Aufresne

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* 17.2.1728 Genève, † 4.7.1804 Saint-Pétersbourg (RU). De son vrai nom Jean Rival. Fils de Daniel Rival, horloger et versificateur loué par Voltaire, et ami de Rousseau.

Selon sa légende personnelle, A. se serait rendu en 1757 à la Foire de Guibray en Normandie pour vendre de l’horlogerie familiale, et aurait débuté là sur les planches en remplaçant au pied levé un acteur malade. Engagé dans la troupe de Belmont à Bordeaux pour la saison 1762/63, puis sur la scène de l’Overtoomsche Weg hollandais en 1763, il tient les rôles de rois et de pères nobles. L’originalité de sa diction simple et naturelle dans la tragédie lui attire les louanges du public comme des critiques, et des ennemis auprès de tous ceux qui suivent la mode déclamatoire alors en usage. Appelé à Paris au Théâtre-Français, il y débute dans Cinna de Corneille, tenant le rôle d’Auguste (30.5.1765), et il est reçu aux appointements moins d’un mois plus tard (29.6.1765), mais il n’est pas nommé sociétaire. Il sort de la troupe des Comédiens-Français (23.11.1765), part pour Lyon et Rouen (1766), Vienne en Autriche (1768), la Hollande en 1769 et Strasbourg en 1770. Le prince Kaunitz l’engage ensuite dans la troupe impériale viennoise où il devient l’acteur le mieux payé (1771-72). En 1773, il joue au Théâtre Fiorentini de Naples, associé à la troupe française de Charles Bernardy, et donne notamment les principaux rôles classiques de sa carrière, les protagonistes dans Le Bourru bienfaisant de Goldoni et Le Père de famille de Diderot, le Sire de Coucy dans Adélaïde du Guesclin et Orosmane dans Zaïre de Voltaire. À Bordeaux, il donne ensuite sept pièces en neuf jours, et à Bruxelles tient seize rôles en huit représentations. Il passe à Besançon et se rend à Berlin, en 1774, où il joue de façon mémorable devant Frédéric II, qui fait l’éloge de son style noble, simple et vrai. Après un court passage par Metz, Namur, Tours et Strasbourg, il vient à Châtelaine près de Genève et de Ferney, en 1776, interpréter une tragédie de et devant Voltaire. Ce dernier appuie plus tard son entrée dans la troupe impériale de Russie en 1785 où A. reste régisseur du Théâtre de l’Ermitage et professeur de déclamation et de littérature française jusqu’à sa mort.

Bibliographie

  • Ulysse Kunz-Aubert, Le Comédien A., 1728-1804, Genève, 1938.


Auteur: Joël Aguet



Source:

Aguet, Joël: Aufresne, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 93–94.

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