Georges Wod

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* 29.5.1936 Varsovie (PL). ∞ Monique Lachère, auteur. De son vrai nom Georges Wodzicki.

Vivant à Toulouse depuis 1940, W. y commence des études, fréquente le →Conservatoire pendant deux ans et joue au Grenier de Toulouse durant six saisons (1955-60); il y tient plus de vingt rôles et notamment, sous la direction de Maurice Sarrazin, ceux de Jérôme dans Le Dindon de Feydeau (1956) et d’Oronte dans L’École des femmes de Molière (1959). En 1957, il y rencontre →Philippe Mentha qu’il rejoint dès 1960 au →Théâtre de Carouge. Il en devient peu après membre du comité de direction (1962-66), et y débute avec le rôle de Kostas, le jeune et robuste déserteur dans Capitaine Karagheuz de →Louis Gaulis, créé par →François Simon (12.10.1960), au côté duquel il interprète entre autres le rude ordonnance Rufio dans César et Cléopâtre de G. B. Shaw dirigé par →Philippe Mentha (1961). Sa voix grave, forte, et sa grande carrure servent par la suite de nombreux personnages affirmés et autoritaires, dont le riche marchand Kouroslepov dans Cœur ardent d’Ostrovski, sous la conduite de Mentha (1967), le régisseur des rêves, Buzz Harrier dans Les Charognards de Robert Weingarten, créé pour le Carouge par Roger Blin, au →Théâtre Municipal de Lausanne (14.3.1968). Parmi ses principaux rôles, on relève le Prince-électeur dans Les Anabaptistes de →Friedrich Dürrenmatt créés en français au →Grand Théâtre de Genève par Jorge Lavelli (31.3.1969), ou encore le vieillissant et intraitable John-Emery Rockefeller dans Du vent dans les branches de sassafras d’Obaldia monté par →André Steiger à la →Comédie de Genève (1977). Pour sa première mise en scène à Carouge, il crée en français Le Prix America de Dino Buzzati dans une adaptation de Monique Lachère (30.1.1973). Il vit ensuite à Paris, où il joue dans des productions du Théâtre de la Ville et des réalisations présentées au Carré Silvia Montfort (1978-81). Il reprend ensuite la direction du Théâtre de Carouge-Atelier de Genève (1981-2002), où une succession de classiques et de grands accueils internationaux, ainsi qu’un patient travail de proximité, lui permettent de compter vers 1990 sur un public de plus de dix mille abonnés. Il crée là aussi plus d’une trentaine de pièces écrites ou adaptées par sa femme et en donne à l’étranger une centaine de représentations, en réalisant des échanges avec La Criée de Marseille, la Comédie de Saint-Etienne, avec le Palais culturel de Hanoï au Vietnam et deux théâtres russes, le Théâtre Stanislawski de Moscou puis le Bolchoï dramatique de Léningrad. Sous sa direction, des metteurs en scène français renommés comme Marcel Bluwal ou Georges Wilson sont invités à monter des œuvres du répertoire. Il ouvre aussi une salle destinée au répertoire contemporain, la Salle Mangola (1983-85), puis la Salle Gérard-Carrat (dès 1986), dans laquelle il crée en français Le Contrat de Slawomir Mrożek (18.10.1988). Pour la télévision et le cinéma, il est notamment Auguste dans L’Escapade de →Michel Soutter (1974), l’avocat dans Le Gitan de José Giovanni (1975), Liansko dans Lumière de Jeanne Moreau (1975), Lenormand dans Le Shérif d’Yves Boisset (1977), Bohr dans Litan de Jean-Pierre Mocky (1981) et Camellieri dans Milan noir de Ronald Chammah (1987). De 1984 à 1992, il préside l’Union des théâtres romands.



Autrice: Christine Klaus



Source:

Klaus, Christine: Georges Wod, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 3, p. 2115–2116, voir figure p. 2116.

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