William Thomi

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*  2.6.1898 Chevroux VD, †  4.3.1950 Tavel-sur-Clarens VD.

Ayant obtenu son brevet d’instituteur en 1918, T. enseigne d’abord à Panex-sur-Ollon (1920-24), puis à Clarens (1924-50). Il écrit des chroniques et des nouvelles dans plusieurs périodiques culturels romands dont la Gazette de Lausanne et Le Curieux et publie son premier roman, La Petite Pension de la montagne dans La Patrie suisse (1933-34). En 1935, il remporte le prix du roman-feuilleton pour La Chaloupe dorée (1938). Parallèlement à l’enseignement, il mène une activité théâtrale à Montreux et participe à la reprise d’œuvres d’inspiration nationale et régionale, notamment La gloire qui chante de Gonzague de Reynold (1932), puis La Dîme de →René Morax (1933), dans laquelle il joue le rôle principal. Il écrit lui-même une demi-douzaine de grands drames populaires et historiques. En 1937, pour les vingt ans de la société féminine La Montreusienne, il fait jouer Le Raisin mûr, drame paysan en trois actes, que met en scène →Jacques Béranger au Pavillon des sports de Montreux (18.12.1937): à l’issue de la Première Guerre mondiale, un vigneron démobilisé paresse alors que sa femme, qui a dirigé la maison en son absence, a pris l’habitude de l’autorité, puis la crise se dénoue et l’ordre des rôles sociaux se rétablit. En 1941, il écrit pour →Jean Bard, dans le cadre du 650e anniversaire de la Confédération, Flammes, ou aux temps du Grütli, drame historique en trois actes d’une famille uranaise divisée par les opinions du fils qui prend parti pour l’expansion habsbourgeoise et est prêt de trahir la prochaine révolte des Confédérés, mais ses parents l’empêchent définitivement de nuire. Joie des femmes, où le désir d’enfants paraît comme une fièvre, est créée par le Théâtre Jean Bard, avec →Greta Prozor à Genève (20.3.1941) et en tournée. À son tour, le →Théâtre Municipal de Lausanne (TML) crée Combats, trois actes mis en scène par →Jean Mauclair (14.10.1941): au XVIIe siècle, dans les Préalpes vaudoises, un berger étranger plaît à la fille de son maître. Il prouve sa valeur en menant la bataille contre les pillards d’une autre vallée, mais le père s’oppose à ce mariage, puis finit par céder aux arguments de sa femme et à l’opiniâtreté de sa fille. Lauréat du premier prix de Suisse romande 1941, ce texte a du souffle et brode avec bonheur sur le thème du métissage intercommunautaire. Drame historique en quatre actes, sur une musique de →Carlo Hemmerling, La Voile de feu est créée à Chevroux, au bord du lac de Neuchâtel avec le concours de groupes choraux et théâtraux de Payerne et de Neuchâtel (24.5.1947). La pièce, qui a été traduite en allemand (Feuer auf den Bergen) par →Werner Johannes Guggenheim, se déroule à la fin du XVIIIe siècle au bord du lac de Neuchâtel. Un pêcheur oublie son engagement révolutionnaire pour l’amour d’une femme et s’enfuit sur le lac en furie avec sa belle, qui a mis le feu à ses filets et à sa maison; il sombre avec elle dans la tempête, laissant sa famille sans toit ni ressources. Par la noirceur du trait, l’ouvrage est proche d’Henriette ou de La Terre et l’Eau de Morax. Sept des pièces de T. sont éditées dans Le Mois théâtral: de bonnes factures, aux thématiques élégamment conservatrices, elles avaient fait pressentir leur auteur comme un successeur naturel de René Morax au →Théâtre du Jorat.



Auteur: Joël Aguet



Source:

Aguet, Joël: William Thomi, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 3, p. 1943–1944.