Yves Laplace

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* 23.5.1958 Genève.

D’abord critique de théâtre pour La Voix ouvrière et Construire (1977-84), L. publie une nouvelle, Passage du nombre (1982), qui entremêle remémoration, plaidoirie et invective d’un veilleur violeur et assassin. Sur ce même matériel, à la force d’évocation et au rythme pro­vocants, il écrit simultanément son troisième roman, Un homme exemplaire (1984) et une première pièce, Sarcasme, créée au Petit Odéon par la Co­médie-Française dans une mise en scène d’→Hervé Loichemol (13.3.1984), qui la reprend en 1986 au →Nouveau Théâtre de Poche de Genève (NTP). Dès lors en grande partie réalisé par Loichemol, son théâtre pose un regard politique sur des réalités historiques. Il évoque ainsi la guerre d’Algérie dans Nationalité française, créée à la →Salle Patiño à Genève (19.1.1989) et présentée au Théâtre national de la Colline à Paris, ou le Liban dans Kennel Club, créé par les élèves de la →SPAD au →Théâtre Vidy-Lausanne (19.6.2001), puis donné à Ferney-Voltaire. Il convoque aussi deux grandes figures des Lumières: Mme de Staël et Voltaire. Son texte Staël communauté européenne est créé au NTP (16.5.1989), et repris dans une seconde version, Staël ou la Communauté des esprits, au Théâtre Artistic Athévains (4.5.1992). Il écrit un diptyque, Feu Voltaire, dont la première partie, Monsieur le multiforme, est créée au NTP (11.5.1993) et la seconde, Le Seigneur des lieux, au Théâtre du Châtelard de Ferney-Voltaire (24.8.1993); il rappelle une censure de cet auteur contemporaine avec Nos Fantômes, l’affaire Mahomet, mascarade créée au Châtelard (27.9.1994), trois spectacles réalisés par Loichemol. Par ailleurs Le Visage de Karen, adapté de son roman Mes chers enfants paru au Seuil (1985), fait l’objet d’une chorégraphie de →Myriam Naisy en 1987 à l’→Octogone de Pully et au Café de la Danse de Paris. →François Rochaix met en scène Trois soldats, simple pochade, en deuxième partie de l’→Histoire du Soldat de →Charles Ferdinand Ramuz et Strawinsky, à la Salle Patiño (5.4.1989). Dans le cadre de l’opération Théâtre européen aujourd’hui, sa Maison commune connaît cinq mises en espace différentes: au Petit Odéon, au Palazzo Labia de Venise, à la →Comédie de Genève, au Théâtre du Résidence Palace de Bruxelles et à l’Institut franco-portugais de Lisbonne. Son théâtre est publié à Paris chez Edilig-Théâtrales et au Seuil, sauf Kennel Club édité par Lansman dans le tome 1 du recueil Liban, écrits nomades (2001) et Nos fantômes suivis de L’Affaire Mahomet (1994) ouvrage paru chez Zoé, à Carouge, qui imprime aussi en petit format L’Usage du football (1999), sujet que l’auteur maîtrise pour exercer comme arbitre dans le championnat suisse. Ses deux premiers romans, Le Garrot (1977) et Lahore (1978), paraissent à Paris, chez Lattès, puis il publie les suivants et des récits au Seuil (1984-98) dont Fils de perdition (1989), La Réfutation (1996) et l’essai Considérations salutaires sur le désastre de Srebrenica (1998). Chez Stock ensuite, il donne Les Hautes Œuvres et L’Inséminateur (2001), Un mur cache la guerre (2003), L’Original (2004). Métropolis à Genève édite Outrages (2005) qui donne lieu à un court spectacle joué au Théâtre de Carouge par →Ahmed Belbachir sous la direction de Loichemol (28.4.2005). Il collabore à diverses revues littéraires ainsi qu’à des magazines suisses et français notamment Furor, Les Temps modernes, Les Cahiers du cinéma, Le Magazine littéraire. Il obtient le prix Michel Dentan en 1993 pour son roman On (1992).



Auteur: Éric Eigenmann



Source:

Eigenmann, Éric: Yves Laplace, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p. 1079–1080.