Théâtre de l’Atelier, Genève GE

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Compagnie indépendante de théâtre (1965-72)

Sous le nom d’Atelier Don Sapristi (1963-65), un groupe actif constitue la section théâtrale de la Maison des jeunes de Saint-Gervais, plus tard Maison des jeunes et de la culture (MJC), puis →Théâtre Saint-Gervais. Il s’installe dans les murs du nouveau complexe en février 1963, à l’initiative de Jacques Rufer, son premier directeur. Autour de →François Rochaix et de →Marcel Robert, on remarque →Laurence Montandon, →Jane Friedrich, →Armen Godel, →Claude Para, →Marika Hodjis, →Nicole Rouan, →Dominique Catton tous élèves des cours de →François Simon et de →Philippe Mentha au →Théâtre de Carouge. Leurs premiers spectacles sont En attendant Godot de Beckett, dirigé par Rochaix et Les Cris du silence, mimodrame de Marcel Robert (1963). Dans la salle de trois cents places de Saint-Gervais qu’il anime jusqu’en 1972, le groupe dirigé par Rochaix se professionne dès 1965 et prend le nom de T. Depuis ses débuts, il organise des cours de théâtre où parmi les premiers élèves, on compte Bernard Heyman, futur fondateur des →Tréteaux libres et →François Germond, entre autres. La démarche du T. vise à produire un théâtre actif et critique, pour représenter l’état social et politique du monde tout en suscitant une réflexion favorable à son évolution. En février 1964, leur Festival →Bertolt Brecht parvient à obtenir le concours du Berliner Ensemble, avec notamment Manfred Karge; Rochaix présente à cette occasion Grand’ Peur et misère du IIIe Reich. Il mène ensuite la plupart des spectacles du T., dont Le Chant du fantoche lusitanien comédie musicale et politique de Peter Weiss créé là en français (26.4.1968), l’un des spectacles les plus aboutis du théâtre engagé des années soixante. Le T. invite aussi Jorge Lavelli pour réaliser de même Il est arrivé de Miodrag Bulatovic (19.10.1966) et le metteur en scène tchécoslovaque Vaclav Hudecek, qui conduit aussi pour la première fois en français Garden Party de Vaclav Havel (3.5.1967). En 1967, le T. collabore avec le Théâtre de Carouge, la →Comédie de Genève et le →Nouveau Théâtre de Poche qui forment à eux quatre le Cartel des théâtres dramatiques de Genève pour produire en réunissant leurs moyens quelques grandes réalisations. Le T. continue néanmoins à lutter en permanence pour obtenir des subventions. En 1969, Rufer quitte la MJC et le T. perd ainsi son principal soutien. En 1972, le T. et le Théâtre de Carouge s’associent sur le plan administratif et technique sous le nom de Théâtre de Carouge-Atelier de Genève, en additionnant leurs subventions et en s’installant dans la nouvelle salle construite à Carouge.

Bibliographie

  • Maryvonne Stepczynski-Maitre, Saint-Gervais Genève, 30 ans de culture à Genève, Genève, 1993.
  • François Rochaix, Dans le théâtre du monde, entretiens avec René Zahnd, Lausanne, Paris, 1998.


Autrice: Mathilde Vischer



Source:

Vischer, Mathilde: Théâtre de l’Atelier, Genève GE, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 3, p. 1908.