique de l’Est (CDE), à Strasbourg (1961-63). En 1962, il est lauréat de la Biennale de Paris. Il collabore comme assistant de Serge Creutz, puis comme professeur à l’école de décors du CDE (1963-72) et durant cette décennie dessine décors et costumes pour une centaine de spectacles dramatiques et lyriques, en France, Allemagne et Belgique. Il travaille surtout avec les diverses équipes de la décentralisation, dont le Centre dramatique du Nord dirigé par André Reybaz, le Centre dramatique de l’Ouest mené par Georges Goubert et Guy Parigot, le Théâtre de Bourgogne, le Théâtre de Champagne, la Compagnie →André Steiger puis le Théâtre de Lorraine que dirige Steiger. Il développe généralement un concept d’espace unique et synthétique, volontiers ouvert sur d’autres dimensions, ou sur le vide. Arrivé en Suisse en 1973, il continue sur le même rythme et s’occupe d’environ dix spectacles par an, notamment à la →Comédie de Genève, Genève GE, au →Théâtre de Carouge-Atelier de Genève, au →Nouveau Théâtre de Poche (NTP), au →Grand Théâtre de Genève, Genève GE et au →Théâtre de Vidy à Lausanne dès la saison 1975/76, où il retrouve d’abord Steiger dans le cadre du →T’Act, pour notamment L’Héritier de village et Les Acteurs de bonne foi de Marivaux (1976) et Pour un dollar d’opéra de →Bernard Bengloan. Il travaille aussi à Carouge, notamment sur Hamlet-machine de Heiner Müller monté par →Hervé Loichemol (1980), et collabore ensuite fréquemment avec lui. De même, il prépare le décor de La Profession de Mme Warren de G. B. Shaw que met en scène Martine Paschoud, pour laquelle il signe ensuite toutes les scénographies du NTP durant ses deux premières années de direction (1984-86). Il imagine le dispositif scénique pour Bent de Martin Sherman que présente à Vidy →Pierre Bauer (1982-83), autre amorce d’une longue collaboration. Il travaille avec →Michel Soutter en 1982, à la fois au Grand Théâtre de Genève pour Le Vin herbé de →Frank Martin que dirige →Jean-Marie Auberson, et à Vidy pour L’Échange de Claudel. Il signe décor et costumes d’environ quatre cent cinquante spectacles en quarante-cinq ans de métier, notamment pour →Jean-Louis Hourdin, →Philippe Mentha, →Michel Voïta, →Daniel Wolf. Pour le cinéma, il travaille entre autres comme chef décorateur avec José Giovanni, pour Mon ami le traître (1988) et Mon père, il m’a sauvé la vie (2000) ainsi qu’avec Brigitte Roüan pour Outremer (1989) et Post coïtum animal triste (1997).



Auteur: Joël Aguet



Source:

Aguet, Joël: Roland Deville, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 461–462.