Théâtrale de La Chaux-de-Fonds, La Chaux-de-Fonds NE

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Groupe théâtral d’amateurs

Dans le local du Cercle ouvrier de La Chaux-de-Fonds, fondé en 1894, la Société littéraire de ce cercle réalise divers spectacles dont une pièce à distribution entièrement féminine, La Meunière du Moulin-Joli d’Antony Mars (1896), et le drame La Lutte de Marcel Saulnier (1904). Outre la Société littéraire, appelée parfois La Récréation, d’autres groupes se produisent sur la scène du Cercle ouvrier, comme les dames philanthropes de L’Ouvrière et l’équipe théâtrale de la Jeunesse socialiste. Après la Première Guerre mondiale, une sous-section théâtrale spécifique, la Théâtrale du Cercle ouvrier (1919-26), rassemble ces énergies. Animée par Léon Sandoz, elle présente des pièces brèves à l’occasion de fêtes des sociétés ouvrières les plus en vue de la ville. On joue en alternance des comédies, comme La Main de ma fille (1919) ou Le Coup de foudre de Jules-Henri Blanc (1921), et des mélodrames aux titres évocateurs, comme Claude, l’ouvrier de Marius Verd, Pour la gosse de Jules Léwy (1920) et Le Droit à la vie d’Auguste Fougeray (1921). En 1926, la T. fait partie des sociétés fondatrices de la Fédération suisse romande des sociétés théâtrales d’amateurs (→FSSTA). La société prospère ensuite sous la direction d’Adamir Sandoz (1921-32) et présente notamment L’Ami Fritz d’Erckmann-Chatrian lors de l’inauguration de la Maison du Peuple de La Chaux-de-Fonds (10.2.1924). Depuis 1924, elle donne aussi chaque année une revue humoristique, un genre qu’elle affectionne encore aujourd’hui. À l’enseigne de la Théâtrale de la Maison du Peuple (1926-67), les membres de la société jouent jusqu’en 1939 quatre à cinq grandes pièces par saison, et tournent aussi dans les localités voisines, Saint-Imier, Cernier, Tavannes ou Le Locle. Le répertoire, essentiellement français, inclut des drames comme Les Deux Gosses d’Adrien Decourcelles (1924), Roger-la-Honte de Jules Mary (1925), Les Avariés de Brieux (1926) ou Le Maître de forges de Georges Ohnet (1927), et surtout des pièces divertissantes d’auteurs en vogue comme Le Contrôleur des wagons-lits (1927) et Les Surprises du divorce (1928) d’Alexandre Bisson, ou La Dette (1929) et Ma tante d’Honfleur (1933) de Paul Gavault. Liés pour la plupart au mouvement socialiste et syndical neuchâtelois, les membres de la T. participent notamment au film de propagande La Vie d’un ouvrier dans les Montagnes neuchâteloises d’Étienne Adler (1931) et donnent tout au long des années trente de nombreuses représentations au profit des chômeurs et des centres d’éducation ouvrière (CEO). Dirigée pendant la Mobilisation par Fernand Buri (1936-45), la société présente notamment, malgré les difficultés de l’époque, L’Hôtelière de Goldoni, sa première pièce classique (1942), et la comédie Deux douzaines de roses écarlates d’Aldo de Benedetti (1943/44). Elle participe aussi à l’allégorie sociale Le Pain du monde de Carlo Jeanrenaud et Georges Mayer créée par Georges Chédel pour le cinquantenaire du Cercle ouvrier (24.9.1944). Dès l’après-guerre, la T. subit plusieurs crises d’effectifs. Elle se relève grâce à l’énergie de directeurs artistiques comme Willy Marchand (1952-54), Henri Barbezat (1954-58) ou Charles Landry (1958-61), et présente des pièces à succès comme Via Mala de →John Knittel (1954), Mademoiselle de Jacques Deval (1958) et le vaudeville Oscar de Claude Magnier (1959). Perdant à nouveau la plupart de ses membres, la T. fusionne avec le jeune Groupe théâtral de Sonvilier et en une Théâtrale Sonvilier-La Chaux-de-Fonds (1967-90). La Foire aux sentiments de Roger Ferdinand mise en scène par Jean Huguenin est leur premier spectacle commun (1968). La nouvelle T. participe dès 1971 aux animations théâtrales proposées par le →Théâtre Populaire Romand (TPR), qui aboutissent à la parade des clowns pour Les Augustes de →Bernard Liègme créés par →Charles Joris à la Panespo de Neuchâtel (28.7.1972). Avec l’aide de comédiens du TPR, notamment Anne-Marie Jan, la T. présente ensuite des spectacles à forte théâtralité, comme Cinq farces du moyen âge (1972/73), La Savetière prodigieuse de García Lorca (1974), La Rouille de Carlos Semprún Maura (1974/75) et L’Autruche et la Salomé d’Anne Péry-Bouquet (1976), ou encore Mistero Buffo de Dario Fo (1978) et Le Malade imaginaire de Molière (1981) dirigés par →Guy Touraille. La société est alors présidée par Jean-François Robert (1976-89), qui monte notamment La Balade du grand macabre de Ghelderode (1982). En 1990, la société adopte son nom actuel et entame un nouveau cycle sous la direction d’Anne-Véronique Robert.



Auteur: Jorge Gajardo Muñoz



Source:

Muñoz, Jorge Gajardo: Théâtrale de La Chaux-de-Fonds, La Chaux-de-Fonds NE, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 3, p. 1898–1899.